« 1984 » de George Orwell

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Résumé :

« De tous les carrefours importants, le visage à la moustache noire vous fixait du regard. BIG BROTHER VOUS REGARDE, répétait la légende, tandis que le regard des yeux noirs pénétrait les yeux de Winston… Au loin, un hélicoptère glissa entre les toits, plana un moment, telle une mouche bleue, puis repartit comme une flèche, dans un vol courbe. C’était une patrouille qui venait mettre le nez aux fenêtres des gens. Mais les patrouilles n’avaient pas d’importance. Seule comptait la Police de la Pensée. »

Mon avis : ♥♥♥♥♥

« BIG BROTHER IS WATCHING YOU ! »

Que l’on ai lu ou non ce livre, nous connaissons tous cette phrase mythique et mystique… Et lorsque j’ai commencé cette lecture, je n’échappais pas à cette règle. Je savais de quoi parlais ce classique, j’en ressentais d’avance le climat oppressant sous l’œil omniscient de l’Etat personnifié en BIG BROTHER ainsi que le peinture du totalitarisme ! Et pourtant, croyez-moi, j’étais loin des ressentis et du bouleversement qui se passe en nous au fil des pages.
On suit Winston Smith, membre du Parti extérieur, qui nous raconte cette société de 1984. Divisée en trois groupes, le Parti Intérieur, le Parti Extérieur et le Prolétariat qui ont chacun leurs règles et Winston faisant parti du 2ème est dans la catégorie la plus contrôlée. Il nous conte la propagande, l’appel à la haine, le contrôle sur l’individu jusqu’à la glaçante Police de la Pensée, la surveillance constante jusque dans les appartements, le conditionnement sans réel interdit, le non-droit du mariage d’amour et du plaisir sexuel… En clair, on découvre ébahit un régime totalitaire perfectionniste dont il semble qu’on ne peut échapper ou sortir du lot. Et tout cela sous contrôle d’un dirigeant jamais vu publiquement, peut-être même inexistant, mais qui exerce les pleins pouvoirs sur un peuple avec lequel il joue et auquel il fait croire ce qu’il veut…
Une société qui glace le sang. Bien sûr, aujourd’hui notre monde n’est pas tel que le décrit Orwell, mais les troublantes similitudes font peur. Il nous pousse au raisonnement jusqu’à parfois remettre tout en cause. « Celui qui a le contrôle du passé, disait le slogan du Parti, a le contrôle du futur » car en effet, l’Histoire est écrite et transmise. Mais écrite par qui ?! A quel moment ? Dans quel but ? Et pour le confort de qui ? Et si, des faits étaient modifiés, rectifiés par des mains opportunistes. Lequel d’entre-nous pourrait avoir la preuve de la falsification ? La vérité est dans les livres même si elle est fausse. Voici un exemple de questionnement au sortir de cette lecture. Mais d’autres viennent à nous, la guerre en est un autre exemple. Orwell nous dépeint la guerre froide, nous explique le pourquoi et forcément en ces temps troubles des questionnements surgissent. Ou encore la surveillance constante, n’est-on pas nous aussi perpétuellement tracés? Le portable, le pass Navigo, les GPS, Instagram, Facebook, Snapchat, même les Iphone sont maintenant capables tout seuls de nous nommer un numéro inconnu qui nous appelle… Mais, je vais m’arrêter là, je ne voudrais pas trop en dire.
Ce livre est un drame humain, un cri de désespoir qui montre bien l’état d’esprit littéraire d’après-guerre. Le besoin de reconstruction et la perte d’espoir en l’homme et ses semblables, en l’homme pour ses semblables. Un roman qui écrit quelques années avant aurait rejoint la liste de l’Inquisition. Le tout écrit avec une plume incisive et captivante ! Un classique à lire, bien qu’il laisse un goût amer et nous interroge sur notre société de façon profonde.
coup de coeur
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« Kafka sur le rivage » de Haruki Murakami

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Résumé :

Un adolescent, Kafka Tamura, quitte la maison familiale de Tokyo pour échapper à une malédiction œdipienne proférée par son père. De l’autre côté de l’archipel, Nakata, un vieil homme amnésique, décide lui aussi de prendre la route. Leurs deux destinées s’entremêlent pour devenir le miroir l’une de l’autre, tandis que, sur leur chemin, la réalité bruisse d’un murmure envoûtant.

