« D’après une histoire vraie » de Delphine de Vigan

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Mon avis : ♥♥♥♥♥

Comme vous le voyez je ne commence pas cette chronique de manière habituelle… Et pour cause : ce roman doit être lu à l’aveugle pour être apprécié ! Comme nous le montre la quatrième de couverture qui reste bien mystérieuse, je vais m’aventurer ici dans un article qui le sera tout autant. J’ai donc zappé le résumé ainsi que l’extrait et je poursuis en vous disant que ce livre a été un vrai coup de cœur mais que je ne vous dévoilerai rien de son histoire à proprement parlé !
Un chose est sûre, une tension étrange nous prend à chaque chapitre qui comme une araignée tisse sa toile nous envahit phrases après phrases et nous donne envie de ne plus arrêter de lire. Je dis étrange car cela ne relève pas vraiment d’une intrigue – et en même temps si, un peu – mais d’une intimité créée par l’auteure, une proximité, une mise à nue, un don de soi, une relation étroite qu’elle installe avec nous, lecteur. Puis s’ensuit un flou entre réalité et fiction, comme un arrière goût de « Shutter Island », qui nous laisse sur un « comprenez ce que voulez » brillamment amené.
J’ai rencontré une auteure pour laquelle j’ai eu un vrai coup de cœur dont la plume fluide et unique m’a bouleversé par sa sincérité. Par plusieurs fois, elle m’a pris à la gorge et au contraire de ce que dit Basil – notre célèbre peintre du Portrait de Dorian Gray – à propos de son œuvre [chap.1/p.65-66] : « je refuse de mettre mon âme à nu devant ces yeux indiscrets et superficiels. Jamais je ne placerai mon cœur sous leur microscope. Il y a bien trop de moi même dans ce tableau, Harry, infiniment trop ! », Delphine, elle, le fait et magnifiquement bien de surcroît…

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« Outlander : Le chardon et le tartan » de Diana Gabaldon

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Résumé :

1945. Claire passe ses vacances en Écosse,où elle s’efforce d’oublier la Seconde Guerre mondiale auprès de son mari, tout juste rentré du front. Au cours d’une ballade, la jeune femme est attirée par un mégalithe, auquel la population locale voue un culte étrange. Claire aura tôt fait d’en découvrir la raison : en s’approchant de la pierre, elle se volatilise pour atterrir au beau milieu d’un champs de bataille. Le menhir l’a menée tout droit en l’an de grâce 1743, au cœur de la lutte opposant Highlanders et Anglais. Happée par ce monde inconnu et une nouvelle vie palpitante, saura-t-elle revenir à son existence d’autrefois ?
852 pages

Extrait :

– Franck ! hurlai-je. A quoi tu joues ?
J’étais à la fois soulagée de le trouver ici et furieuse de ce petit jeu idiot. Déjà passablement ébranlé par ma mésaventure dans le cromlech, je n’étais pas d’humeur pour une partie de cache-cache dans les bois.
Les mains libérèrent leur étreinte, mais, avant même de me retourner, je sentis qu’un détail clochait. Ce n’était pas seulement l’eau de Cologne que je ne reconnaissais pas, mais une sensation plus subtile. Je fis volte-face et restai clouée sur place.
– Vous…vous n’êtes pas Franck, balbutiai-je.
Il m’étudia avec un intérêt non dissimulé avant de répondre d’un air amusé :
– C’est un fait. Quoique j’aie un cousin répondant à ce nom. Mais je doute que vous m’ayez confondu avec lui, madame, car nous n’avons pas grand-chose en commun.

