LC Nath & Nina #2 – « Le Cercle » de Bernard Minier

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Résumé :

Pourquoi la mort s’acharne-t-elle sur Marsac, petite ville universitaire du Sud-Ouest ?
Une prof assassinée, un éleveur dévoré par ses propres chiens… et un mail énigmatique, peut-être signé par le plus retors des serial killers
Confronté dans son enquête à un univers terrifiant de perversité, le commandant Servaz va faire l’apprentissage de la peur, pour lui-même comme pour les siens.

L’avis de Nina :

Encore une LC avec toi ma Nath et c’est toujours un immense plaisir que ce partage de lecture même si, cette fois encore, j’ai mis du temps ! Je m’excuse et je loue ton indulgence 🙂 (Note de NathNe t’inquiète pas, je serai indulgente et n’enverrai pas tout de suite Julian Hirtmann sur tes traces…)
Voilà un 2ème roman qui relève amplement le défi ! Bernard Minier nous en met encore plein les yeux avec ses rebondissements et ce récit qui nous tient en haleine jusqu’à la dernière page.
Servaz est entraîné malgré lui sur l’enquête du meurtre particulièrement glauque d’une prof sans histoire à Marsac. C’est par le biais d’une ancienne connaissance (je garde du mystère haha) qui le supplie d’aider son fils accusé du meurtre qu’il se retrouve sur les lieux de ce crime. Un fois sur place, un détail va éveiller sa curiosité, un détail très important… La musique. Celle qui passe lors de la découverte du corps n’est autre que la symphonie de Mahler sur laquelle Hirtmann a assassiné sa femme et son amant. Alors quel lien cette affaire a avec Servaz ?! Pour le savoir, jetez-vous sur le livre 🙂
J’ai vraiment apprécié retrouver notre cher Servaz et son équipe, sa fille mais aussi – et surtout ! – notre cruel méchant, Julian Hirtmann (oui, ne cherchez pas ! J’ai toujours eu un faible pour les super méchants ! (Note de Nath : Ha bon, finalement, je te l’envoie tout de suite, alors ??). Dans cette seconde énigme, on en apprend encore plus sur le commandant en le découvrant sous un autre angle, à savoir un Servaz amoureux avec un passé romantique. Cette histoire lui fait donc prendre encore plus de dimension et m’a confirmé ma tendresse pour le personnage ainsi que mon envie de lire la suite de ses aventures. Quant au lien malsain qui l’uni à Hirtmann ou plutôt celui qui lie Hirtmann à Servaz, je suis complètement adepte !
En bref, encore un thriller haut en couleur qui nous mène par le bout du nez et remplie son rôle à merveille ! Quel pépite ce Minier ! J’en veux encore… ! Vivement la lecture du suivant… Tu es prête Nath ?! Ben oui !!!! J’aimerais bien savoir ce qui est arrivé à……. Chuuuuuuuuuttttt……

L’avis de Nath :