Mon avis : ♥♥♥♥♥

Lorsque j’ai commencé cette lecture, je ne m’attendais pas du tout à cela. Une amie me l’a conseillé et en me lançant dans l’aventure Murakami dont j’avais souvent entendu le nom, étrangement je ne pensais pas : fantastique ! Imaginez donc ma surprise quand Nakata se met à discuter avec un chat, une belle surprise d’ailleurs qui m’a laissé étonné et rêveuse (et oui, un rêve de petite fille ! Comme dans Sailor Moon, je parle souvent à mes chats, m’enfin je comprends pas ils ne me répondent jamais, les bougres !!). La suite m’a hypnotisé bien que parfois j’étais plus dans le cauchemar que dans le rêve ! Mais maintenant que le postulat de base est posé, passons à la suite…
Kafka et Nakata, que rien ne lie de primes abords, prennent tous deux la route pour des raisons différentes. Mais la quête ou la sortie de ce labyrinthe sera la même, celle d’eux-même. C’est donc une quête initiatique des deux personnages qui se trouve dans ces pages. Si l’un fuit la maison parentale pour éviter la malédiction prophétique émise par son père, à savoir « tu tueras ton père puis coucheras avec ta mère et ta sœur« , l’autre prend la route suite à un meurtre qu’il a commis et pour remettre en place ce qui à été déplacé dans sa jeunesse. Bon tout cela reste confus, je vous l’accorde, mais c’est aussi la beauté du livre. Cet ouvrage est dur à conter, il se lit et se vit…
En effet, Murakami joue avec le fil sensible qui sépare la réalité du rêve et du fantastique. Avec de nombreuses métaphores, il navigue entre onirisme et réalité nous laissant parfois un peu dans l’obscur et donnant ainsi la possibilité au lecteur de sa pleine imagination. Si bien que tout le mystère ne s’éclaire pas entièrement même à la fin. En clair, il nous donne un élan et nous laisse vivre notre lecture. Je pense que chacun à sa propre émotion dans ses pages, chaque scène résonnant en nous face à notre expérience et à ce qui nous touche. Le mystère retient d’abord notre attention, puis la magie de cette douce avancée fantastique nous prends, nous hypnotise et tisse une toile de plus en plus épaisse dont on ne veut plus s’échapper. Il nous enivre de sa plume qui semble nous dire : « Tout est possible ».
Et au-delà de cette brume mystérieuse et divine dont parfois les passages sont insoutenables, d’où mon utilisation de cauchemar au début, l’auteur nous livre une montagne de références littéraires et culturelles. Tout d’abord prenons le prénom du personnage central, Kafka qui a lui-même choisit ce nom pour sa fuite. Celui-ci est plein de sens si l’on reprend les œuvres du célèbre auteur thèque homonyme : « La Métamorphose » comme le nom de l’oeuvre l’indique, mais aussi l’idée du labyrinthe dans « Le Château » et la peinture brute de la condition humaine dans la presque totalité de ses œuvres. Ensuite, parlons du récit lui-même qui reprend le mythe d’œdipe et se construit autour de lui comme une tragédie grecque, une sorte d’épopée contemporaine. Et pour finir, Kafka étant un grand lecteur et s’installant dans une bibliothèque, les références littéraires défilent donc pour le plus grand bonheur de son lectorat.
Murakami est en conclusion un ovni divin que je ne peux que vous conseiller si vous n’avez pas encore tenté l’expérience. Car que l’on aime ou que l’on déteste, on ne peut nier qu’il a une patte bien à lui qui le rend unique en son genre dans notre si chère littérature.

coup de coeur

« Syndrome O » de Bénédicte Vidor-Pierre


Résumé :

Primatologue, Ben entretient une relation très particulière avec les grands singes qui occupent le zoo où elle travaille.Malgré son asociabilité, elle est liée avec la fêtarde et libertine Châle, et Marie-Céline, un peu cruche mais attachante.
Le quotidien de ces trois femmes s’enracine, au fur et à mesure, au cœur de la frontière entre l’Homme et l’animal qui s’avère de plus en plus trouble.