Mon avis : ♥♥♥♥♥

J’ai commencé cette lecture en toute hâte depuis le temps que j’en entendais parler et d’autant plus contente que ce livre faisait l’objet d’une lecture commune avec Charlitdeslivres – dont voici la chronique !
Pour faire un court résumé – sachant que pour la plupart soit vous l’avez déjà lu soit vous en connaissez l’histoire – on suit Claire Beauchamps, infirmière pendant la Seconde guerre Mondial, qui retrouve enfin son mari après 7 ans de séparation. Lui, historien et généalogiste passionné, part en quête de ses ancêtres et va l’entraîner un soir près d’un cercle de pierres pour regarder en cachette des « sorcières » y faire une danse. Suite à cela, ils rentrent tranquillement chez eux, mais le lendemain Claire attirée par une plante qu’elle a remarqué là-bas décide d’y retourner. Une fois sur place, l’une des pierres va émettre un bruit et Claire intriguée va s’en approcher, puis la toucher. Là, un bruit sifflant se déclenche et elle se sent sombrer… Quant elle rouvre les yeux, elle se retrouve plongée 200 ans plus tôt en plein cœur d’une guerre opposant les Highlanders et les Anglais.
Cette histoire me donnait tellement envie et évidemment les excellentes critiques aussi, malheureusement j’ai été un peu déçu par cet « opus »… peut-être que j’en attendais trop ou peut-être que je m’étais fait une fausse idée mais je pensais trouver un roman historique dans ces pages, et j’ai plutôt rencontré une romance bien trop présente pour moi. Je me retrouve donc mi-figue mi-raisin à la sortie de cette lecture car malgré cela, j’ai trouvé l’univers génial, les personnages aussi – même si certains me plaisent bien moins que d’autres – et l’écriture limpide de l’auteure invite à ne pas vouloir lâcher son roman.
Mais pour être plus explicite, j’ai eu l’impression d’être plongé dans « Les feux de l’amour » avec cette romance un peu cucu la praline – qui m’a fait levé les yeux au ciel plus d’une fois – mixé à « 50 nuances de Grey » dans un décor trivial et royal des « Tudors ». Après il n’en reste pas moins que j’ai passé un très bon moment avec ce livre mais une chose est sûre j’aurais aimé que l’auteure s’appuie beaucoup, beaucoup plus sur l’aspect historique de cette guerre et de son contexte plutôt que sur la romance des personnages. Surtout que certains raccourcis sont assez douteux comme par exemple : une Claire très sereine de se retrouver en 1743 qui ne fait absolument pas tâche dans le décor. Soyons clair – sans jeux de mots 🙂 – demain je touche une pierre et je me réveille en 1800 je pète un plomb et m’interroge sérieusement sur ma santé mentale ! De surcroît – comme on le disait avec Charlotte – je pense que je ne fais pas long feu avant d’être brûlée vive…! Alors, oui je sais, c’est un roman m’enfin il n’empêche que cet aspect aurait dû être traité plus profondément selon moi !
Pour conclure, suite à ce premier tome qui me laisse encore dans le flou, je vais tout de même m’accrocher au bon côté – à savoir : l’univers et les personnages auxquels je me suis attachée ainsi qu’à l’écriture entraînante et aux aventures rocambolesques – pour voir où nous entraîne le deuxième tome qui d’ailleurs est prévue en continuité de lecture commune avec Charlitdeslivres pour le mois juillet.
Les + : une écriture agréable et une histoire qui se laisse lire toute seule.
Les – : une romance trop présente qui est même le pilier de l’histoire et des aspects de l’intrigue trop peu approfondis.

Lecture entrant dans le Challenge 1 pavé par mois organisé par « Des livres, des livres »

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Merci à Bianca pour ce challenge !

 

« Le jour où j’ai appris à vivre » de Laurent Gounelle

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Résumé :

Imaginez : vous vous baladez sur les quais de San Francisco un dimanche, quand soudain une bohémienne vous saisit la main pour y lire votre avenir. Amusé, vous vous laissez faire, mais son regard se fige, elle devient livide. Ce qu’elle va finalement vous dire, vous auriez préféré ne pas l’entendre. A partir de là, rien ne sera plus comme avant, et il vous sera impossible de rester sur les rails de la routine habituelle. C’est ce qui va arriver à Jonathan. A la suite de cette rencontre troublante, il va se retrouver embarqué dans une aventure de découverte de soi ponctuée d’expériences qui vont changer radicalement sa vision de sa vie, de la vie…

Extrait :

– Tu sais, dit Michael, j’ai beaucoup réfléchi à ta situation, ces derniers temps.
– Ma situation ?
Michael acquiesça gentiment. Son regard était plein d’empathie.
– Plus je vous observe, plus je me dis que c’est l’enfer pour toi de travailler avec ton ex au quotidien. Pris un peu au dépourvu, Jonathan regarda son associé sans répondre.
– Vous vous faites du mal mutuellement. C’est peu raisonnable.
Jonathan restait interdit.
– Et ça ne pourra pas durer.
Jonathan baissa les yeux. Michael le regarda presque avec tendresse.
– Alors mieux vaut anticiper…
Il prit une bouchée de carrot cake.
– J’ai beaucoup cogité, tourné le problème dans tous les sens, et finalement, j’ai une proposition à te faire.
– Une proposition ?
– Oui.
Jonathan resta silencieux.
– Voilà : ne me donne pas ta réponse tout de suite, prends ton temps pour réfléchir.
Jonathan le regarda attentivement.
– Je suis prêt, dit Michael, à faire l’effort de racheter tes parts si tu veux te retirer.
– Mes parts… du cabinet ?
– Oui, pas tes parts de gâteau.