Nouvelle lecture commune avec Nina, du Rest’o Littéraire qui m’a entraînée cette fois dans une spirale infernale… (Note de Nina : et je suis bien heureuse de l’avoir fait ! Mouhahaha…) Second volet des aventures de notre ami Martin Servaz, flic tourmenté de son état.
Même s’il n’est pas forcément indispensable d’avoir lu le premier tome (« Glacé » – mon avis ici), je pense que c’est quand même utile au confort de lecture, dans le sens où pas mal de références sont faites à l’enquête qui s’y était déroulée.
On entre une nouvelle fois dans le vif du sujet dès les premières pages. Je ne sais pas si c’est le fait d’être déjà familiarisée avec l’équipe d’enquêteurs qui en a été responsable mais j’ai eu moins de mal à entrer dans l’histoire qu’avec le premier volet. Je trouve que l’écriture a gagné en maturité, les passages latins que je reprochais au tome 1 se sont espacés, mieux dosés et dans un contexte plus acceptable. On lève un pan de voile sur le passé de Servaz, ce qui le rend moins mécanique et plus humain. Concernant l’intrigue, chaque fois que vous penserez tenir le bon bout, détrompez-vous, vous serez à côté de la plaque ! Les infos pleuvent de partout et c’est un indescriptible méli-mélo qui nous fait nous interroger sur l’utile du superflus… On se demande vraiment où l’auteur souhaite nous mener… Et bien son objectif est tout simplement un emboîtement final grandiose où on a l’impression d’entendre petit à petit les rouages prendre leur place… Vous savez, un peu comme quand les participants à Fort Boyard s’installent sur les bonnes lettres et qu’on entend les éléments se mettre en branle… clac clac clac clac… Et Bingo ! L’énigme est résolue ! Sauf qu’à la clé, ce n’est pas un trésor pour Servaz… C’est même plutôt le contraire…
Deuxième volet donc que j’ai apprécié d’avantage que le premier. Et qui d’ailleurs m’a clairement motivée à entamer le troisième volet… Dis-moi, Nina, toi aussi tu l’entends, l’appel de « N’éteins pas la lumière » ??? (Note de Nina : Alors je ne suis pas folle ! Moi qui pensais entendre des voix haha)

 

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LC avec La Labyrinthèque – « Khadija » de Marek Halter

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Résumé : 

Khadija, prospère femme d affaires, est veuve. Pour conserver sa place au sein de la communauté des riches marchands de La Mecque, elle doit se remarier. Contre toute attente, son choix se porte sur un homme pauvre, inconnu et illettré : Muhammad ibn Abdallah. En dix ans de bonheur, le couple s affirme dans la société mecquoise. Khadija s’impose comme une femme d exception, tandis que la modération et la sagesse de Muhammad conquièrent les puissants. Mais une série de tragédies s’abat sur le pays. Khadija fait preuve d’un courage et d’une force inouïs. La paix revenue, Muhammad s’isole dans le désert et entend un jour la parole divine. Il croit devenir fou, mais Khadija saura se dresser contre tous pour faire entendre la parole nouvelle de son époux, et poser les fondements de l’Islam.

Mon avis :

