« Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur » de Harper Lee

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Résumé :

Dans une petite ville d’Alabama, au moment de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Homme intègre et rigoureux, cet avocat est commis d’office pour défendre un Noir accusé d’avoir violé une Blanche. Celui-ci risque la peine de mort

Mon avis : ♥♥♥♥♥

Chronique un peu tardive pour ce livre mais j’ai du digérer un peu le climat ségrégationniste du roman avant de me lancer dans cet article. Comme dit dans le résumé, au cours de l’histoire un procès opposant un Noir accusé de viol sur une Blanche va avoir lieu… Mais, je trouve que ce résumé ne représente que mal le livre. L’auteur nous plonge en réalité dans la vie d’une famille Blanche dans les années 30, pendant la Grande Dépression américaine, mais aussi dans la vie d’une communauté, la petite ville sur le déclin de Maycomb en Alabama. On suit leur histoire à travers les yeux de la cadette de la famille, Scout Finch. Celle-ci nous émerveille par son caractère bagarreur, culotté et très dégourdi, tout en donnant un ton enfantin et interrogateur sur les évènements, et notamment le fameux procès qui aura lieu au deux tiers du livre. En bref, ce personnage est un bijou qui porte le livre sur ses frêles épaules.
J’avais souvent lu que le début pouvait être long, et j’ai compris ce sentiment en le lisant… En revanche, je pense (peut-être que je me trompe) que ce sentiment de longueur vient de ce résumé qui ne colle que peu à la véritable histoire du livre, entraînant un climat d’attente de ce procès qui finalement n’est qu’un triste et révoltant détail dans les pages. Pour ma part, je ne me suis pas ennuyée, j’ai dévoré les premières pages qui sont un hommage tendre à l’enfance mais aussi un cinglant constat des incompréhensions d’un enfant pure face aux évènements d’un monde parfois – souvent – cruel.
Le climat ségrégationniste dont je vous parlais au début se déroule en fait tout au long du roman, l’auteur ne traite pas que de ce procès révoltant mais nous plonge dans la réalité des années 30 et dans l’horrible normalité du racisme. Qu’il soit envers les personnes de couleurs mais aussi envers les personnes jugés instables par la communauté et mises de côté. En faite, ce roman est une brillante mise en scène de la condition humaine, pendant cette période de l’histoire, dans un village. Ce qui inclut indiscutablement les cancans, les jugements, les commères, et la honte qu’un acte peu apporté sur une famille. Et l’acte qui sera jugé ici par la communauté est le fait que le père, Mr Finch, soit l’avocat de l’homme noir accusé de viol.
Mais parlons un peu plus de cet figure paternel, cet homme se place comme le pilier de la tolérance et de l’apprentissage de la justesse et de la modération dans ce roman. Un homme droit, instruit, tendre et profondément juste qui laisse à ses enfants le loisir de découvrir les choses par eux-même, mais  qui garde un œil toujours bienveillant en leur transmettant des notions humaines essentielles.
Pour finir, je conseille ce livre à tout le monde surtout dans cette période de troubles qui est la nôtre, il nous rappelle certaines erreurs du passé et la fine limite entre la peur de l’autre et le rejet qui aboutit à l’inhumain. Un triste et merveilleux hommage à la tolérance dont le succès est intemporel !

 

« L’Égoïste romantique » de Frédéric Beigbeder

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Résumé :

Cette histoire débute en l’an 2000. Oscar Dufresne a trente-quatre ans. C’est un écrivain fictif, comme il y a des malades imaginaires. Il tient son journal dans la presse pour que sa vie devienne passionnante. Il est égoïste, lâche, cynique et obsédé sexuel – bref c’est un homme comme les autres. Ainsi l’auteur définit-il son livre, journal d’un people et chronique d’une génération :  » Il faudrait inventer pour le délire dufresnien, en hommage à Malraux, la dénomination d’antijournal. C’est un miroir déformant que je promène le long de mon nombril. « 

