« La leçon d’allemand » de Siegfried Lenz

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Résumé :

Enfermé dans une prison pour jeunes délinquants située sur une île au large de Hambourg, Siggi Jepsen est puni pour avoir rendu copie blanche lors d’une épreuve de rédaction. Ce n’est pas qu’il n’ait rien à dire sur le sujet « Les joies du devoir », au contraire… Bientôt lui reviennent à la mémoire les évènements qui ont fait basculer sa vie. Son père , officier de police, est contraint en 1943 de faire appliquer la loi du Reich et ses mesures antisémites à l’encontre de l’un de ses amis d’enfance, le peintre Max Nansen (dérrière lequel on peut reconnaître le grand Emil Nolde). A l’insu de son père , Siggi devient le confident de l’artiste et va l’aider à mettre en sécurité ses toiles clandestines. Sa passion pour l’œuvre le conduit ainsi au refus de l’autorité paternelle et à une transgression (un vol dans une galerie) qui lui vaudra d’être condamné. Mais aux yeux de Siggi, le châtiment porte l’empreinte du zèle coupable de son géniteur.
572 pages

Extrait :

Personnellement, je tiens ma punition – assortie de réclusion et de suppression provisoire de toute visite – pour imméritée ; car je n’expie pas une insuffisance de mémoire ou d’imagination, bien au contraire, cette retraite m’a été imposée parce que, ayant obéi, m’étant mis en quête des joies du devoir, j’ai eu soudain trop de choses à dire ou, du moins, tellement de choses que je ne savais plus, malgré toute ma bonne volonté, par quel bout commencer.
Et, comme ce n’étaient pas des joies quelconques mais les joies du devoir que Korbjuhn voulait nous faire découvrir, décrire, savourer et, surtout célébrer, à qui d’autre pouvais-je songer sinon à mon père Jens Ole Jepsen, à son uniforme, à son vélo de service, à ses jumelles, à sa pèlerine, à sa silhouette voguant sur la crête de la digue, gonflée par l’incessant vent d’ouest.

Mon avis : ♥♥♥♥♥

Voilà une lecture qui me laisse perplexe ! Depuis que je l’ai fini je n’arrive toujours pas à me positionner vraiment sur mon ressenti, à savoir suis-je plutôt triste ou soulager de l’avoir fini… Incroyable mais vrai ! J’ai mis du temps à distiller le nuage de son ambiance et de ses personnages de mon esprit (du moins, plus de temps que pour d’autres lectures) car j’ai appris au fil des pages à les aimer pour diverses raisons, je m’étais même habituée à eux – je me suis sentie laisser sur ma fin – et en même temps, quel soulagement d’avoir fini le dernier mot de ce pavé !!! C’est donc une chronique un peu paradoxale que je vais vous écrire sur ce livre. Je ne peux décidément pas faire autrement :/
L’histoire et les souvenirs de Siggi qui lui reviennent – pour écrire sa rédaction sur « Les joies du devoir » – nous plongent dans une Allemagne restrictive en pleine Seconde guerre Mondiale, où son père doit faire appliquer les décisions du Reich et principalement celle de l’interdiction de peindre qu’il est assigné à faire respecter auprès de son ami d’enfance le peintre Max Ludwig Nansen. On navigue alors entre l’amitié sincère qui lie Siggi et le peintre, l’endoctrinement du père et le questionnement sur « le devoir aveugle et sans réflexion » qui en découle ainsi que la prise de position de Siggi, enfant à l’époque, face à ce père aux œillères immuables. J’ai vraiment aimé suivre cette histoire ainsi que les personnages tous plus réels les uns que les autres. Le récit ne traitant d’aucun faits de guerre sort du lot de toutes les lectures que j’ai pu avoir sur cette période atroce. Mais je ne peux pas parler de ce livre sans en venir aux descriptions minutieuses voir perfectionnistes de son auteur…
Et c’est là le hic, c’est là que je ne me positionne pas du tout. Le décor est décortiqué, les personnages sont scrutés, aucun détails ne manquent. On pourrait dire que l’écrit se veut aussi détaillé qu’une peinture, dont on parle durant tout le récit. C’est à la fois poétique, profond et hypnotisant mais sur 572 pages on peut largement se dire que l’histoire à proprement parlé tiendrait sur 200… Je me suis souvent essoufflée dans ce décor gris, je l’ai trouvé magnifique mais aussi lourd, long et ennuyeux. Je me suis perdue dans le dédale des mots, des idées, des divagations qui pour aller d’un point A à un point B ne font que slalomer en s’arrêtant sur chaque détails – parfois insignifiant. Alors je ne peux qu’affirmer mon soulagement d’en avoir fini avec la lourdeur et la lenteur de ce livre.
Bien que je sois soulagé d’être passé à une autre lecture, je reste tout de même très contente d’avoir été au bout de ce récit que j’ai apprécié pour sa profondeur. Je ne saurai vous dire s’il faut vous jeter dessus ou l’éviter, mais une chose est sûre si vous n’aimez pas la description, ne vous y aventurez pas : vous deviendriez fous 🙂
Les + : un questionnement profond sur l’endoctrinement et des descriptions superbes mettant la nature et surtout la mer à l’honneur.
Les – : des descriptions exceptionnellement longues qui donnent au récit une lourdeur et une lenteur monumentale.

Livre lu dans le cadre du Challenge 1 pavé par mois organisé par « Des livres, des livres »

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Merci à Bianca pour ce challenge !