Ce livre me tenait à cœur depuis longtemps et c’est avec plaisir que j’ai partagé cette lecture avec La Labyrinthèque ! Que, malheureusement, j’ai fait attendre… Encore désolée !
En passionnée d’histoire, mes cours me font plus souvent voyager en Occident. Alors bien sûr, l’Orient m’attire. Qui dit Orient, dit polythéisme de l’Arabie mais ensuite début de l’Islam : de la réception du message d’Allah par Muhammad, à sa diffusion et à l’Hégire qui marque le début du calendrier musulman. Ce livre m’a donc attiré pour son aspect historique mais aussi pour l’angle qu’il met en lumière, à savoir comme le nom de la trilogie l’indique : « Les femmes de l’Islam ». Bien sûr, je suis une femme quoi de plus naturel qu’une pointe de féminisme mais aussi, car souvent « derrière chaque grand homme, il y a une grande femme » ou comme le dit le proverbe arabe du début du roman « Si l’homme était un fleuve, la femme en serait le pont ». Ce proverbe résume bien le lien homme/femme qui se déroule sous nos yeux dans cette histoire… Mais venons-en au livre …
Khadija est la veuve la plus puissante de Mekka, mais malgré cela sa voix ne compte pas. Evidemment, c’est une femme. La tradition veut que les hommes décident, en Orient comme en Occident. Après une razzia dont sa caravane fût la cible, elle remet en cause son veuvage pour plusieurs raisons :
  1. La vengeance. La razzia a été commandée par un puissant de Mekka, Abu Sofyan, qui au même moment la demande en mariage, en énième épouse, pour mettre la main sur sa fortune.
  2. Le pouvoir et la sauvegarde. Sa cousine, Muhavija, la sermonne en lui expliquant qu’un remariage serait la meilleure solution pour elle, pour sa fortune, sa descendance et pour la représenter auprès des grands de la cité.
  3. L’amour et la protection. Elle sait au fond d’elle-même qu’elle est tombée sous le charme de Muhammad ibn ‘Abdallâh. L’un de ceux qu’elle a choisi pour accompagner sa caravane et qui a gagné la bataille lors de la razzia. Celui qui se fera tuer si Abu Sofyan apprend qu’il a tué un des siens. Le sang vengé par le sang.
Elle se laisse donc convaincre, non sans crainte d’être rejetée pour son âge. En effet, elle a une dizaine d’années de plus que Muhammad. Mais celui-ci accepte. Le mariage est célébré et leur amour en ferait rêver plus d’une. Muhammad est un homme aimant, courageux et fidèle. Khadija est une femme forte, indépendante et pleine d’amour pour son mari. Ensuite, on suit la vie de Mekka et ses drames. La vie de Khadija et Muhammad, la naissance de leurs enfants, leurs drames, leurs joies jusqu’au message reçu par Muhammad. Jusqu’à ce que Muhammad devienne le Prophète de cette belle religion qu’est l’Islam.
J’ai aimé cette lecture qui permet d’en apprendre plus sur les mœurs de l’époque et de mettre en avant cette femme qui nous prouve que malgré tout les femmes avaient de l’importance et pouvaient contrer les hommes à leur manière. Je me suis passionnée pour les personnages de Khadija et Muhammad mais aussi les esclavages très présents dans leur vie, comme des membres de la famille. J’ai souvent ri, pleuré et souri. Les chapitres courts et la plume fluide de l’auteur donnent envie de ne jamais pauser le livre. En revanche, j’ai trouvé le début un peu trop long et il m’a manqué la poésie et la magie orientale dans ces lignes. C’est peut-être idiot mais lorsque j’ouvre un livre sur l’Orient, je m’attends à la magie des «Mille et une nuits » et ici, je ne l’ai pas retrouvé. C’est donc pour ces petits regrets que je ne peux pas mettre le livre en coup de cœur, bien que pourtant je me sois délectée de cette lecture. Je ne tarderai pas d’ailleurs à me lancer dans la lecture de la suite : « Fatima », dernière fille au corps de garçon de Khadija et du Prophète, Muhammad.

L’avis de La Labyrinthèque :

Marek Halter rend hommage à une femme de caractère, dont l’amour et la finesse d’esprit imprègneront Muhammad, le futur prophète de l’islam.
Le rythme est assez lent, et ce n’est qu’à la moitié du roman que Khadija, déjà veuve, se marie à Muhammad, de dix ans son cadet.
Commerçant et dirigeant des caravanes, leur existence prospère jusqu’à une série de catastrophes qui frappe la Mecque : peste, sécheresse, pluies diluviennes. Alors que les grands dignitaires s’enfuient en pensant que leur dieu Hobal les a abandonnés, Khadija décide de rester.
De plus en plus dubitatifs quant à la puissance d’Hobal, Khadija et Muhammad apprennent bientôt, grâce à d’anciens parchemins de savoir, l’existence d’un dieu de parole, un dieu qui n’aurait aucune représentation humaine ou animale, et qui purifie les siens par les eaux. Peu avant la mort de Khadija, Muhammad obtiendra la révélation, dans une grotte du désert.
Ce roman permet de comprendre les mœurs et mentalités de l’époque, ainsi que la place réservée aux femmes ; si elles sont certes à l’écart de certains savoirs sacrés ou des assemblées officielles, elles n’en ont pas moins leur mot à dire, comme le prouve Khadija en gérant elle-même ses finances et en s’adressant aux foules pour les convaincre de la félonie des hauts dignitaires ayant fui La Mecque aux heures les plus sombres.
Le roman reste au final assez succinct quant aux évènements historiques, accordant plus de place à des conversations ou des détails qui malheureusement peinent à nous passionner pleinement.
En revanche, l’analyse de la vieillesse chez la femme, entre amertume, révolte et angoisses, est extrêmement réaliste et a le mérite de mettre en valeur une femme « mûre ».

