« Power » de Michaël Mention

 

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Résumé :

« Ici, comme dans les autres ghettos, pas d’artifice à la Marilyn, ni de mythe à la Kennedy. Ici, c’est la réalité. Celle qui macère, mendie et crève. » 1965. Enlisés au Vietnam, les États-Unis traversent une crise sans précédent : manifestations, émeutes, explosion des violences policières. Vingt millions d’Afro-Américains sont chaque jour livrés à eux-mêmes, discriminés, harcelés. Après l’assassinat de Malcolm X, la communauté noire se déchire entre la haine et la non-violence prônée par Martin Luther King, quand surgit le Black Panther Party : l’organisation défie l’Amérique raciste, armant ses milliers de militants et subvenant aux besoins des ghettos. Une véritable révolution se profile. Le gouvernement déclare alors la guerre aux Black Panthers, une guerre impitoyable qui va bouleverser les vies de Charlene, jeune militante, Neil, officier de police, et Tyrone, infiltré par le FBI. Personne ne sera épargné, à l’image du pays, happé par le chaos des sixties. Un roman puissant et viscéral, plus que jamais d’actualité.

Mon avis : ♥♥♥♥♥

Merci à Agnès Chalnot & à Stéphane Marsan Editions pour l’envoi de ce service-presse !
1ère image : les cofondateurs du BPP, Bobby Seale et Huey Newton, dans la tenue officielle du Parti.

2ème image : les membres du BPP lors d'une des nombreuses manifestations pour la libération de leurs leaders.

3ème image : un des repas hebdomadaires qui étaient organisés dans les locaux du BPP pour nourrir les enfants pauvres du quartier.
Quelle puissance ! Voici un livre qui ne laissera personne indifférent, que ce soit d’un point de vue historique en relatant toute l’oeuvre des militants pour la libération du peuple noir au XXe siècle, ou que ce soit par la plume de l’auteur qui d’un ton incisif joue avec tous nos sens dans ses lignes ! Cet ouvrage renferme l’histoire d’une quête difficile bien qu’humaine et évidente, emplie d’espoir et de violence. Une quête qui mit des années à se concrétiser et pour laquelle certains pays se battent encore. Ce livre relate l’espoir et la détermination de certains héros de l’Histoire qui ont su défier avec intelligence, malgré la violence souvent obligatoire, la bien trop conservatrice – voire inhumaine – « White America ». Un groupe d’hommes et de femmes qui ont subi pour la liberté des horreurs et qui n’ont jamais perdu de vue leur quête d’égalité. Ce livre renferme l’histoire de d’une Amérique pas si blanche que cela. Une Amérique qui après tant d’années a compris certaines erreurs – bien que pas toutes – mais une Amérique qui a su avoir un Président noir, une Amérique qui je pense aujourd’hui ferait moins honte à cette génération qui s’est battu pour. Une Amérique « Black & White », une Amérique de mixité, une Amérique de tous les possibles… Car normalement c’est ça l’Amérique ! Malcom X. Martin Luther King. BPP. Black Panthers Party for the Self Defense. Tous ceux qui se sont battus dans l’ombre. Bravo. Merci. Bien à vous. RIP.
Les flics se retournent, alertés par le bruit de leurs pas. Le groupe s’arrête à trois mètres et Sherman lance l’enregistrement. Les voyants armés, les agents dégainent. Leur prisonnier s’inquiète :
– Qu’est-ce qui se passe ?
– Ta gueule !
L’un le maintient de force, l’autre interpelle Bobby :
– Qu’est-ce que vous foutez là ?
– Bonsoir
– Je vous ai posé une question ! Et vos flingues ? Ils sont chargés ?
– Ouais. Si vous tirez, on tire.
Les policiers se crispent. De leurs lèvres s’échappe une vapeur saccadée. Celui à la torche revient à la charge :
– Pourquoi vous êtes armés ?
– Parce qu’on le droit, en vertu du deuxième amendement de la Constitution. Et nos armes ne sont pas dissimulées, conformément à la loi de Californie.
– Mais…vous…vous êtes qui ?
– On est le Black Panthers.
Vous l’aurez donc compris, l’auteur nous plonge en pleine rage des années 60 en débutant son roman avec l’assassinat de Malcom X, puis avec la création du Black Panthers Party par Bobby Seale et Huey Newton. Un voyage qui coupe le souffle grâce à la plume de l’auteur qui place ces coups avec style et originalité, passant d’un narrateur omniprésent au « je » des trois personnages principaux dans la deuxième partie. Un entonnoir narratif permettant à l’auteur de resserrer autour de nous l’indignation générale et mettant en exergue les sentiments grâce à cette entrée dans leurs pensées intimes qui sculpte la dureté des événements par leurs ressentis si différents :
  • Ceux de Charlène, jeune femme dont le caractère a été endurci voir fanatisé par la violence subie. Une fervente recrue qui ira jusqu’au bout, prête à mourir pour le Parti (ne voyez ici aucun spoil – je parle d’un trait de caractère).
  • Ceux de Neil, flic blanc qui subira aussi la violence de l’époque et façonnera son caractère autour de cette horreur des rues.
  • Ceux de Tyrone, indic’ recruté par le FBI pour infiltrer le BPP. Un personnage double qui subit lui aussi l’époque, et peut-être même encore plus de par son ambiguïté.
L’auteur met également un point d’honneur à nous entraîner dans l’atmosphère de cette époque en omettant aucun détail… Non seulement, son écriture tranchante, brutale et sèche renvoie directement à l’ambiance mais il ponctue également sa « fiction historique » de bout de réel discours, ainsi que de nombreux morceaux de musique révolutionnaires de l’époque tels « I’m Black and I’m Proud » de James Brown, ou encore « How Many More Time » de Led Zeppelin. Un brillant mélange englobant qui ébranle et nous fait vivre les événements. En clair, on s’y croirait… Alors ne le manquez surtout pas !