Mon avis : ♥♥♥♥♥

Je ne pensais pas un jour mettre une telle note à un roman de Beigbeder, comme vous le savez probablement : il est provocateur, sale gosse, nombriliste à souhait, superficiel, cru… Bref, des qualités exceptionnelles pour un écrivain de sa catégorie 🙂 On aime ou on déteste, c’est clair et de mon côté, comme vous l’avez constaté pour ceux qui me suivent depuis quelques temps, j’adore cet auteur cynique et tête à claques ! Mais là ……………….
Pour mettre les choses à plat dès le début, j’ai abandonné aux 3/4 du roman donc peut-être ai-je loupé un rebondissement inouï à la fin (bien que j’en doute !). On suit Oscar Dufresnes, homme plein de fric, particulièrement détestable et pathétique, au travers d’un journal intime qu’il écrit – quasi – quotidiennement. Alors c’est la déferlante de peoples, de soirées, d’envies et de situations outrancières et sur ce point c’est assez ressemblant à ce que l’on a l’habitude de lire dans les romans de l’écrivain. De la semi-autobiographie qui nous fait rire par son fatalisme et son désespoir optimiste de la vie et des choses. Hors dans celui-ci le truc : c’est qu’on s’emmerde ! Littéralement !
Je m’explique : pour commencer tout est complètement décousu, des pensées par ci, une ou deux situations grotesques par là, un patchwork sans fond lié simplement par les jours qui s’enchaînent (bon allez si, il y a deux ou trois nanas qui reviennent souvent…) donc déjà, j’étais refroidie par ce fatras qui semble n’emmener nulle part. De plus, je suis habituée à la superficialité de Beigbeder mais là, c’est peut-être con mais je l’ai trouvé inutile, sans profondeur, juste placée là pour dire je suis superficiel et alors ! En principe, il joue toujours de celle-ci, en y incluant une sorte de sens, de critique, de consistance et pas ce puits sans fond ! Du coup, au début, je me suis motivé à continuer et puis à force, j’ai laissé tomber… Je n’aime pas abandonner mes lectures mais parfois, c’est salutaire et là, c’était le cas !
« Au secours, pardon » Mr Beigbeder, mais pour moi bien que fan, ce roman est un raté ! M’enfin, c’est pas bien grave, cela ne m’empêchera pas de me plonger dans les autres nés de votre plume ! – genre, la nana qui lui parle x)

 

« D’après une histoire vraie » de Delphine de Vigan

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Mon avis : ♥♥♥♥♥

Comme vous le voyez je ne commence pas cette chronique de manière habituelle… Et pour cause : ce roman doit être lu à l’aveugle pour être apprécié ! Comme nous le montre la quatrième de couverture qui reste bien mystérieuse, je vais m’aventurer ici dans un article qui le sera tout autant. J’ai donc zappé le résumé ainsi que l’extrait et je poursuis en vous disant que ce livre a été un vrai coup de cœur mais que je ne vous dévoilerai rien de son histoire à proprement parlé !
Un chose est sûre, une tension étrange nous prend à chaque chapitre qui comme une araignée tisse sa toile nous envahit phrases après phrases et nous donne envie de ne plus arrêter de lire. Je dis étrange car cela ne relève pas vraiment d’une intrigue – et en même temps si, un peu – mais d’une intimité créée par l’auteure, une proximité, une mise à nue, un don de soi, une relation étroite qu’elle installe avec nous, lecteur. Puis s’ensuit un flou entre réalité et fiction, comme un arrière goût de « Shutter Island », qui nous laisse sur un « comprenez ce que voulez » brillamment amené.
J’ai rencontré une auteure pour laquelle j’ai eu un vrai coup de cœur dont la plume fluide et unique m’a bouleversé par sa sincérité. Par plusieurs fois, elle m’a pris à la gorge et au contraire de ce que dit Basil – notre célèbre peintre du Portrait de Dorian Gray – à propos de son œuvre [chap.1/p.65-66] : « je refuse de mettre mon âme à nu devant ces yeux indiscrets et superficiels. Jamais je ne placerai mon cœur sous leur microscope. Il y a bien trop de moi même dans ce tableau, Harry, infiniment trop ! », Delphine, elle, le fait et magnifiquement bien de surcroît…

coup de coeur

« Outlander : Le chardon et le tartan » de Diana Gabaldon

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Résumé :

1945. Claire passe ses vacances en Écosse,où elle s’efforce d’oublier la Seconde Guerre mondiale auprès de son mari, tout juste rentré du front. Au cours d’une ballade, la jeune femme est attirée par un mégalithe, auquel la population locale voue un culte étrange. Claire aura tôt fait d’en découvrir la raison : en s’approchant de la pierre, elle se volatilise pour atterrir au beau milieu d’un champs de bataille. Le menhir l’a menée tout droit en l’an de grâce 1743, au cœur de la lutte opposant Highlanders et Anglais. Happée par ce monde inconnu et une nouvelle vie palpitante, saura-t-elle revenir à son existence d’autrefois ?
852 pages