 

LC Nath & Nina #1 – « The Girls » d’Emma Cline

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Résumé :

Evie Boyd, adolescente rêveuse et solitaire, vit au nord de la Californie à la fin des années 1960. Au début de l’été, elle aperçoit dans un parc un groupe de filles. Interpellée par leur liberté, elle se laisse rapidement hypnotiser par Suzanne et entraîner dans le cercle d’une secte. Elle ne s’aperçoit pas qu’elle s’approche à grands pas d’une violence impensable.

L’avis de Nina :

Encore une belle LC avec toi, Nath ! Encore une belle aventure ! Merci pour ce partage !
Depuis le temps que je voulais me plonger dans la lecture de ce roman… Me voilà comblée grâce à cette LC avec Nath de Mes Lectures du Dimanche ! Oubliez tous les commentaires racoleurs que vous avez entendus sur lui : « C’est l’histoire du groupe de Charles Manson, truc de fou, une tuerie (au propre comme au figuré) ! ». Ce magnifique ouvrage n’a pas besoin de ça pour se faire sa place dans la littérature contemporaine et il vaut bien mieux que cette triste réduction, croyez-moi 🙂
L’auteur nous plonge dans la tête d’Evie Boyd à deux âges différents. Une Evie adulte, solitaire et écorchée vive, qui nous raconte l’histoire d’Evie adolescente. Paumée, mal dans sa peau, en quête d’amour et d’aventures. La plus jeune entraînera avec elle le devenir de l’autre, forcément. A quatorze ans, rejetée par sa meilleure amie et face à des parents qui la délaissent, elle va faire la rencontre de Suzanne. Une jeune brune énigmatique qui dégage un aura de liberté avec sa tignasse mal peignée, son air un tantinet provocateur et son groupe d’amies si soudés. Le destin les met plusieurs fois sur la même route, jusqu’à la rencontre décisive où Suzanne emmène  Evie au ranch et lui présente le reste de l’équipe. Russel, le gourou aimé et adulé de tous, et les autres. Pour la plupart : des filles, « The girls ». Les filles capables de tout, les filles au centre du roman de l’auteure, ces filles en mal d’amour mais si puissantes, ensemble. Evie est électrisée et n’a de cesse de vouloir fusionner avec elle, faire partie de ce groupe. Ne faire qu’un avec « les filles » pour affronter la vie. Une plume puissante nous conte les ressentis et les actes, à grand coup de périphrases poétiques et hypnotisantes, nous entraînant au fur et à mesure dans la solitude, les joies du groupe, et la descente rapide dans la violence, jusqu’à la peur, l’abandon et l’irréparable.
Au-delà de la reprise modifiée du faits-divers de 1969, Emma Cline nous offre une analyse en profondeur des recoins du cœur adolescent sous la forme d’un récit didactique. Entre recherche de soi, solitude, peur de l’abandon, besoin d’amour et besoin d’appartenance à un groupe, Evie se retrouve face à sa propre noirceur sous couvert d’une forte envie de faire ses preuves, pour se faire aimer et garder au sein du ranch, auprès de Suzanne. Et elle oscille ainsi, sans cesse, sur le fil du bien et du mal sans se soucier de quel côté ses actions la mènent, tant que le groupe la reconnait. Tant que le groupe de l’abandonne pas !
Au final, on se retrouve tous un peu en Evie. Dans la recherche d’identité, le trouble adolescent et le besoin d’appartenance à un groupe, peut-être pas dans celui-ci, mais dans n’importe quel autre groupe qui a pu croiser notre route au lycée… Ce roman se place au rang d’un livre à faire lire à nos ados, dans la lignée de « L’herbe bleue » ou de « Christiane F » que nos parents nous collaient dans les mains à grands renforts de « Il faut que tu lises ce livre, je t’assure, c’est un classique ! » implorant l’univers qu’il nous écarte à tout jamais des drogues et des mauvaises fréquentations… Un roman universel et intemporel qui offre à la jeune auteure la place d’un « talent à suivre » !