Mon avis : ♥♥♥♥♥

Je suis une grande fan de la positive attitude des romans de Gounelle ainsi que de sa plume, c’est donc tout naturellement que j’ai commencé ce livre. Et là, le couperet tombe : j’ai été plutôt déçu de cette lecture par rapport aux autres.
J’ai, en effet, bien retrouvé la good vibe habituelle et la morale bien-être qui découle de cette histoire… En revanche, j’ai trouvé le livre plat, les personnages à peine travaillé et le tout relativement bâclé. Devant le peu d’action je me disais : « Quand est-ce que l’histoire va enfin démarrer ? », vous savez cet élément déclencheur qui fait tout basculer et où on se rend compte que le personnage principal bouleverse sa vie, la remanie, la redécouvre, la transforme. Bah en faite, à un moment, j’ai enfin compris que cet élément et cette transformation était ce que j’avais déjà lu… Et là, quel triste constat ! L’histoire est donc très simpliste et manque cruellement de beaucoup de choses pour la faire vivre, ce qui la fait tomber dans le cliché total avec des « clés bonheur » qui tombe les unes après les autres comme un cheveux sur la soupe.
Mais au final, comme vous pouvez le voir je n’ai pas été trop dur dans ma note car malgré ces gros couak, c’est un roman qui se lit bien et qui est très agréable à lire. La plume fluide de Gounelle laisse une trace positive en nous et égaye notre journée avec cette idéologie de vie menant au bien-être. J’ai donc passé un bon moment tout de même bien que je n’étais pas habituée à si peu de profondeur dans les autres histoires de l’auteur – d’où ma déception.
Les + : une lecture qui fait du bien, qui fait réfléchir à notre vision de la vie et comment l’égayer dans ce monde brute 🙂
Les – : une histoire trop peu approfondie et des personnage survolés qui tombent parfois dans le cliché

 

« Carrie » de Stephen King

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Résumé :

Carrie White, dix-sept ans, solitaire, timide et pas vraiment jolie, vit un calvaire : elle est victime du fanatisme religieux de sa mère et des moqueries incessantes de ses camarades de classe. Sans compter ce don, cet étrange pouvoir de déplacer les objets à distance, bien qu’elle le maîtrise encore avec difficulté… Un jour, cependant, la chance paraît lui sourire. Tommy Ross, le seul garçon qui semble la comprendre et l’aimer, l’invite au bal de printemps de l’école. Une marque d’attention qu’elle n’aurait jamais espérée, et peut-être même le signe d’un renouveau…

Extrait :

– Elle-a-ses-ours !
Chris Hargensen la première lança la formule en scandant les syllabes. Les mots ricochèrent contre les murs carrelés, et se répercutèrent dans la longue pièce sonore. Sue Snell émit une sorte de ricanement nasal et ressentit un mélange de haine, de répulsion, d’exaspération et de pitié. Elle avait l’air tellement cloche, cette folle plantée là sans rien comprendre à ce qui se passait. Bon Dieu, c’était à croire que jamais…
– Elle-a-ses-ours !
Cela devenait une rengaine, une incantation. Une des filles, dans le fond de la salle (peut-être était-ce encore Hargensen, Sue n’aurait pu l’assurer dans ce tintamarre d’échos), hurlait « Mets-y un bouchon ! » avec une vulgarité agressive, sans retenue.
– Elle-a-ses-ours… ses ours… ses ours !
Carrie se tenait immobile, stupide au centre du cercle qui se formait autour d’elle, la peau ruisselante de perles d’eau. Elle restait là, sans réaction, comme un bœuf, se sachant l’objet de la risée générale (comme toujours), décontenancée mais sans surprise.

Mon avis : ♥♥♥♥

J’ai lu ce livre dans le cadre de la lecture choisi au Club de lecture Stephen King auquel je suis inscrite – si cela vous intéresse, direction Facebook vous le trouverez sous cette appellation ci-dessus 😉 Bien que ce livre ne soit pas mon préféré de l’auteur, j’ai été contente de découvrir par écrit cette histoire que j’adore à l’écran (et plus particulièrement l’ancienne version, à savoir celle de Brian De Palma en 1976), en revanche, j’ai eu du mal à détacher mon esprit du film… Qui du coup – maintenant je le sais – est très proche de l’œuvre, à l’exception de la fin que j’ai d’ailleurs préféré dans le livre. Je dois donc avouer que le film à un peu parasité mon imagination tout au long de ma lecture. M’enfin ceci n’étant pas très grave et somme toute assez logique passons maintenant au récit…
De prime abord, j’ai été un peu rebuté par l’absence de chapitre (oui, j’ai du mal avec ça car ils marquent des temps dans la lecture et je trouve cela très agréable) puis au final, je me suis aperçue que le texte est tout de même découpé grâce à des articles divers sur l’incident, sur la télékinésie etc… Mais n’en dévoilons pas trop ! Ils donnent du coup un rythme  assez intéressant au livre, il n’empêche que mon avis reste mitigé sur eux. Car même s’ils apportent du dynamisme ainsi qu’un certain réalisme au tout, ils n’en reste pas moins qu’ils m’ont plus d’une fois déstabilisé dans ma lecture. Je trouve qu’il rende le récit un peu fouillis comme un patchwork et on sent les différents styles de l’auteur qui se chevauchent dedans.
Excepté cela, j’ai passé un bon moment de lecture avec ce livre qui n’a pas pris une ride et qui décrit avec brio les difficultés de l’adolescence. Stephen King nous offre également ici une critique de la société américaine puritaine ainsi que l’exposé des ravages causés par la religion fanatique. Carrie nous laisse un sentiment de tristesse à travers sa tragédie et nous invite à l’empathie.
Les + : une histoire qui résume bien les horreurs que les adolescents sont capables de se faire et les différents points de vue des personnages qui donnent du relief au récit.
Les – : une construction de texte particulière entrecoupé d’articles, de compte-rendu etc qui donne un aspect pêle-mêle parfois dérangeant à la lecture.