« L’héritage des templiers » de Steve Berry

Dans un premier temps, je tenais à m’excuser je n’ai pas pu faire « mon samedi Fémina » ce samedi… Les fêtes approchants à grands pas, je me suis retrouvée envahie par le monde, chose dont je ne vais absolument pas me plaindre =) Ce mea culpa fait, je vous propose de passer à nos moutons historiques !

 

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Résumé :

1118 : Jérusalem, Terre sainte. Neuf chevaliers créent un ordre militaires, les « Pauvres Chevaliers du Christ ». Le roi Baudoin II de Jérusalem leur cède pour résidence une partie de son palais, bâti sur les ruines du Temple de Salomon. Ils deviennent les « chevaliers du Temple », puis les « Templiers ».
1307 : Jacques de Molay, le grand maître de l’ordre des Templiers, est arrêté sur ordre de Philippe le Bel et livré à l’Inquisition. Il garde le silence sur le déjà célèbre trésor des Templiers.
2006 : Cotton Malone, ex-agent du département de la Justice américaine, et son amie Stéphanie Nelle entrent en possession de documents troublants relatifs à la nature du trésor des Templiers. Commence alors une quête à la fois historique, érudite et périlleuse, qui les mènera à Rennes-le-Château, cœur du mystère.
557 pages

Extrait :

« La police est là »
L’homme recula, s’approchant encore du garde-fou sans lâcher l’otage. Inébranlable, il adressait un ultimatum à Malone, le forçait à faire un choix « Il n’y a aucune issue » répéta Malone.
L’homme resserra son emprise sur l’otage avant de faire quelques pas en arrière; il était à présent adossé au garde-fou et rien ne les séparait plus du vide.
La panique s’évanouit de son regard et un calme soudain l’envahit. Il repoussa la vieille dame et Malone la rattrapa avant qu’elle ne perde l’équilibre. L’homme se signa et, agrippant toujours le sac de Stéphanie, se précipita par-dessus la balustrade en hurlant « Baussant » avant de se trancher la gorge.
L’otage poussa un hurlement au moment où la police pénétrait sur la terrasse.
Malone la lâcha pour se ruer vers la balustrade.
L’homme au blouson rouge était étendu sur les pavés, trente mètre plus bas.
Malone se retourna pour observer le ciel, par-delà le drapeau danois, le Dannebrog – croix blanche sur fond rouge – qui flottait toujours au-dessus de l’observatoire sauf aujourd’hui, par manque de vent.
Qu’avait donc regardé l’homme au blouson rouge? Pourquoi avait-il sauté?

Mon avis : ♥♥♥♥♥

Encore un roman où mon avis est très mitigé !! Les deux personnages principaux (du moins, au début) sont très attachant et agréable. Malone ancien policier converti en libraire, s’est crée une vie bien tranquille loin de toutes les catastrophes et les horreurs de son ancien métier. Et le jour où son ancienne patronne, Stéphanie Nelle,  vient passer quelques jours  dans son quartier, pour soit disant se reposer, il est ravi à l’idée de la revoir. Mais, c’est ici que les choses se corsent, un homme cherche à voler le sac de Stéphanie puis se suicide en criant un mot de ralliement des Templiers (vieux de plus de 700 ans); sa patronne se met ensuite à le snober puis se fait attaquer par des hommes qui la traquent… Ne voulant rien lui dire dans un premier temps, elle finit par tout lui raconter comprenant que sa vie est réellement en danger mais sans vraiment en connaître la cause. En effet, quelques jours avant, elle à reçu le carnet personnel contenant les recherches de son ex mari – chercheur et écrivain sur le sujet du trésor des templiers – qui s’est suicidé 11 ans plus tôt. Elle a donc décidé de continuer l’enquête en souvenir de celui-ci ainsi que pour se racheter de sa conduite envers lui. Mais elle avait clairement sous-estimée l’ampleur de ces recherches et tout deux se retrouvent alors embarqués dans une drôle d’aventure !
Bon, l’histoire est chouette et démarre sur les chapeaux de roue, je me suis d’emblée dit que j’allais adoré ! C’est, effectivement, un sujet qui me passionne et en plus, Dan Brown (que j’adore, rien d’étonnant quand on connaît les sujets qu’il aborde =) le recommande vivement. Et bien j’ai été rapidement déçu, après ce départ incroyable, on se voit stagner durant 200/250 pages où rien n’est très intéressant apart quelques petites choses par ci par là… En faite tout est concentré au début et à la fin, du coup la plus grande partie du livre manque cruellement d’action et d’histoire !! Ce qui est malheureux, c’est que quelqu’un qui le lirait comme ça pourrait vite décrocher alors, que la fin, de part le raisonnement historique qui en découle, est tout simplement incroyable de possibilité et fabuleusement enrichissante sur le sujet. Je dois avouer que j’ai tout de même eu du mal à certains moments mais  je déteste abandonner un livre. Heureusement car je suis quand même contente d’avoir découvert cette fin qui a remonter mon jugement sur ce livre.
Du coup, pour les passionnés, à lire tout de même car la fin est vraiment vraiment incroyable et fait réfléchir à une autre vision de cet ordre militaire ainsi que sur notre histoire religieuse mais en s’attendant à un peu s’ennuyer dans le déroulement et pour les moins intéressés, c’est à vous de voir…
Les + : la fin très enrichissante historiquement et d’une grande possibilité, de quoi voir encore ce point d’interrogation religieux d’une autre manière
Les – : grand manque d’action après ce début saisissant qui va parfois jusqu’à l’ennui

Livre lu dans le cadre du Challenge 1 pavé par mois organisé par « Des livres, des livres »

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Merci à Bianca pour ce challenge !