L’avis de Nath :

Aujourd’hui, on va mettre des filles à l’honneur… D’abord une fille, l’adorable Nina, du Rest’o Littéraire, parce qu’elle est la provocatrice de cette nouvelle Lecture Commune. Décider d’une lecture commune, c’est assez facile ! Mais décider de LA lecture commune, ça l’est tout de suite beaucoup moins ! Ayant chacune des PAL à rallonge, il a fallu choisir, et le résumé de « The Girls », qui faisait envie à Nina, a trouvé écho dans mes goûts de lectrice. Ce qui m’a appâtée, c’est que l’histoire est une version romancée du terrible fait divers de 1969, à savoir les meurtres sanglants qu’ont commis les membres de la secte de Charles Manson. (Qui vient de chuchoter que c’est « sanglants » qui m’a appâtée ?? Ouais, ben t’as vu juste !)
C’est un avis à deux vitesses que je vais donner, pour une lecture qui s’achève en demi-teinte pour moi…
Il y a le fond, que j’ai beaucoup aimé : Evie Boyd a 14 ans. On le sait, à cet âge-là, une simple rencontre peut s’avérer catastrophique, tant on est vulnérable et influençable… C’est l’époque où une dispute avec sa meilleure amie peut prendre des proportions inattendues, c’est l’époque où l’on ressent tout puissance 1000… Et justement, Evie traverse une période agitée pour son moral : ses parents se sont séparés, dans un schéma somme toute très classique : papa s’est trouvé une petite jeune après avoir profité longtemps du pognon de maman qui, de son côté, laissée sur le carreau, tente de retrouver jeunesse et beauté en accumulant pathétiquement les relations nouvelles, amicales ou amoureuses, pour s’éloigner le plus possible de ce qu’elle a été avant. Papa et Maman sont donc très occupés à se regarder le nombril, en oubliant leur fille. Déjà démoralisée par sa rentrée toute proche dans un pensionnat, Evie s’embrouille avec sa meilleure amie. Elle se sent seule et incomprise, jusqu’au jour où sa route croise celle de Suzanne et de ses amies. Avec elles, Evie découvre « le ranch », dans lequel elles vivent en communauté, sous la « tutelle » d’un certain Russel, un pseudo-gourou dégoulinant d’amour de l’autre… mouais, je m’arrête là, car je vais devenir cynique… Revenons-en au fond… L’auteur décrit avec, je pense, beaucoup de justesse ce qui peut se passer dans la tête d’un jeune pour qu’il commette l’irréparable, poussé par de mauvaises influences dont il ne reconnaît pas la nocivité, aveuglé qu’il est par le simple fait que quelqu’un semble enfin lui porter de l’intérêt.
Paf ! Nous y voilà ! Je suis une indécrottable révolutionnaire, avec un caractère pourri mais bien trempé. Ce que je veux dire par là, c’est qu’il m’est totalement impossible d’accepter pour seule excuse la faiblesse. Je ne comprends pas. J’ai beau tourner et retourner les faits, les ressentis qui sont décrits avec beaucoup de sensibilité par l’auteur qui a une très jolie plume, rien n’y fait. Je n’accepte pas, je ne peux pas comprendre qu’on puisse se laisser embarquer dans une secte, dans un vol, que sais-je, tout ce genre d’embrouilles dans lesquels Evie plonge la tête la première. Attention qu’il s’agit là simplement de MON avis, et que je reconnais humblement que je suis, pour cela, totalement intolérante. Le livre « Le faire ou mourir » (ma chronique ici) avait déjà déclenché mon agacement, alors que c’est un livre tellement encensé par la critique. Bien sûr, à cet âge-là, comme je le disais plus haut, on est forcément plus fragile et c’est la mère d’Evie qui aurait dû réagir, ressentir l’égarement de sa fille. Je ne dis pas que seuls les êtres mauvais se laissent embarquer. Mais j’ai tendance à croire que la faiblesse est souvent une excuse toute trouvée pour commettre l’irréparable. C’est d’ailleurs là que le bât blesse, car j’ai une histoire personnelle… Ce genre de blabla, j’y ai eu droit quand on m’a fait du mal et qu’on s’est caché, pour s’en excuser, derrière le fait d’avoir été « victime d’un manipulateur capable de retourner les esprits… » …
Bref, si je trouve que l’auteur plante savamment le décor, décrit avec minutie la chute libre qu’a vécue Evie et combien toute sa vie elle a dû en payer le prix, je reste de marbre. Ajoutons à cela une lecture qui s’écoule avec pas mal de langueur, dans un exact reflet de la situation vécue au ranch, vous avez là les ingrédients qui font la partie que je n’ai pas aimée.
Cependant, certaines choses m’ont touchée, comme quand l’Evie adulte fait ressortir à quel point le silence d’une jeune fille peut être assourdissant pour quelqu’un qui sait l’entendre… J’ai aimé que l’auteur souligne que si chacun de nous était plus attentif aux autres, nombre de drames seraient évités. Elle ne le dit pas comme cela, mais c’est le message qu’il me semble que nous devons comprendre. En cela, je la rejoins entièrement. Ce roman sonne comme une mise en garde, et cette partie-là m’a énormément plue. Parce que, toute révolutionnaire que je sois, j’ai un cœur gros comme ça et j’essaie de mon mieux d’être présente pour mon entourage, proche ou moins proche. Et cette constatation que je me fais moi-même tous les jours sur le nombrilisme de notre société me peine. « The Girls », au final, doit pouvoir toucher un large public et être lu comme un avertissement. Ce n’est pas parce que je n’ai pas réussi à comprendre Evie que je ne suis pas consciente des dangers pour nos jeunes, et, en tant que maman, cela me sensibilise d’autant plus à rester attentive…