« Les chaussures italiennes » de Henning Mankell

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Résumé :

A soixante-six ans, Fredrik Welin vit reclus depuis une décennie sur une île de la Baltique avec pour seule compagnie un chat et un chien et pour seules visites celles du facteur de l’archipel. Depuis qu’une tragique erreur a brisé sa carrière de chirurgien, il s’est isolé des hommes. Pour se prouver qu’il encore en vie, il creuse un trou dans la glace et s’y immerge chaque matin. Au solstice d’hiver, cette routine est interrompue par l’intrusion d’Harriet, la femme qu’il a aimée et abandonnée quarante ans plus tôt. Fredrik ne le sait pas encore, mais sa vie vient juste de recommencer. Le temps de deux solstices d’hiver et d’un superbe solstice d’été, dans un espace compris entre une maison, une île, une forêt, une caravane, Mankell nous révèle une facette peu connue de son talent avec ce récit sobre, intime, vibrant, sur les hommes et les femmes, la solitude et la peur, l’amour et la rédemption.

Extrait :

Des promesses, a-t-elle dit, on en reçoit tant. On s’en fait à soi-même. Les autres nous en font. On a les politiciens qui nous parlent d’une vie meilleure pour les vieux, d’un hôpital où personne n’aura plus d’escarres ; on a les banquiers qui nous promettent des intérêts plus élevés, les produits qui nous promettent qu’on va perdre du poids, les crèmes qui nous promettent une vieillesse avec moins de rides. Vivre, au fait, ce n’est jamais qu’avancer dans son petit bateau au milieu d’un flot de promesses variées à l’infini. Quelles sont celles dont on se souvient ? On oublie celles qu’on voudrait se rappeler et on se souvient de celles qu’on préférerait oublier pour toujours. Les promesses trahies sont comme des ombres qui dansent autour de toi au crépuscule. Plus je vieillis, mieux je les vois. La plus belle promesse de ma vie, c’est celle que tu m’as faite quand tu m’as dit que tu m’emmènerais jusqu’à ce lac dans la forêt. Alors je veux le voir de mes yeux et rêver que je m’y baigne avant qu’il ne soit trop tard.

Mon avis : ♥♥♥♥

Quel beau voyage nous faisons aux côtés de Fredrik dans ce roman. On s’imprègne de la profonde solitude dans laquelle s’est mis cet homme dès les premiers chapitres, de son besoin de se créer des habitudes pour régler sa vie ainsi que de se sentir vivant en s’immergeant dans l’eau glaciale. Le décor de glace est superbe et les pages se tournent toutes seules. Je l’ai littéralement dévoré.
On suit donc la vie de reclus que s’est crée Fredrik, jusqu’à l’apparition d’Harriet sur l’île avec son déambulateur. Celle-ci vient avec une promesse que Fredrick lui à fait près de 40 ans plus tôt et qu’elle n’a jamais oublier. Il lui avait promis de l’emmener sur un lac qui à marqué sa jeunesse. De là part le voyage. Un voyage sur un lac mais aussi un voyage à l’intérieur de soi. Un voyage sur la vie menée. Sur un passé presque oublié et pourtant douloureux. Un voyage qui lie la vie mais aussi la mort. Un voyage pleins de regrets, de remords mais aussi de joies et de promesses. Un voyage qui sonne comme une rédemption.
Je me suis attaché au personnage de Frédrik pourtant imparfait et lâche qui à plus d’une trahison à son actif, et pourtant si humain avec ses faiblesses et ses regrets. Ce livre parle de la vie, on y voit des contradictions dans les sentiments et les actions des personnages qui résonne comme la vie qui n’est jamais toute blanche ou toute noire. Je n’irais pas plus loin dans la description de peur de vous spoiler et de laisser filer par la même occasion l’essence du livre.
Ce livre vous prendra à la gorge, même si je revendique le fait qu’un approfondissement aurait pu être agréable dans certaines actions pour le rendre plus poignant encore. C’est une histoire sublime ainsi que triste et parfois sombre.
Les + : une histoire qui donne à réfléchir sur la vie et qui nous marque par sa beauté dans l’accompagnement qui peut être offert à une personne par une autre.
Les – : des traits de personnalité des personnages et des passages qui aurait mérité d’être creusés pour nous en faire comprendre toute la teneur.