Extrait :

– Franck ! hurlai-je. A quoi tu joues ?
J’étais à la fois soulagée de le trouver ici et furieuse de ce petit jeu idiot. Déjà passablement ébranlé par ma mésaventure dans le cromlech, je n’étais pas d’humeur pour une partie de cache-cache dans les bois.
Les mains libérèrent leur étreinte, mais, avant même de me retourner, je sentis qu’un détail clochait. Ce n’était pas seulement l’eau de Cologne que je ne reconnaissais pas, mais une sensation plus subtile. Je fis volte-face et restai clouée sur place.
– Vous…vous n’êtes pas Franck, balbutiai-je.
Il m’étudia avec un intérêt non dissimulé avant de répondre d’un air amusé :
– C’est un fait. Quoique j’aie un cousin répondant à ce nom. Mais je doute que vous m’ayez confondu avec lui, madame, car nous n’avons pas grand-chose en commun.

Mon avis : ♥♥♥♥♥

J’ai commencé cette lecture en toute hâte depuis le temps que j’en entendais parler et d’autant plus contente que ce livre faisait l’objet d’une lecture commune avec Charlitdeslivres – dont voici la chronique !
Pour faire un court résumé – sachant que pour la plupart soit vous l’avez déjà lu soit vous en connaissez l’histoire – on suit Claire Beauchamps, infirmière pendant la Seconde guerre Mondial, qui retrouve enfin son mari après 7 ans de séparation. Lui, historien et généalogiste passionné, part en quête de ses ancêtres et va l’entraîner un soir près d’un cercle de pierres pour regarder en cachette des « sorcières » y faire une danse. Suite à cela, ils rentrent tranquillement chez eux, mais le lendemain Claire attirée par une plante qu’elle a remarqué là-bas décide d’y retourner. Une fois sur place, l’une des pierres va émettre un bruit et Claire intriguée va s’en approcher, puis la toucher. Là, un bruit sifflant se déclenche et elle se sent sombrer… Quant elle rouvre les yeux, elle se retrouve plongée 200 ans plus tôt en plein cœur d’une guerre opposant les Highlanders et les Anglais.
Cette histoire me donnait tellement envie et évidemment les excellentes critiques aussi, malheureusement j’ai été un peu déçu par cet « opus »… peut-être que j’en attendais trop ou peut-être que je m’étais fait une fausse idée mais je pensais trouver un roman historique dans ces pages, et j’ai plutôt rencontré une romance bien trop présente pour moi. Je me retrouve donc mi-figue mi-raisin à la sortie de cette lecture car malgré cela, j’ai trouvé l’univers génial, les personnages aussi – même si certains me plaisent bien moins que d’autres – et l’écriture limpide de l’auteure invite à ne pas vouloir lâcher son roman.
Mais pour être plus explicite, j’ai eu l’impression d’être plongé dans « Les feux de l’amour » avec cette romance un peu cucu la praline – qui m’a fait levé les yeux au ciel plus d’une fois – mixé à « 50 nuances de Grey » dans un décor trivial et royal des « Tudors ». Après il n’en reste pas moins que j’ai passé un très bon moment avec ce livre mais une chose est sûre j’aurais aimé que l’auteure s’appuie beaucoup, beaucoup plus sur l’aspect historique de cette guerre et de son contexte plutôt que sur la romance des personnages. Surtout que certains raccourcis sont assez douteux comme par exemple : une Claire très sereine de se retrouver en 1743 qui ne fait absolument pas tâche dans le décor. Soyons clair – sans jeux de mots 🙂 – demain je touche une pierre et je me réveille en 1800 je pète un plomb et m’interroge sérieusement sur ma santé mentale ! De surcroît – comme on le disait avec Charlotte – je pense que je ne fais pas long feu avant d’être brûlée vive…! Alors, oui je sais, c’est un roman m’enfin il n’empêche que cet aspect aurait dû être traité plus profondément selon moi !
Pour conclure, suite à ce premier tome qui me laisse encore dans le flou, je vais tout de même m’accrocher au bon côté – à savoir : l’univers et les personnages auxquels je me suis attachée ainsi qu’à l’écriture entraînante et aux aventures rocambolesques – pour voir où nous entraîne le deuxième tome qui d’ailleurs est prévue en continuité de lecture commune avec Charlitdeslivres pour le mois juillet.
Les + : une écriture agréable et une histoire qui se laisse lire toute seule.
Les – : une romance trop présente qui est même le pilier de l’histoire et des aspects de l’intrigue trop peu approfondis.