« Outlander : Le chardon et le tartan » de Diana Gabaldon

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Résumé :

1945. Claire passe ses vacances en Écosse,où elle s’efforce d’oublier la Seconde Guerre mondiale auprès de son mari, tout juste rentré du front. Au cours d’une ballade, la jeune femme est attirée par un mégalithe, auquel la population locale voue un culte étrange. Claire aura tôt fait d’en découvrir la raison : en s’approchant de la pierre, elle se volatilise pour atterrir au beau milieu d’un champs de bataille. Le menhir l’a menée tout droit en l’an de grâce 1743, au cœur de la lutte opposant Highlanders et Anglais. Happée par ce monde inconnu et une nouvelle vie palpitante, saura-t-elle revenir à son existence d’autrefois ?
852 pages

Extrait :

– Franck ! hurlai-je. A quoi tu joues ?
J’étais à la fois soulagée de le trouver ici et furieuse de ce petit jeu idiot. Déjà passablement ébranlé par ma mésaventure dans le cromlech, je n’étais pas d’humeur pour une partie de cache-cache dans les bois.
Les mains libérèrent leur étreinte, mais, avant même de me retourner, je sentis qu’un détail clochait. Ce n’était pas seulement l’eau de Cologne que je ne reconnaissais pas, mais une sensation plus subtile. Je fis volte-face et restai clouée sur place.
– Vous…vous n’êtes pas Franck, balbutiai-je.
Il m’étudia avec un intérêt non dissimulé avant de répondre d’un air amusé :
– C’est un fait. Quoique j’aie un cousin répondant à ce nom. Mais je doute que vous m’ayez confondu avec lui, madame, car nous n’avons pas grand-chose en commun.