 

« Les gens heureux lisent et boivent du café » de Agnès Martin-Lugand

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Résumé :

« Ils étaient partis en chahutant. J’avais appris qu’ils faisaient encore les pitres dans la voiture. Je m’étais dit qu’ils étaient morts en riant. Je m’étais dit que j’aurais voulu être avec eux. » Diane a brusquement perdu son mari et sa fille dans un accident de voiture. Dès lors, tout se fige en elle, à l’exception de son cœur, qui continue de battre. Obstinément. Douloureusement. Inutilement. Égarée dans les limbes du souvenir, elle ne retrouve plus le chemin de l’existence. Afin d’échapper à son entourage, elle décide de s’exiler en Irlande, seule. Mais, à fuir avec acharnement la vie, elle finit par vous rattraper…

Extrait :

C’était le moment, je devais annoncer à Félix que je partais vivre en Irlande. Trois jours, c’était le temps qu’il m’avait fallu pour rassembler le courage nécessaire. Nous venions de finir de dîner, je ‘étais forcée à avaler chaque bouchée pour le satisfaire. Avachi dans un fauteuil, il feuilletait une de ses brochures.
– Félix, laisse tomber tes magazines.
– Tu t’es décidée ?
Il se releva d’un bond et se frotta les mains.
– Où partons-nous ?
– Toi, je n’en sais rien, mais moi je vais vivre en Irlande.
Mon ton s’était voulu le plus naturel possible. Félix happait l’air comme un poisson en train de suffoquer.
– Remet-toi.
– Tu te fous de moi ? Tu n’es pas sérieuse ! Qui a pu te donner une idée pareille .
– Colin, figure-toi.
– Ça y est, elle est dingue. Tu vas aussi m’annoncer qu’il est revenu d’entre les morts pour te dire où partir.
– Tu n’as pas besoin d’être méchant. Il aurait aimé aller là-bas, c’est tout. J’y vais à sa place.

Mon avis : ♥♥♥♥♥

Alors je n’ai pas été sublimée comme cela a pu être décrit partout, mais je dois dire que cette lecture fût légère et fortement agréable. Je me suis attachée au personnage de Diane qui après la douloureuse perte qu’elle a vécu n’arrive plus à vivre (et n’a, d’ailleurs, pas envie d’y arriver) et décide – de base pour s’enterrer un peu plus – de partir vivre en Irlande. Évidemment, comme on s’y attend tous, cela ne va pas se passer comme ça !
Arrivée là-bas, elle va rencontrer différentes personnes qui vont toutes être très agréable avec elle, sauf un : son voisin, Edward. Je vous laisse imaginer la suite qui s’avère très romanesque. Bien que j’ai dévoré les pages qui révèlent une plume fluide et agréable, il faut néanmoins soulever le fait que l’on est dans un roman à l’eau de rose pas très loin de la collection Harlequin de nos grand-mères… En effet, je m’attendais à quelque chose de plus poussé au niveau psychologique et à plus d’approfondissement sur le drame et son deuil mais finalement celui-ci n’ai qu’une accroche pour déclencher l’histoire.
De plus, j’ai trouvé certaines réactions des personnages assez étrange et peu convaincante comme l’agressivité incroyable de la part du voisin provenant d’une motivation douteuse ou encore la dureté des parents de Diane envers elle. Sachant que l’auteure est psychologue dans la vie, j’espérais plus de développement des protagonistes et de leurs attitudes. Mais finalement, je ne lui en tiens pas rigueur car j’ai tout de même pris plaisir à cette lecture douce et fraîche. C’est un livre qui fait du bien et je reste admirative face à la détermination de cette femme de s’être auto-éditée ! Je suis, d’ailleurs, vraiment contente de voir que ses efforts ont payés 🙂
Pour conclure, c’est un roman a consommer sans modération pour un moment de détente et d’espoir – je pense qu’il peut être un bon remède dans les moments où l’on broie du noir pour redonner un coup de fouet ! Et j’adore le titre ainsi que son association au café littéraire tenu par l’héroïne.
Les + : une plume fluide et une histoire légère qui donne envie de savoir la suite pour cette femme qui ré-apprend à vivre. Un titre génial !
Les – : manque d’originalité et de développement qui entraîne parfois le livre à la limite du roman de gare.

« Assassin’s Creed : Forsaken » de Oliver Bowden

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Résumé :

1735 – Londres. Haytham Kenway a appris à manier l’épée depuis qu’il est capable d’en tenir une. Alors, quand des hommes armés attaquent la demeure familiale, assassinent son père et enlèvent sa sœur, Haytham défend son foyer de la seule manière possible : il tue. Après ce drame, un mystérieux tuteur le prend sous son aile et l’entraîne pour faire de lui un assassin redoutable. Consumé par sa soif de vengeance, Haytham se lance dans une véritable vendetta. Il ne se fie à personne et remet en question tout ce qu’il a toujours connu. Conspirations et trahisons l’assailliront de toutes parts tandis qu’il plongera au cœur du conflit séculaire qui oppose les Assassins aux Templiers.