Mon avis : ♥♥♥♥

En premier lieu, je tiens encore une fois à remercier l’auteur, Bénédicte Vidor-Pierre, pour la confiance qu’elle m’a donné en m’envoyant son bébé. Je suis très contente et très fière d’avoir pu lire ce roman et de ce partenariat blogueur/auteur ! 🙂
Maintenant, venons en au livre ! On suit le quotidien de trois femmes et amies complètement différentes : Ben, primatologue introvertie à qui les codes de la société sont totalement étrangers, Châle qui vit en quête perpétuelle de plaisirs et excès, et enfin, Marie-Céline, raisonnable et croyante qui rationalise un peu près tout sauf sa foi (quoi que !). Sur fond de leurs rendez-vous amicaux, on voit Ben avancer auprès des singes, dans sa relation à eux, qu’elle considère comme presque plus humains que les humains. Un lien étrange s’établit et l’on en vient à se demander si elle n’a pas raison…
J’ai beaucoup apprécié cette lecture, riche en débats philosophiques passant par le darwinisme, l’épicurisme ou encore le cartésianisme. Un roman qui pousse à la réflexion sur le genre humain et son lien étroit avec nos amis, les animaux. Un coup de pied dans la fourmilière des codes établis et des frontières entre Homme et animal.  Aristote et son « l’homme est un animal social » n’a qu’à bien se tenir face à Ben dont le côté animal est, certes, fort développé mais l’aspect social complètement désuet. En bref, une pépite philosophique qui entre-mêle des pensées fort différentes ! Chapeau à l’auteur !
Malgré le plaisir que j’ai eu à cette lecture, j’ai quelques bémols à mettre en avant :
  • la construction du roman, ou du moins son organisation, qui passe parfois trop vite d’une scène à l’autre sans réellement nous y préparer rendant la transition un peu confuse.
  • Enfin… J’en voulais plus ! Ce n’est pas un vrai bémol mais je pense que l’approfondissement de certaines scènes auraient étoffé le roman ! Surtout que la plume de l’auteur est très agréable ! Franche, directe et subtile : un régal !

Encore une fois merci à l’auteur et aux éditions abordables, et à vous tous mes croq’mots : n’hésitez pas 🙂

« Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur » de Harper Lee

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Résumé :

Dans une petite ville d’Alabama, au moment de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Homme intègre et rigoureux, cet avocat est commis d’office pour défendre un Noir accusé d’avoir violé une Blanche. Celui-ci risque la peine de mort