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Et pour la mémoire, voici le célèbre discours de Martin Luther King… « I have a dream » :

… Ainsi qu’un documentaire « All Power to the People »…

Et enfin, le lien vers un site dédié au BPP qui notamment donne accès à certains journaux du Parti :
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« Les Bûchers d’Isabelle la Catholique » de Didier Nebot

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Résumé : 

À travers l’histoire d’une pierre sacrée provenant du Temple de Jérusalem que se transmet de générations en génération la famille Tobias, ce livre relate les épreuves et les souffrances de cette famille juive en Espagne au siècle d’Isabelle la Catholique, jusqu’à son expulsion en 1492 vers le Maghreb.

Mon avis : ♥♥♥♥♥

Me voilà bien perplexe au sortir de cette lecture ! Si j’ai aimé suivre la famille Tobias sur plusieurs générations, j’ai été complètement déçu des derniers chapitres de ce roman et révolté par les deux derniers, ainsi que par le manque de rigueur dans la relecture avant impression de ces pages !
Pour être plus précise, j’ai réellement apprécié la retranscription historique romantisée à travers l’évolution de cette famille juive. C’est un fait que je ne peux pas retirer à l’auteur ! J’étais même encline à mettre une super appréciation à cette lecture car j’ai aimé sa plume à ce niveau…
Mais, Mais, Mais… Bien que l’on apprenne de nombreuses choses sur les mœurs juives d’un point de vue social et religieux ainsi que sur les nombreux massacres qu’ils ont subi, je trouve que le roman manque cruellement d’informations sur le plan politique – à l’exception des derniers chapitres avec l’arrivée d’Isabelle l’Infante (page 365) au pouvoir où là l’auteur nous accable de détails. La vision globale laisse donc le ressenti d’un auteur qui peine à se placer entre le roman et le roman « trop » historique ou essai historique comme l’a souligné le blog Topobiblioteca dans sa chronique de l’ouvrage. A cette ambivalence, vient s’ajouter les trop nombreuses fautes et inversions de mots qui à force rendent la lecture peu « professionnelle ».
Enfin, venons-en au dernier point qui a achevé mon avis et ma note. Les deux derniers chapitres nous renvoient en 2016 où l’on suit un descendant de la famille Tobias. Plusieurs passages de ces chapitres m’ont dérangés, voire révoltés par les propos tenus. Sans trop entrer dans les détails pour ne pas spoiler, j’ai trouvé culotter et même malhonnête de décrire les souffrances d’un peuple pour ensuite mettre les pieds dans le plat concernant le conflit israélo-palestinien. Je trouve dommage que l’auteur mette tant de cœur à témoigner pour rendre l’honneur légitime à ces familles qui ont souffert et en vienne ensuite à presque résumer un conflit qui dure depuis plus de 50 ans en deux chapitres. Ceci n’est aucunement une prise de partie, mon blog n’est pas là pour cela ! Mais je ne peux pas rester insensible à mon ressenti et je pense que ces deux derniers chapitres sont inutiles à l’histoire, d’une analyse grossière et surfaite de la situation, ainsi que limite-limite sur les propos tenus vis-à-vis de la communauté musulmane, voire même potentiellement dangereux dans un contexte sensible qui est le nôtre actuellement !
Je remercie néanmoins Babelio et l’édition Erickbonnier pour l’envoi de cet ouvrage et j’espère que mes propos ne seront ni déformés ni mal interprétés car ils sont tous accompagnés d’un profond respect et d’une envie d’amour, de paix et de fin de scission entre les Hommes !

 

« Au-revoir là-haut » de Pierre Lemaitre


Résumé : 

1918. Rescapés du chaos de la Grande Guerre, Albert et Edouard, deux amis liés par le sort; comprennent que la France, si elle glorifie ses morts, ne donne pas de place aux survivants. Condamnés à l’exclusion, ils imaginent alors une arnaque d’envergure nationale, d’une audace inouïe et d’un cynisme absolu.