Mon avis : ♥♥♥♥♥

J’ai commencé cette lecture en toute hâte depuis le temps que j’en entendais parler et d’autant plus contente que ce livre faisait l’objet d’une lecture commune avec Charlitdeslivres – dont voici la chronique !
Pour faire un court résumé – sachant que pour la plupart soit vous l’avez déjà lu soit vous en connaissez l’histoire – on suit Claire Beauchamps, infirmière pendant la Seconde guerre Mondial, qui retrouve enfin son mari après 7 ans de séparation. Lui, historien et généalogiste passionné, part en quête de ses ancêtres et va l’entraîner un soir près d’un cercle de pierres pour regarder en cachette des « sorcières » y faire une danse. Suite à cela, ils rentrent tranquillement chez eux, mais le lendemain Claire attirée par une plante qu’elle a remarqué là-bas décide d’y retourner. Une fois sur place, l’une des pierres va émettre un bruit et Claire intriguée va s’en approcher, puis la toucher. Là, un bruit sifflant se déclenche et elle se sent sombrer… Quant elle rouvre les yeux, elle se retrouve plongée 200 ans plus tôt en plein cœur d’une guerre opposant les Highlanders et les Anglais.
Cette histoire me donnait tellement envie et évidemment les excellentes critiques aussi, malheureusement j’ai été un peu déçu par cet « opus »… peut-être que j’en attendais trop ou peut-être que je m’étais fait une fausse idée mais je pensais trouver un roman historique dans ces pages, et j’ai plutôt rencontré une romance bien trop présente pour moi. Je me retrouve donc mi-figue mi-raisin à la sortie de cette lecture car malgré cela, j’ai trouvé l’univers génial, les personnages aussi – même si certains me plaisent bien moins que d’autres – et l’écriture limpide de l’auteure invite à ne pas vouloir lâcher son roman.
Mais pour être plus explicite, j’ai eu l’impression d’être plongé dans « Les feux de l’amour » avec cette romance un peu cucu la praline – qui m’a fait levé les yeux au ciel plus d’une fois – mixé à « 50 nuances de Grey » dans un décor trivial et royal des « Tudors ». Après il n’en reste pas moins que j’ai passé un très bon moment avec ce livre mais une chose est sûre j’aurais aimé que l’auteure s’appuie beaucoup, beaucoup plus sur l’aspect historique de cette guerre et de son contexte plutôt que sur la romance des personnages. Surtout que certains raccourcis sont assez douteux comme par exemple : une Claire très sereine de se retrouver en 1743 qui ne fait absolument pas tâche dans le décor. Soyons clair – sans jeux de mots 🙂 – demain je touche une pierre et je me réveille en 1800 je pète un plomb et m’interroge sérieusement sur ma santé mentale ! De surcroît – comme on le disait avec Charlotte – je pense que je ne fais pas long feu avant d’être brûlée vive…! Alors, oui je sais, c’est un roman m’enfin il n’empêche que cet aspect aurait dû être traité plus profondément selon moi !
Pour conclure, suite à ce premier tome qui me laisse encore dans le flou, je vais tout de même m’accrocher au bon côté – à savoir : l’univers et les personnages auxquels je me suis attachée ainsi qu’à l’écriture entraînante et aux aventures rocambolesques – pour voir où nous entraîne le deuxième tome qui d’ailleurs est prévue en continuité de lecture commune avec Charlitdeslivres pour le mois juillet.
Les + : une écriture agréable et une histoire qui se laisse lire toute seule.
Les – : une romance trop présente qui est même le pilier de l’histoire et des aspects de l’intrigue trop peu approfondis.

Lecture entrant dans le Challenge 1 pavé par mois organisé par « Des livres, des livres »

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Merci à Bianca pour ce challenge !