 Extrait :

Le silence, à peine troublé par une douce brise et par le chant des oiseaux, fut brisé par Reginald :
– Tu l’aurais fait ?
– Quoi donc, Reginald ?
Il songeait au garçon.
– Tuer cet enfant. Tu l’aurais fait ?
– Lancer une menace sans être capable de la mettre à exécution ne sert pas à grand-chose. Si je n’avais pas pensé ce que je disais, l’épicier l’aurait remarqué. il l’aurait vu dans mon regard. Il l’aurait deviné.
Reginald changea de position sur sa selle, mal à l’aise.
– Alors c’est « oui » ? Tu l’aurais bel et bien tué ?
– Absolument, Reginald. Je l’aurais tué.

Mon avis : ♥♥♥♥♥

Comme vous l’avez remarqué, aucun cœur n’est coloré et ce n’est pas un oubli ! C’est une première dans mon blog mais là, je suis obligée… J’avoue que je m’attendais un peu à être déçue à l’entrée de cette lecture, j’aime beaucoup le jeu et je me suis dit pourquoi pas essayer de lire un des livres de la saga et bien, j’aurais dû me fier à mon premier instinct !
Des personnages à peine travaillés avec des personnalités que l’on arrivent pas à cerner : les dialogues disent une chose et leurs actes l’inverse, des – soit disant – prises de conscience qui n’entraînent aucun changement d’actes, à quoi servent-elles donc ? Je cherche encore la réponse ! On sait déjà ce qu’il va se passer avant même que les évènements arrivent :
  • La trahison, je l’ai compris et l’ai vu venir grosse comme une maison à la 10éme page, le « héros » ne la découvre qu’à la 300éme. Alors oui, il s’en doute et on nous fait attendre LA découverte, tout cela pour aboutir à une colère qui dure une page et point. Super, j’ai attendu 300 pages pour que tout se termine en 3 lignes !
  • Une histoire d’amour bateau que l’on comprend dés la première allusion et des descriptions niaises au possible :  « Cette femme-là, par contre… J’avais vu quelque chose dans ses yeux, comme si elle était mon âme sœur ». Tout cela encore une fois pour que ça dure 10 pages !
  • Un enfant qui arrive plusieurs années plus tard avec un « Est-il possible que… Que j’aie un fils ? » Voilà encore un cliché que l’on sent à des kilomètres à la ronde. Et en plus qui débouche sur une relation bizarre entre les deux protagonistes mi-haine mi-affection aboutissant sur.. Bah sur rien de fantastique !
Alors voilà : de la bagarre, des meurtres, de la bagarre et encore des meurtres. Le tout, évidemment, avec un « héros » toujours plus intelligent, plus malin, plus rapide et plus fort que ses adversaires ! Alors oui, j’en conviens c’est l’idée principal du jeu… M’enfin là, il s’agit d’un livre on ne peut pas juste se satisfaire de cela ! Pourquoi écrire un livre pour qu’il soit si cliché et sans queue ni tête ? Les bagarres pourrait être incorporées avec intelligence et menées quelque part  – je ne sais pas moi, une vraie quête ou du moins s’appuyer sur une histoire de vie qui tient la route – plutôt que d’être successive et toujours décrite de la même manière pour aboutir à rien de rien ! En faite, tout est à dormir debout dans ce roman ! Même le côté historique est biaisé !
Je me suis donc mise en mode « Lecture rapide » pour finir ce livre en espérant que quelque chose le sauverai peut-être à la fin : en vain ! Je ne ferais pas de + et de – car sincèrement, je déconseille cette lecture qui est bien inutile. Avec toutes mes excuses pour la brutalité et la non-diplomatie que contient mon article, mais je suis assez remontée de voir que l’on édite de tels idioties alors que tant d’écrivains avec talent galèrent à trouver un éditeur… Sachant qu’en plus, d’après des recherches c’est l’un des meilleurs de la saga : Wahou ! Je n’ose imaginer le reste :/

Livre lu dans le cadre du challenge Mystère 2016 initié par Frogzine

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« Evguénie Sokolov » de Serge Gainsbourg

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Résumé :

Auteur, compositeur, chanteur, photographe et metteur en scène, Serge Gainsbourg a écrit le roman d’un peintre, Evguénie Sokolov. Un peintre génial et solitaire. Mais quel est le secret de son génie, de ce vibrato du dessin, de cette manière « sismographique » qui fait sa gloire ? C’est ce mystère que révèle le roman. Un style froid et précis ajoute à la provocation d’un récit qui expose le destin le plus insolite que l’on puisse imaginer. Sarcastique et drôle, pour raconter une tragique histoire, Serge Gainsbourg nous propose en fait une « allégorie ».