Mon avis : ♥♥♥♥♥

Me voilà réconciliée et même complètement disposée à l’égard de Pierre Lemaitre grâce à cette oeuvre ! J’étais au départ sceptique n’ayant que peu appréciée « Trois jours et une vie » de l’auteur et titillée par la peur de la déception avec tout le foin que ce livre a reçu, mais il faut dire quand même que ce roman a de bons arguments pour se laisser convaincre ! De mon côté, ce n’est pas le Prix Goncourt qui m’a attiré mais pour commencer la période vue sous un autre angle, puis vos chroniques toutes plus belles les unes que les autres et enfin… la réalisation du film par Dupontel ! Au final, je viens avec cette chronique vous parler d’un coup de cœur qui m’a tiré les larmes, une tragédie coup de poing profondément humaine sur une période inhumaine. Un roman qui ne laisse rien au hasard et qui pourrait être le support d’une analyse poussée en littérature…
« Je te donne rendez-vous au ciel où j’espère que Dieu nous réunira. Au revoir là-haut, ma chère épouse… » Derniers mots écrits par Jean Blanchard, le 4 décembre 1914.
On suit deux protagonistes « centraux », Albert et Edouard, rescapés de guerre, du moins dans la forme… Car bien que le livre commence à la fin de la guerre et nous les présentes comme deux soldats qui ont survécus, ils restent deux écorchés de guerre marqués par celle-ci. La guerre est une ombre fantomatique qui poursuit les personnages et malgré l’armistice signé elle ne semble jamais finie, elle plane dans leurs vies marquées au fer dans leurs corps et leurs esprits comme une dépossession de soi. Pour l’un physiquement, Edouard qui a perdu la moitié de son visage en sauvant Albert, et pour Albert psychologiquement, sursautant à chaque bruit. Une vie donc qui se poursuit, mais sur les décombres que la guerre a laissé.
Autour d’eux viennent d’autres personnages tout aussi importants, le père d’Edouard, Mr Péricourt, riche et très haut placé ainsi que le lieutenant Pradelle, une sombre ordure qui réussi en piétinant les autres (je ne peux pas en dire plus…!). Deux personnages qui ont presque autant de place que nos deux héros et qui représentent disons le côté obscur : le mal, l’injustice et la luxure. Si pour le premier, la rédemption se fait sentir, l’autre restera une figure maléfique durant tout le roman. On se plait à le haïr de pages en pages, souhaitant toujours un peu plus sa déchéance. Face eux, deux autres figures apparaissent, comme leurs doubles bénéfiques, la sœur d’Edouard, Madeleine, et une bonne travaillant pour Mr Péricourt, Pauline, incarnation de l’ange dans sa douceur et sa pureté. Si je parais tant insister sur les notions bibliques, ce n’est pas anodin. En effet, j’ai vraiment ressentie à plusieurs passages du livre la référence à Dieu, au Paradis et à l’Enfer, cela dans la personnalité des personnages qui entourent Albert et Edouard ; dans la Maison Péricourt prenant tout l’espace, immense et représentant la Maison paternelle, la Maison du Père ; ou bien directement