Lecture entrant dans le Challenge 1 pavé par mois organisé par « Des livres, des livres »

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Merci à Bianca pour ce challenge !

 

« Le jour où j’ai appris à vivre » de Laurent Gounelle

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Résumé :

Imaginez : vous vous baladez sur les quais de San Francisco un dimanche, quand soudain une bohémienne vous saisit la main pour y lire votre avenir. Amusé, vous vous laissez faire, mais son regard se fige, elle devient livide. Ce qu’elle va finalement vous dire, vous auriez préféré ne pas l’entendre. A partir de là, rien ne sera plus comme avant, et il vous sera impossible de rester sur les rails de la routine habituelle. C’est ce qui va arriver à Jonathan. A la suite de cette rencontre troublante, il va se retrouver embarqué dans une aventure de découverte de soi ponctuée d’expériences qui vont changer radicalement sa vision de sa vie, de la vie…

Extrait :

– Tu sais, dit Michael, j’ai beaucoup réfléchi à ta situation, ces derniers temps.
– Ma situation ?
Michael acquiesça gentiment. Son regard était plein d’empathie.
– Plus je vous observe, plus je me dis que c’est l’enfer pour toi de travailler avec ton ex au quotidien. Pris un peu au dépourvu, Jonathan regarda son associé sans répondre.
– Vous vous faites du mal mutuellement. C’est peu raisonnable.
Jonathan restait interdit.
– Et ça ne pourra pas durer.
Jonathan baissa les yeux. Michael le regarda presque avec tendresse.
– Alors mieux vaut anticiper…
Il prit une bouchée de carrot cake.
– J’ai beaucoup cogité, tourné le problème dans tous les sens, et finalement, j’ai une proposition à te faire.
– Une proposition ?
– Oui.
Jonathan resta silencieux.
– Voilà : ne me donne pas ta réponse tout de suite, prends ton temps pour réfléchir.
Jonathan le regarda attentivement.
– Je suis prêt, dit Michael, à faire l’effort de racheter tes parts si tu veux te retirer.
– Mes parts… du cabinet ?
– Oui, pas tes parts de gâteau.

Mon avis : ♥♥♥♥♥

Je suis une grande fan de la positive attitude des romans de Gounelle ainsi que de sa plume, c’est donc tout naturellement que j’ai commencé ce livre. Et là, le couperet tombe : j’ai été plutôt déçu de cette lecture par rapport aux autres.
J’ai, en effet, bien retrouvé la good vibe habituelle et la morale bien-être qui découle de cette histoire… En revanche, j’ai trouvé le livre plat, les personnages à peine travaillé et le tout relativement bâclé. Devant le peu d’action je me disais : « Quand est-ce que l’histoire va enfin démarrer ? », vous savez cet élément déclencheur qui fait tout basculer et où on se rend compte que le personnage principal bouleverse sa vie, la remanie, la redécouvre, la transforme. Bah en faite, à un moment, j’ai enfin compris que cet élément et cette transformation était ce que j’avais déjà lu… Et là, quel triste constat ! L’histoire est donc très simpliste et manque cruellement de beaucoup de choses pour la faire vivre, ce qui la fait tomber dans le cliché total avec des « clés bonheur » qui tombe les unes après les autres comme un cheveux sur la soupe.
Mais au final, comme vous pouvez le voir je n’ai pas été trop dur dans ma note car malgré ces gros couak, c’est un roman qui se lit bien et qui est très agréable à lire. La plume fluide de Gounelle laisse une trace positive en nous et égaye notre journée avec cette idéologie de vie menant au bien-être. J’ai donc passé un bon moment tout de même bien que je n’étais pas habituée à si peu de profondeur dans les autres histoires de l’auteur – d’où ma déception.
Les + : une lecture qui fait du bien, qui fait réfléchir à notre vision de la vie et comment l’égayer dans ce monde brute 🙂
Les – : une histoire trop peu approfondie et des personnage survolés qui tombent parfois dans le cliché