Mon avis : ♥♥♥♥♥

Chronique un peu tardive pour ce livre mais j’ai du digérer un peu le climat ségrégationniste du roman avant de me lancer dans cet article. Comme dit dans le résumé, au cours de l’histoire un procès opposant un Noir accusé de viol sur une Blanche va avoir lieu… Mais, je trouve que ce résumé ne représente que mal le livre. L’auteur nous plonge en réalité dans la vie d’une famille Blanche dans les années 30, pendant la Grande Dépression américaine, mais aussi dans la vie d’une communauté, la petite ville sur le déclin de Maycomb en Alabama. On suit leur histoire à travers les yeux de la cadette de la famille, Scout Finch. Celle-ci nous émerveille par son caractère bagarreur, culotté et très dégourdi, tout en donnant un ton enfantin et interrogateur sur les évènements, et notamment le fameux procès qui aura lieu au deux tiers du livre. En bref, ce personnage est un bijou qui porte le livre sur ses frêles épaules.
J’avais souvent lu que le début pouvait être long, et j’ai compris ce sentiment en le lisant… En revanche, je pense (peut-être que je me trompe) que ce sentiment de longueur vient de ce résumé qui ne colle que peu à la véritable histoire du livre, entraînant un climat d’attente de ce procès qui finalement n’est qu’un triste et révoltant détail dans les pages. Pour ma part, je ne me suis pas ennuyée, j’ai dévoré les premières pages qui sont un hommage tendre à l’enfance mais aussi un cinglant constat des incompréhensions d’un enfant pure face aux évènements d’un monde parfois – souvent – cruel.
Le climat ségrégationniste dont je vous parlais au début se déroule en fait tout au long du roman, l’auteur ne traite pas que de ce procès révoltant mais nous plonge dans la réalité des années 30 et dans l’horrible normalité du racisme. Qu’il soit envers les personnes de couleurs mais aussi envers les personnes jugés instables par la communauté et mises de côté. En faite, ce roman est une brillante mise en scène de la condition humaine, pendant cette période de l’histoire, dans un village. Ce qui inclut indiscutablement les cancans, les jugements, les commères, et la honte qu’un acte peu apporté sur une famille. Et l’acte qui sera jugé ici par la communauté est le fait que le père, Mr Finch, soit l’avocat de l’homme noir accusé de viol.
Mais parlons un peu plus de cet figure paternel, cet homme se place comme le pilier de la tolérance et de l’apprentissage de la justesse et de la modération dans ce roman. Un homme droit, instruit, tendre et profondément juste qui laisse à ses enfants le loisir de découvrir les choses par eux-même, mais  qui garde un œil toujours bienveillant en leur transmettant des notions humaines essentielles.
Pour finir, je conseille ce livre à tout le monde surtout dans cette période de troubles qui est la nôtre, il nous rappelle certaines erreurs du passé et la fine limite entre la peur de l’autre et le rejet qui aboutit à l’inhumain. Un triste et merveilleux hommage à la tolérance dont le succès est intemporel !

 

« L’Égoïste romantique » de Frédéric Beigbeder

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Résumé :

Cette histoire débute en l’an 2000. Oscar Dufresne a trente-quatre ans. C’est un écrivain fictif, comme il y a des malades imaginaires. Il tient son journal dans la presse pour que sa vie devienne passionnante. Il est égoïste, lâche, cynique et obsédé sexuel – bref c’est un homme comme les autres. Ainsi l’auteur définit-il son livre, journal d’un people et chronique d’une génération :  » Il faudrait inventer pour le délire dufresnien, en hommage à Malraux, la dénomination d’antijournal. C’est un miroir déformant que je promène le long de mon nombril. « 

Mon avis : ♥♥♥♥♥

Je ne pensais pas un jour mettre une telle note à un roman de Beigbeder, comme vous le savez probablement : il est provocateur, sale gosse, nombriliste à souhait, superficiel, cru… Bref, des qualités exceptionnelles pour un écrivain de sa catégorie 🙂 On aime ou on déteste, c’est clair et de mon côté, comme vous l’avez constaté pour ceux qui me suivent depuis quelques temps, j’adore cet auteur cynique et tête à claques ! Mais là ……………….
Pour mettre les choses à plat dès le début, j’ai abandonné aux 3/4 du roman donc peut-être ai-je loupé un rebondissement inouï à la fin (bien que j’en doute !). On suit Oscar Dufresnes, homme plein de fric, particulièrement détestable et pathétique, au travers d’un journal intime qu’il écrit – quasi – quotidiennement. Alors c’est la déferlante de peoples, de soirées, d’envies et de situations outrancières et sur ce point c’est assez ressemblant à ce que l’on a l’habitude de lire dans les romans de l’écrivain. De la semi-autobiographie qui nous fait rire par son fatalisme et son désespoir optimiste de la vie et des choses. Hors dans celui-ci le truc : c’est qu’on s’emmerde ! Littéralement !
Je m’explique : pour commencer tout est complètement décousu, des pensées par ci, une ou deux situations grotesques par là, un patchwork sans fond lié simplement par les jours qui s’enchaînent (bon allez si, il y a deux ou trois nanas qui reviennent souvent…) donc déjà, j’étais refroidie par ce fatras qui semble n’emmener nulle part. De plus, je suis habituée à la superficialité de Beigbeder mais là, c’est peut-être con mais je l’ai trouvé inutile, sans profondeur, juste placée là pour dire je suis superficiel et alors ! En principe, il joue toujours de celle-ci, en y incluant une sorte de sens, de critique, de consistance et pas ce puits sans fond ! Du coup, au début, je me suis motivé à continuer et puis à force, j’ai laissé tomber… Je n’aime pas abandonner mes lectures mais parfois, c’est salutaire et là, c’était le cas !
« Au secours, pardon » Mr Beigbeder, mais pour moi bien que fan, ce roman est un raté ! M’enfin, c’est pas bien grave, cela ne m’empêchera pas de me plonger dans les autres nés de votre plume ! – genre, la nana qui lui parle x)