dans le champs lexical du roman tel que la phrase écrite plus haut par un soldat faisant référence à Dieu et ouvrant l’ouvrage, ou encore dans des passages précis. Mais encore une fois, je ne peux pas trop en dire, j’arrête donc l’analyse ici. Quoiqu’il en soit ou « ainsi soit-il », la moralité dans ce livre est la pierre angulaire et nos deux héros sont au milieu combattant leur propre moralité dans un monde totalement immoral, ce sera d’ailleurs le combat principal d’Albert durant tout le livre.
L’arnaque, quant à elle, n’est que secondaire. Elle sert seulement à alimenter l’histoire, qui cherche plutôt à analyser les mouvements du cœur humain dans l’après-guerre. Une analyse bouleversante de la société, de la désolation laissée par la guerre dans le cœur des hommes mais aussi dans leurs rapports aux autres. Cette guerre qui n’en finit pas malgré l’armistice et qui laisse sa trace. Pierre Lemaitre analyse donc la manière de chacun de tenter de dépasser la guerre (souvent en vain), d’avancer sur ce champs de cadavres Patriotiques. Mais également l’analyse d’un gouvernement tyran qui a envoyé SES « enfants » à la guerre et n’a que peu d’estime sur SES sacrifices, ne sachant que faire de tous SES morts, malgré l’apparat déployé. Un gouvernement qui fait semblant de s’intéresser, de glorifier SES morts par des monuments mais laissant SES rescapés à l’abandon peut-être pour écarter SES témoins gênants. Voilà, un autre aspect intéressant de ce roman : l’être et le paraître en maître-mots surplombant la désolation humaine et sociétale.
On retrouve d’ailleurs cela à travers Edouard qui quotidiennement se crée des masques pour recouvrir son visage meurtri par la guerre. Pour couvrir sa perte d’identité avec la perte de son visage comme les soldats morts sans nom qui eux ne retrouveront jamais leur identité. Des masques comme une possibilité de se réécrire, de se transformer en ce que l’on veut être… Du moins, en apparence ! Et une arnaque montée en tant que revanche sur la guerre dirigée vers l’Etat mais pas seulement car sans trop vous en dire la relation au père est également très importante dans cette histoire… 
Ce roman n’est pas seulement un roman, à la manière des premiers romans d’analyse du XVIIème, Pierre Lemaitre a su nous plonger dans une période assez éloignée pour être glorifier mais aussi assez proche pour être imprégnée en nous comme vraisemblable mêlant ainsi fiction et véracité avec brio. Une magnifique oeuvre contemporaine qui attire notre attention sur la guerre comme autre chose que des poilus dans des tranchées combattant les méchants Boches. Une vision élargie de ce que nous apprend le secondaire à travers nos livres d’histoire et nos monuments aux morts implantés  partout en France. Pour finir, je vous dirais seulement : lisez-le ! Et j’ai vraiment hâte de voir l’adaptation de Dupontel qui j’en suis sûre a su retranscrire magnifiquement grâce à son style le cynisme et la fatalité de cette histoire.