 

« Carrie » de Stephen King

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Résumé :

Carrie White, dix-sept ans, solitaire, timide et pas vraiment jolie, vit un calvaire : elle est victime du fanatisme religieux de sa mère et des moqueries incessantes de ses camarades de classe. Sans compter ce don, cet étrange pouvoir de déplacer les objets à distance, bien qu’elle le maîtrise encore avec difficulté… Un jour, cependant, la chance paraît lui sourire. Tommy Ross, le seul garçon qui semble la comprendre et l’aimer, l’invite au bal de printemps de l’école. Une marque d’attention qu’elle n’aurait jamais espérée, et peut-être même le signe d’un renouveau…

Extrait :

– Elle-a-ses-ours !
Chris Hargensen la première lança la formule en scandant les syllabes. Les mots ricochèrent contre les murs carrelés, et se répercutèrent dans la longue pièce sonore. Sue Snell émit une sorte de ricanement nasal et ressentit un mélange de haine, de répulsion, d’exaspération et de pitié. Elle avait l’air tellement cloche, cette folle plantée là sans rien comprendre à ce qui se passait. Bon Dieu, c’était à croire que jamais…
– Elle-a-ses-ours !
Cela devenait une rengaine, une incantation. Une des filles, dans le fond de la salle (peut-être était-ce encore Hargensen, Sue n’aurait pu l’assurer dans ce tintamarre d’échos), hurlait « Mets-y un bouchon ! » avec une vulgarité agressive, sans retenue.
– Elle-a-ses-ours… ses ours… ses ours !
Carrie se tenait immobile, stupide au centre du cercle qui se formait autour d’elle, la peau ruisselante de perles d’eau. Elle restait là, sans réaction, comme un bœuf, se sachant l’objet de la risée générale (comme toujours), décontenancée mais sans surprise.

Mon avis : ♥♥♥♥

J’ai lu ce livre dans le cadre de la lecture choisi au Club de lecture Stephen King auquel je suis inscrite – si cela vous intéresse, direction Facebook vous le trouverez sous cette appellation ci-dessus 😉 Bien que ce livre ne soit pas mon préféré de l’auteur, j’ai été contente de découvrir par écrit cette histoire que j’adore à l’écran (et plus particulièrement l’ancienne version, à savoir celle de Brian De Palma en 1976), en revanche, j’ai eu du mal à détacher mon esprit du film… Qui du coup – maintenant je le sais – est très proche de l’œuvre, à l’exception de la fin que j’ai d’ailleurs préféré dans le livre. Je dois donc avouer que le film à un peu parasité mon imagination tout au long de ma lecture. M’enfin ceci n’étant pas très grave et somme toute assez logique passons maintenant au récit…
De prime abord, j’ai été un peu rebuté par l’absence de chapitre (oui, j’ai du mal avec ça car ils marquent des temps dans la lecture et je trouve cela très agréable) puis au final, je me suis aperçue que le texte est tout de même découpé grâce à des articles divers sur l’incident, sur la télékinésie etc… Mais n’en dévoilons pas trop ! Ils donnent du coup un rythme  assez intéressant au livre, il n’empêche que mon avis reste mitigé sur eux. Car même s’ils apportent du dynamisme ainsi qu’un certain réalisme au tout, ils n’en reste pas moins qu’ils m’ont plus d’une fois déstabilisé dans ma lecture. Je trouve qu’il rende le récit un peu fouillis comme un patchwork et on sent les différents styles de l’auteur qui se chevauchent dedans.
Excepté cela, j’ai passé un bon moment de lecture avec ce livre qui n’a pas pris une ride et qui décrit avec brio les difficultés de l’adolescence. Stephen King nous offre également ici une critique de la société américaine puritaine ainsi que l’exposé des ravages causés par la religion fanatique. Carrie nous laisse un sentiment de tristesse à travers sa tragédie et nous invite à l’empathie.
Les + : une histoire qui résume bien les horreurs que les adolescents sont capables de se faire et les différents points de vue des personnages qui donnent du relief au récit.
Les – : une construction de texte particulière entrecoupé d’articles, de compte-rendu etc qui donne un aspect pêle-mêle parfois dérangeant à la lecture.