Extrait :

Déclaré champion toutes catégories l’on me surnomma l’Embaumeur, la Bombarde, le Canonnier, l’Artificier, l’Artilleur, le Baroudeur, le Mortier, Bombe à gaz, Bazooka, Bertha, Roquette, la Bourrasque, le Souffleur, l’Anesthésiste, le Chalumeau, la Fuite, l’Odorant, le Bouc, Putois, Grisou, Gazogène, l’Eolien, la Voisin, Borgia, Zéphir, Violette, Vent-Vent, Mister Poum, Prout-Cadet, Cocotte, Gazoduc, Camping-gaz, Fulmicoton, Vent de cul, Gaz-oil, Perlouze, j’en oublie certainement […]

Mon avis : ♥♥♥♥♥

Ce livre est un véritable ovni, je n’en attendais pas moins de Gainsbourg cela dit ! Alors soyons clair ce n’est pas le livre de l’année mais j’ai passé un bon moment et je suis contente d’avoir découvert cet artiste sous un autre angle.
Voilà le tableau : Evguénie Sokolov, peintre mondialement connu pour ses œuvres, doit son succès à ses pets et aux vibrations provoquées par ceux-ci. Complètement décalé et provocateur, il nous offre encore son sarcasme et son culot sur un plateau d’argent car il faut l’avouer un tel ouvrage qui traite de pets et de trou du cul ne pouvait être écrit que de la main de cet homme qui ose tout ! Humour gras, brutal et parfois à la limite du malsain, j’ai retrouvé néanmoins la richesse de mots dont Gainsbourg est doté. Pouvoir écrire et trouver des mots sur les flatulences, intestins et autres sujets merdiques sur 110 pages, il faut quand même le faire ! Quel érudit des mots ! Jeux de mots et poésie sont également au rendez-vous.
Mis à part une critique de l’art et de son monde que l’on comprend assez rapidement, j’y est également vu un reflet de Gainsbourg, ou plutôt de Gainsbarre (qui y est surement pour quelque chose), dans cette fin tragique qui attend Sokolov. Les pets de l’un étant peut-être les provocations et autres excès en tout de genre de l’autre. Ce qui nous crée peut aussi nous détruire. Une chose est sûre, Serge des figures et des hommes comme toi nous manquent dans nos contemporains. RIP ♥

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« Réparer les vivants » de Maylis de Kerangal

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Résumé :

« Le cœur de Simon migrait dans un autre endroit du pays, ses reins, son foie et ses poumons gagnaient d’autres provinces, ils filaient vers d’autres corps ». Réparer les vivants est le roman d’une transplantation cardiaque. Telle une chanson de gestes, il tisse les présences et les espaces, les voix et les actes qui vont se relayer en vingt-quatre heures exactement. Roman de tension et de patience, d’accélérations paniques et de pauses méditatives, il trace une aventure métaphysique, à la fois collective et intime, où le cœur, au-delà de sa fonction organique, demeure le siège des affects et le symbole de l’amour.

Extrait :

Marianne intervient : oui, mais on se réveille du coma, il arrive que l’on se réveille, même des années plus tard, il y a plein de cas comme ça, n’est-ce pas ? Son visage est transfiguré à cette idée, un éclat de lumière, et ses yeux s’agrandissent, oui, avec le coma, rien n’est jamais joué, elle le sait, les histoires de ceux qui se réveillent après des années abondent, elles courent sur les blogs, les forums, elles sont miraculeuses. Révol arrête son regard sur le sien, et, ferme, réplique : non – la syllabe qui tue. Il recommence : les fonctions de la vie de relation, autrement dit la conscience, la sensibilité, la mobilité de votre fils sont abolies, et de même, ses fonctions végétatives, sa respiration et la circulation de son sang ne sont plus assurées que par des machines – Révol déroule, déroule, comme s’il procédait par accumulation de preuves, sa parole énumère, marque un temps après chaque information, quand l’intonation, elle, se révèle, manière de dire que les mauvaises nouvelles s’amoncellent, qu’elles s’empilent dans le corps de Simon, jusqu’à ce que la phrase s’épuise, finalement s’arrête, désignant soudain le vide étendu au-devant d’elle, comme une dissolution de l’espace.
– Simon est en état de mort cérébrale. Il est décédé. Il est mort.