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Post-scriptum : Quel magnifique titre rendant hommage et honneur à ce soldat mort au front et écrivant pour la dernière fois à sa femme. Pour tout vous dire, rien que la découverte de ce titre et du pourquoi à l’entrée du roman m’a bouleversé. Je le trouve empli de poésie et d’amour. Un superbe adieu renfermant l’espoir de se revoir…

« La leçon d’allemand » de Siegfried Lenz

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Résumé :

Enfermé dans une prison pour jeunes délinquants située sur une île au large de Hambourg, Siggi Jepsen est puni pour avoir rendu copie blanche lors d’une épreuve de rédaction. Ce n’est pas qu’il n’ait rien à dire sur le sujet « Les joies du devoir », au contraire… Bientôt lui reviennent à la mémoire les évènements qui ont fait basculer sa vie. Son père , officier de police, est contraint en 1943 de faire appliquer la loi du Reich et ses mesures antisémites à l’encontre de l’un de ses amis d’enfance, le peintre Max Nansen (dérrière lequel on peut reconnaître le grand Emil Nolde). A l’insu de son père , Siggi devient le confident de l’artiste et va l’aider à mettre en sécurité ses toiles clandestines. Sa passion pour l’œuvre le conduit ainsi au refus de l’autorité paternelle et à une transgression (un vol dans une galerie) qui lui vaudra d’être condamné. Mais aux yeux de Siggi, le châtiment porte l’empreinte du zèle coupable de son géniteur.
572 pages

Extrait :

Personnellement, je tiens ma punition – assortie de réclusion et de suppression provisoire de toute visite – pour imméritée ; car je n’expie pas une insuffisance de mémoire ou d’imagination, bien au contraire, cette retraite m’a été imposée parce que, ayant obéi, m’étant mis en quête des joies du devoir, j’ai eu soudain trop de choses à dire ou, du moins, tellement de choses que je ne savais plus, malgré toute ma bonne volonté, par quel bout commencer.
Et, comme ce n’étaient pas des joies quelconques mais les joies du devoir que Korbjuhn voulait nous faire découvrir, décrire, savourer et, surtout célébrer, à qui d’autre pouvais-je songer sinon à mon père Jens Ole Jepsen, à son uniforme, à son vélo de service, à ses jumelles, à sa pèlerine, à sa silhouette voguant sur la crête de la digue, gonflée par l’incessant vent d’ouest.