« Les chaussures italiennes » de Henning Mankell

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Résumé :

A soixante-six ans, Fredrik Welin vit reclus depuis une décennie sur une île de la Baltique avec pour seule compagnie un chat et un chien et pour seules visites celles du facteur de l’archipel. Depuis qu’une tragique erreur a brisé sa carrière de chirurgien, il s’est isolé des hommes. Pour se prouver qu’il encore en vie, il creuse un trou dans la glace et s’y immerge chaque matin. Au solstice d’hiver, cette routine est interrompue par l’intrusion d’Harriet, la femme qu’il a aimée et abandonnée quarante ans plus tôt. Fredrik ne le sait pas encore, mais sa vie vient juste de recommencer. Le temps de deux solstices d’hiver et d’un superbe solstice d’été, dans un espace compris entre une maison, une île, une forêt, une caravane, Mankell nous révèle une facette peu connue de son talent avec ce récit sobre, intime, vibrant, sur les hommes et les femmes, la solitude et la peur, l’amour et la rédemption.

Extrait :

Des promesses, a-t-elle dit, on en reçoit tant. On s’en fait à soi-même. Les autres nous en font. On a les politiciens qui nous parlent d’une vie meilleure pour les vieux, d’un hôpital où personne n’aura plus d’escarres ; on a les banquiers qui nous promettent des intérêts plus élevés, les produits qui nous promettent qu’on va perdre du poids, les crèmes qui nous promettent une vieillesse avec moins de rides. Vivre, au fait, ce n’est jamais qu’avancer dans son petit bateau au milieu d’un flot de promesses variées à l’infini. Quelles sont celles dont on se souvient ? On oublie celles qu’on voudrait se rappeler et on se souvient de celles qu’on préférerait oublier pour toujours. Les promesses trahies sont comme des ombres qui dansent autour de toi au crépuscule. Plus je vieillis, mieux je les vois. La plus belle promesse de ma vie, c’est celle que tu m’as faite quand tu m’as dit que tu m’emmènerais jusqu’à ce lac dans la forêt. Alors je veux le voir de mes yeux et rêver que je m’y baigne avant qu’il ne soit trop tard.

Mon avis : ♥♥♥♥

Quel beau voyage nous faisons aux côtés de Fredrik dans ce roman. On s’imprègne de la profonde solitude dans laquelle s’est mis cet homme dès les premiers chapitres, de son besoin de se créer des habitudes pour régler sa vie ainsi que de se sentir vivant en s’immergeant dans l’eau glaciale. Le décor de glace est superbe et les pages se tournent toutes seules. Je l’ai littéralement dévoré.
On suit donc la vie de reclus que s’est crée Fredrik, jusqu’à l’apparition d’Harriet sur l’île avec son déambulateur. Celle-ci vient avec une promesse que Fredrick lui à fait près de 40 ans plus tôt et qu’elle n’a jamais oublier. Il lui avait promis de l’emmener sur un lac qui à marqué sa jeunesse. De là part le voyage. Un voyage sur un lac mais aussi un voyage à l’intérieur de soi. Un voyage sur la vie menée. Sur un passé presque oublié et pourtant douloureux. Un voyage qui lie la vie mais aussi la mort. Un voyage pleins de regrets, de remords mais aussi de joies et de promesses. Un voyage qui sonne comme une rédemption.
Je me suis attaché au personnage de Frédrik pourtant imparfait et lâche qui à plus d’une trahison à son actif, et pourtant si humain avec ses faiblesses et ses regrets. Ce livre parle de la vie, on y voit des contradictions dans les sentiments et les actions des personnages qui résonne comme la vie qui n’est jamais toute blanche ou toute noire. Je n’irais pas plus loin dans la description de peur de vous spoiler et de laisser filer par la même occasion l’essence du livre.
Ce livre vous prendra à la gorge, même si je revendique le fait qu’un approfondissement aurait pu être agréable dans certaines actions pour le rendre plus poignant encore. C’est une histoire sublime ainsi que triste et parfois sombre.
Les + : une histoire qui donne à réfléchir sur la vie et qui nous marque par sa beauté dans l’accompagnement qui peut être offert à une personne par une autre.
Les – : des traits de personnalité des personnages et des passages qui aurait mérité d’être creusés pour nous en faire comprendre toute la teneur.