 

« D’après une histoire vraie » de Delphine de Vigan

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Mon avis : ♥♥♥♥♥

Comme vous le voyez je ne commence pas cette chronique de manière habituelle… Et pour cause : ce roman doit être lu à l’aveugle pour être apprécié ! Comme nous le montre la quatrième de couverture qui reste bien mystérieuse, je vais m’aventurer ici dans un article qui le sera tout autant. J’ai donc zappé le résumé ainsi que l’extrait et je poursuis en vous disant que ce livre a été un vrai coup de cœur mais que je ne vous dévoilerai rien de son histoire à proprement parlé !
Un chose est sûre, une tension étrange nous prend à chaque chapitre qui comme une araignée tisse sa toile nous envahit phrases après phrases et nous donne envie de ne plus arrêter de lire. Je dis étrange car cela ne relève pas vraiment d’une intrigue – et en même temps si, un peu – mais d’une intimité créée par l’auteure, une proximité, une mise à nue, un don de soi, une relation étroite qu’elle installe avec nous, lecteur. Puis s’ensuit un flou entre réalité et fiction, comme un arrière goût de « Shutter Island », qui nous laisse sur un « comprenez ce que voulez » brillamment amené.
J’ai rencontré une auteure pour laquelle j’ai eu un vrai coup de cœur dont la plume fluide et unique m’a bouleversé par sa sincérité. Par plusieurs fois, elle m’a pris à la gorge et au contraire de ce que dit Basil – notre célèbre peintre du Portrait de Dorian Gray – à propos de son œuvre [chap.1/p.65-66] : « je refuse de mettre mon âme à nu devant ces yeux indiscrets et superficiels. Jamais je ne placerai mon cœur sous leur microscope. Il y a bien trop de moi même dans ce tableau, Harry, infiniment trop ! », Delphine, elle, le fait et magnifiquement bien de surcroît…

coup de coeur

« Outlander : Le chardon et le tartan » de Diana Gabaldon

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Résumé :

1945. Claire passe ses vacances en Écosse,où elle s’efforce d’oublier la Seconde Guerre mondiale auprès de son mari, tout juste rentré du front. Au cours d’une ballade, la jeune femme est attirée par un mégalithe, auquel la population locale voue un culte étrange. Claire aura tôt fait d’en découvrir la raison : en s’approchant de la pierre, elle se volatilise pour atterrir au beau milieu d’un champs de bataille. Le menhir l’a menée tout droit en l’an de grâce 1743, au cœur de la lutte opposant Highlanders et Anglais. Happée par ce monde inconnu et une nouvelle vie palpitante, saura-t-elle revenir à son existence d’autrefois ?
852 pages

Extrait :

– Franck ! hurlai-je. A quoi tu joues ?
J’étais à la fois soulagée de le trouver ici et furieuse de ce petit jeu idiot. Déjà passablement ébranlé par ma mésaventure dans le cromlech, je n’étais pas d’humeur pour une partie de cache-cache dans les bois.
Les mains libérèrent leur étreinte, mais, avant même de me retourner, je sentis qu’un détail clochait. Ce n’était pas seulement l’eau de Cologne que je ne reconnaissais pas, mais une sensation plus subtile. Je fis volte-face et restai clouée sur place.
– Vous…vous n’êtes pas Franck, balbutiai-je.
Il m’étudia avec un intérêt non dissimulé avant de répondre d’un air amusé :
– C’est un fait. Quoique j’aie un cousin répondant à ce nom. Mais je doute que vous m’ayez confondu avec lui, madame, car nous n’avons pas grand-chose en commun.