Mon avis : ♥♥♥♥♥

Voilà une lecture qui me laisse perplexe ! Depuis que je l’ai fini je n’arrive toujours pas à me positionner vraiment sur mon ressenti, à savoir suis-je plutôt triste ou soulager de l’avoir fini… Incroyable mais vrai ! J’ai mis du temps à distiller le nuage de son ambiance et de ses personnages de mon esprit (du moins, plus de temps que pour d’autres lectures) car j’ai appris au fil des pages à les aimer pour diverses raisons, je m’étais même habituée à eux – je me suis sentie laisser sur ma fin – et en même temps, quel soulagement d’avoir fini le dernier mot de ce pavé !!! C’est donc une chronique un peu paradoxale que je vais vous écrire sur ce livre. Je ne peux décidément pas faire autrement :/
L’histoire et les souvenirs de Siggi qui lui reviennent – pour écrire sa rédaction sur « Les joies du devoir » – nous plongent dans une Allemagne restrictive en pleine Seconde guerre Mondiale, où son père doit faire appliquer les décisions du Reich et principalement celle de l’interdiction de peindre qu’il est assigné à faire respecter auprès de son ami d’enfance le peintre Max Ludwig Nansen. On navigue alors entre l’amitié sincère qui lie Siggi et le peintre, l’endoctrinement du père et le questionnement sur « le devoir aveugle et sans réflexion » qui en découle ainsi que la prise de position de Siggi, enfant à l’époque, face à ce père aux œillères immuables. J’ai vraiment aimé suivre cette histoire ainsi que les personnages tous plus réels les uns que les autres. Le récit ne traitant d’aucun faits de guerre sort du lot de toutes les lectures que j’ai pu avoir sur cette période atroce. Mais je ne peux pas parler de ce livre sans en venir aux descriptions minutieuses voir perfectionnistes de son auteur…
Et c’est là le hic, c’est là que je ne me positionne pas du tout. Le décor est décortiqué, les personnages sont scrutés, aucun détails ne manquent. On pourrait dire que l’écrit se veut aussi détaillé qu’une peinture, dont on parle durant tout le récit. C’est à la fois poétique, profond et hypnotisant mais sur 572 pages on peut largement se dire que l’histoire à proprement parlé tiendrait sur 200… Je me suis souvent essoufflée dans ce décor gris, je l’ai trouvé magnifique mais aussi lourd, long et ennuyeux. Je me suis perdue dans le dédale des mots, des idées, des divagations qui pour aller d’un point A à un point B ne font que slalomer en s’arrêtant sur chaque détails – parfois insignifiant. Alors je ne peux qu’affirmer mon soulagement d’en avoir fini avec la lourdeur et la lenteur de ce livre.
Bien que je sois soulagé d’être passé à une autre lecture, je reste tout de même très contente d’avoir été au bout de ce récit que j’ai apprécié pour sa profondeur. Je ne saurai vous dire s’il faut vous jeter dessus ou l’éviter, mais une chose est sûre si vous n’aimez pas la description, ne vous y aventurez pas : vous deviendriez fous 🙂
Les + : un questionnement profond sur l’endoctrinement et des descriptions superbes mettant la nature et surtout la mer à l’honneur.
Les – : des descriptions exceptionnellement longues qui donnent au récit une lourdeur et une lenteur monumentale.

Livre lu dans le cadre du Challenge 1 pavé par mois organisé par « Des livres, des livres »

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Merci à Bianca pour ce challenge !

« L’héritage des templiers » de Steve Berry

Dans un premier temps, je tenais à m’excuser je n’ai pas pu faire « mon samedi Fémina » ce samedi… Les fêtes approchants à grands pas, je me suis retrouvée envahie par le monde, chose dont je ne vais absolument pas me plaindre =) Ce mea culpa fait, je vous propose de passer à nos moutons historiques !

 

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Résumé :

1118 : Jérusalem, Terre sainte. Neuf chevaliers créent un ordre militaires, les « Pauvres Chevaliers du Christ ». Le roi Baudoin II de Jérusalem leur cède pour résidence une partie de son palais, bâti sur les ruines du Temple de Salomon. Ils deviennent les « chevaliers du Temple », puis les « Templiers ».
1307 : Jacques de Molay, le grand maître de l’ordre des Templiers, est arrêté sur ordre de Philippe le Bel et livré à l’Inquisition. Il garde le silence sur le déjà célèbre trésor des Templiers.
2006 : Cotton Malone, ex-agent du département de la Justice américaine, et son amie Stéphanie Nelle entrent en possession de documents troublants relatifs à la nature du trésor des Templiers. Commence alors une quête à la fois historique, érudite et périlleuse, qui les mènera à Rennes-le-Château, cœur du mystère.
557 pages

Extrait :