Mon avis : ♥♥♥♥♥

Une lecture intense ! Le roman débute par une session de surf, Simon Limbres et ses deux amis chevauchent les vagues, puis l’heure de rentrer sonne. Ils embarquent, épuisés dans le van, et remontent tranquillement jusqu’à chez eux. C’est sur ce trajet que l’accident a lieu. Simon est emmené d’urgence, une urgence qui ne suffira pas. La mort cérébrale est annoncée… J’ai rarement autant pleuré lors d’une de mes lectures. Cette première partie est vraiment insoutenable, on subit la pression et le néant qui envahit les parents.
Notamment grâce  à l’écriture particulière de Maylis de Kerangal, incisive, nette et rythmée. Je n’ai jamais rencontré un style comme le sien, je me suis d’ailleurs demandé si j’arriverais à la suivre et à me plonger dedans. Puis, au fur et à mesure, c’est devenu hypnotique. Ses métaphores jamais vu et très artistique, les actions qui s’enchainent très rapidement comme l’aiguille d’une machine à coudre (c’est exactement ça, comme la cadence d’une machine à coudre) et tout cela sur une histoire qui nous donne l’impression de passer sous un rouleau compresseur. Mais malgré cette rapidité ressenti dans le rythme, on avance pourtant que de quelques minutes dans le temps, le roman de 299 pages ne relatant les faits que de 24 heures. Toute les actions sont minutieusement scrutées, ainsi que les sentiments et sensations qui en découlent de chacun des personnages, les émotions ont le temps d’être vécues et on est submergés par le désarroi, la colère, la tristesse, le déni… Non pas à la manière sentimentale, mais bien de manière dur, tranchante et aigre comme si l’on vivait cette perte à l’intérieur d’eux. Une objectivité brutale qui finalement, rend le roman encore plus puissant et subjectif.
La deuxième partie se concentre sur la receveuse qui attend le cœur et la transplantation cardiaque. Une partie du coup, en totale opposition émotionnelle de la première. Bien que toujours aussi émouvante, elle laisse la place à l’espoir mais aussi à l’interrogation de cette mort inévitable pour avoir la chance de vivre. La souffrance des uns se plaçant en miroir face à l’espoir des autres… Triste réalité et passage qui coupe le souffle aussi. Durant l’opération, elle-même, je n’ai aucun souvenir d’avoir pu reprendre ma respiration, vivant la pression du bloc, ainsi que l’attente de ce cœur qui doit se remettre en mouvements.
Je me suis sur certains passages perdue dans le dédale des mots mais je ne tiens pas rigueur à ces infimes parties car cette lecture peu commune fût saisissante et m’a permit de découvrir cette auteure que je pense relire rapidement. J’ai fini ma lecture à bout de souffle revivant les évènements, imprégnée de la gravité de cette histoire et de son intensité. Entre tristesse pour l’un et réjouissance pour l’autre, mais aussi frappée par l’antithèse de la mort et de la vie. En bref, j’ai pris une vrai claque avec cette lecture et je comprend amplement tous les prix qu’il a reçus.
Les + : style unique et poignant, une histoire rarement relatée bien que réelle et un coup de cœur pour moi.
Les – : ce style singulier peut faire peur ou rebuté, il faut persévérer lorsqu’on ne le connait pas pour l’apprécier (ou pas, c’est selon…).

coup de coeur

« L’enfant de Noé » de Eric-Emmanuel Schmitt

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Résumé / Extrait :

« Nous allons conclure un marché, veux-tu?
Toi, Joseph, tu feras semblant d’être chrétien, et moi je ferais semblant d’être juif. Ce sera notre secret, le plus grand des secrets. Toi et moi pourrions mourir de trahir ce secret. Juré ?
– Juré »
1942. Joseph a sept ans. Séparé de sa famille, il est recueilli par le père Pons, un homme simple et juste, qui ne se contente pas de sauver des vies. Mais que tente-t-il de préserver, tel Noé, dans ce monde menacé par un déluge de violence ?

Mon avis : ♥♥♥♥♥

J’ai décidé de ne pas mettre plus d’extrait que celui contenu dans le quatrième de couverture, le livre étant court (120 pages) je préfère ne pas tout dévoiler. C’est encore une leçon de vie dans les lignes de ce roman que Eric-Emmanuel Schmitt nous offre de la délicatesse de sa plume.
On suit l’histoire de Joseph, enfant juif pendant la Seconde Guerre mondiale, qui est recueilli et caché par le Père Pons. Il va y découvrir l’amour, l’amitié, sa religion ainsi que celle de son bienfaiteur. C’est un roman empreint de solidarité, de bienveillance et de courage avec toujours cette dualité de tristesse profonde rempli d’espoir que E. E. Schmitt manie à la perfection. Le texte est poignant et le thème encore une fois sensible et tragique.
Le livre est très court comme je le disais et on a vraiment pas envie de le lâcher, on espère avec cet enfant qu’il survive et qu’il retrouve sa famille. Je dois même dire que j’ai ressenti un goût de trop peu, même si pourtant tout était dit. A la fin, je me suis retrouver perplexe et pensive, le livre dans les mains et un sourire aux lèvres, revivant l’histoire dans la mélancolie de l’avoir déjà finie.
C’est un très bel hommage à la religion juive et aux pauvres victimes de cette terrible guerre, avec parfois un franc-parlé et des vérités nécessaires. On note aussi une belle liaison dans le titre qui sont toujours bien réfléchis et subtils, ici il nous renvoi à l’histoire de l’arche de Noé. Le côté religieux et solidaire de cette histoire biblique, nous dépeint bien les idées principales du roman.
Encore un E.E. Schmitt époustouflant !
Les + : Un texte beau et subtil dans un contexte historique poignant. Une leçon de vie et de courage.
Les – : Livre très très court…

Livre lu dans le cadre du challenge Mystère 2016 initié par Frogzine

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