Mon avis : ♥♥♥♥♥

J’ai commencé cette lecture en toute hâte depuis le temps que j’en entendais parler et d’autant plus contente que ce livre faisait l’objet d’une lecture commune avec Charlitdeslivres – dont voici la chronique !
Pour faire un court résumé – sachant que pour la plupart soit vous l’avez déjà lu soit vous en connaissez l’histoire – on suit Claire Beauchamps, infirmière pendant la Seconde guerre Mondial, qui retrouve enfin son mari après 7 ans de séparation. Lui, historien et généalogiste passionné, part en quête de ses ancêtres et va l’entraîner un soir près d’un cercle de pierres pour regarder en cachette des « sorcières » y faire une danse. Suite à cela, ils rentrent tranquillement chez eux, mais le lendemain Claire attirée par une plante qu’elle a remarqué là-bas décide d’y retourner. Une fois sur place, l’une des pierres va émettre un bruit et Claire intriguée va s’en approcher, puis la toucher. Là, un bruit sifflant se déclenche et elle se sent sombrer… Quant elle rouvre les yeux, elle se retrouve plongée 200 ans plus tôt en plein cœur d’une guerre opposant les Highlanders et les Anglais.
Cette histoire me donnait tellement envie et évidemment les excellentes critiques aussi, malheureusement j’ai été un peu déçu par cet « opus »… peut-être que j’en attendais trop ou peut-être que je m’étais fait une fausse idée mais je pensais trouver un roman historique dans ces pages, et j’ai plutôt rencontré une romance bien trop présente pour moi. Je me retrouve donc mi-figue mi-raisin à la sortie de cette lecture car malgré cela, j’ai trouvé l’univers génial, les personnages aussi – même si certains me plaisent bien moins que d’autres – et l’écriture limpide de l’auteure invite à ne pas vouloir lâcher son roman.
Mais pour être plus explicite, j’ai eu l’impression d’être plongé dans « Les feux de l’amour » avec cette romance un peu cucu la praline – qui m’a fait levé les yeux au ciel plus d’une fois – mixé à « 50 nuances de Grey » dans un décor trivial et royal des « Tudors ». Après il n’en reste pas moins que j’ai passé un très bon moment avec ce livre mais une chose est sûre j’aurais aimé que l’auteure s’appuie beaucoup, beaucoup plus sur l’aspect historique de cette guerre et de son contexte plutôt que sur la romance des personnages. Surtout que certains raccourcis sont assez douteux comme par exemple : une Claire très sereine de se retrouver en 1743 qui ne fait absolument pas tâche dans le décor. Soyons clair – sans jeux de mots 🙂 – demain je touche une pierre et je me réveille en 1800 je pète un plomb et m’interroge sérieusement sur ma santé mentale ! De surcroît – comme on le disait avec Charlotte – je pense que je ne fais pas long feu avant d’être brûlée vive…! Alors, oui je sais, c’est un roman m’enfin il n’empêche que cet aspect aurait dû être traité plus profondément selon moi !
Pour conclure, suite à ce premier tome qui me laisse encore dans le flou, je vais tout de même m’accrocher au bon côté – à savoir : l’univers et les personnages auxquels je me suis attachée ainsi qu’à l’écriture entraînante et aux aventures rocambolesques – pour voir où nous entraîne le deuxième tome qui d’ailleurs est prévue en continuité de lecture commune avec Charlitdeslivres pour le mois juillet.
Les + : une écriture agréable et une histoire qui se laisse lire toute seule.
Les – : une romance trop présente qui est même le pilier de l’histoire et des aspects de l’intrigue trop peu approfondis.

Lecture entrant dans le Challenge 1 pavé par mois organisé par « Des livres, des livres »

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Merci à Bianca pour ce challenge !