« La police est là »
L’homme recula, s’approchant encore du garde-fou sans lâcher l’otage. Inébranlable, il adressait un ultimatum à Malone, le forçait à faire un choix « Il n’y a aucune issue » répéta Malone.
L’homme resserra son emprise sur l’otage avant de faire quelques pas en arrière; il était à présent adossé au garde-fou et rien ne les séparait plus du vide.
La panique s’évanouit de son regard et un calme soudain l’envahit. Il repoussa la vieille dame et Malone la rattrapa avant qu’elle ne perde l’équilibre. L’homme se signa et, agrippant toujours le sac de Stéphanie, se précipita par-dessus la balustrade en hurlant « Baussant » avant de se trancher la gorge.
L’otage poussa un hurlement au moment où la police pénétrait sur la terrasse.
Malone la lâcha pour se ruer vers la balustrade.
L’homme au blouson rouge était étendu sur les pavés, trente mètre plus bas.
Malone se retourna pour observer le ciel, par-delà le drapeau danois, le Dannebrog – croix blanche sur fond rouge – qui flottait toujours au-dessus de l’observatoire sauf aujourd’hui, par manque de vent.
Qu’avait donc regardé l’homme au blouson rouge? Pourquoi avait-il sauté?

Mon avis : ♥♥♥♥♥

Encore un roman où mon avis est très mitigé !! Les deux personnages principaux (du moins, au début) sont très attachant et agréable. Malone ancien policier converti en libraire, s’est crée une vie bien tranquille loin de toutes les catastrophes et les horreurs de son ancien métier. Et le jour où son ancienne patronne, Stéphanie Nelle,  vient passer quelques jours  dans son quartier, pour soit disant se reposer, il est ravi à l’idée de la revoir. Mais, c’est ici que les choses se corsent, un homme cherche à voler le sac de Stéphanie puis se suicide en criant un mot de ralliement des Templiers (vieux de plus de 700 ans); sa patronne se met ensuite à le snober puis se fait attaquer par des hommes qui la traquent… Ne voulant rien lui dire dans un premier temps, elle finit par tout lui raconter comprenant que sa vie est réellement en danger mais sans vraiment en connaître la cause. En effet, quelques jours avant, elle à reçu le carnet personnel contenant les recherches de son ex mari – chercheur et écrivain sur le sujet du trésor des templiers – qui s’est suicidé 11 ans plus tôt. Elle a donc décidé de continuer l’enquête en souvenir de celui-ci ainsi que pour se racheter de sa conduite envers lui. Mais elle avait clairement sous-estimée l’ampleur de ces recherches et tout deux se retrouvent alors embarqués dans une drôle d’aventure !
Bon, l’histoire est chouette et démarre sur les chapeaux de roue, je me suis d’emblée dit que j’allais adoré ! C’est, effectivement, un sujet qui me passionne et en plus, Dan Brown (que j’adore, rien d’étonnant quand on connaît les sujets qu’il aborde =) le recommande vivement. Et bien j’ai été rapidement déçu, après ce départ incroyable, on se voit stagner durant 200/250 pages où rien n’est très intéressant apart quelques petites choses par ci par là… En faite tout est concentré au début et à la fin, du coup la plus grande partie du livre manque cruellement d’action et d’histoire !! Ce qui est malheureux, c’est que quelqu’un qui le lirait comme ça pourrait vite décrocher alors, que la fin, de part le raisonnement historique qui en découle, est tout simplement incroyable de possibilité et fabuleusement enrichissante sur le sujet. Je dois avouer que j’ai tout de même eu du mal à certains moments mais  je déteste abandonner un livre. Heureusement car je suis quand même contente d’avoir découvert cette fin qui a remonter mon jugement sur ce livre.
Du coup, pour les passionnés, à lire tout de même car la fin est vraiment vraiment incroyable et fait réfléchir à une autre vision de cet ordre militaire ainsi que sur notre histoire religieuse mais en s’attendant à un peu s’ennuyer dans le déroulement et pour les moins intéressés, c’est à vous de voir…
Les + : la fin très enrichissante historiquement et d’une grande possibilité, de quoi voir encore ce point d’interrogation religieux d’une autre manière
Les – : grand manque d’action après ce début saisissant qui va parfois jusqu’à l’ennui

Livre lu dans le cadre du Challenge 1 pavé par mois organisé par « Des livres, des livres »

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Merci à Bianca pour ce challenge !