« La nuit de feu » d’Eric-Emmanuel Schmitt

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Résumé :

« Je suis né deux fois, une fois à Lyon en 1960, une fois dans le Sahara en 1989. ». Une nuit peut changer une vie.
À vingt-huit ans, Éric-Emmanuel Schmitt entreprend une randonnée à pied dans le Sahara en 1989. Parti athée, il en reviendra croyant, dix jours plus tard. Loin de ses repères, il découvre une vie réduite à la simplicité, noue des liens avec les Touareg. Mais il va se perdre dans les immenses étendues du Hoggar pendant une trentaine d’heures, sans rien à boire ou à manger, ignorant où il est et si on le retrouvera. Cette nuit-là, sous les étoiles si proches, alors qu’il s’attend à frissonner d’angoisse, une force immense fond sur lui, le rassure, l’éclaire et le conseille.
Cette nuit de feu -ainsi que Pascal nommait sa nuit mystique- va le changer à jamais. Qu’est-il arrivé ? Qu’a-t-il entendu ? Que faire d’une irruption aussi brutale et surprenante quand on est un philosophe formé à l’agnosticisme ?
Dans ce livre où l’aventure se double d’un immense voyage intérieur, Éric-Emmanuel Schmitt nous dévoile pour la première fois son intimité spirituelle et sentimentale, montrant comment sa vie entière, d’homme autant que d’écrivain, découle de cet instant miraculeux.

Mon avis : ♥♥♥♥♥

Ce livre est le résumé d’un voyage, un voyage durant lequel EES se rencontre, rencontre sa foi et une nouvelle confiance en la vie. Il part à 28 ans pour une expédition dans le désert du Hoggar, sur les traces de Charles de Foucault (célèbre prêtre, ermite, vénéré en Algérie et mort en martyr). Ils sont dix à parcourir le désert à pied pendant 10 jours, guidés par un américain et un touareg. Chacun est présent pour des raisons diverses, Eric y va afin de se documenter sur Foucault pour les besoins d’un futur film sur l’homme. Mais c’est avec la foi qu’il reviendra de ce voyage qui le marque à vie.
Au delà des paysages magnifiques que décrits l’auteur et de sa plume poétique et captivante, ce roman autobiographique est un véritable cheminement philosophique sur le IL, le Créateur que nous appelons communément Dieu. Cette pensée philosophique et spirituelle se développe au travers de nombreux dialogues, parfois avec lui-même dans ses propres pensées, mais aussi avec une des participantes profondément croyante ou encore avec le touareg qui les accompagne, ces dialogues étant encore plus poétiques du fait qu’ils sont presque muets et liés à l’instinct. C’est un superbe ballet entre eux que nous offre l’auteur, un échange fraternel, un amour de l’autre malgré la barrière de la langue. Grâce à ces différentes rencontres, jusqu’à l’ultime – celle d’avec lui-même – sa pensée sur Dieu se questionne et se transforme.
Au départ sceptique, il se pose en professeur de philosophie nous balançant cette superbe phrase : « Dieu n’existe que sous la forme de sa question » puis il discute, argumente, se questionne tout de même mais sans vraiment ébranler son athéisme. Puis, viens le moment où il se perd, porté par trop de zèle, au milieu du désert. Il croit mourir et nous raconte un moment particulier de fusion avec l’univers, comme une rencontre avec Dieu, il est illuminé. Suite à cela, il retrouve courage et son point de vue sur le IL change. On assiste alors à la fin du cheminement philosophique, à l’anti-thèse du début. Et si Dieu existait ?
L’instant mystique et initiatique ne fait que deux pages, EES l’a écrit – je pense – simplement car il était nécessaire d’en toucher deux mots pour raconter le bouleversement qu’il a eu pendant ce voyage. Plus comme une nécessité de compréhension de l’histoire que comme une finalité du roman. Cela parait si personnelle que ces deux pages sont précisément ce qui suffit à l’ouvrage pour être encore plus mis en valeur. Modeste et humble, l’auteur se livre sans chercher à convaincre.
De mon côté, j’ai été profondément ébranlée par cette lecture qui m’a poussé dans mes retranchements d’athée convaincue, maintenant plus si convaincue. Et malgré y avoir pensé et repensé, j’ai trouvé très délicat de parler de ce livre. Je ne suis pas sûre d’avoir trouvé les mots justes, je crois que cet écrit est fait pour être lu et non pour être raconté ou commenté… J’espère néanmoins vous avoir donné envie !

coup de coeur

 

 

« Mr Mercedes » de Stephen King

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Résumé :

Midwest 2009. Un salon de l’emploi. Dans l’aube glacée, des centaines de chômeurs en quête d’un job font la queue. Soudain, une Mercedes rugissante fonce sur la foule, laissant dans son sillage huit morts et quinze blessés. Le chauffard, lui, s’est évanoui dans la brume avec sa voiture, sans laisser de traces. Un an plus tard. Bill Hodges, un flic à la retraite, reste obsédé par le massacre. Une lettre du tueur à la Mercedes va le sortir de la dépression et de l’ennui qui le guettent, le précipitant dans un redoutable jeu du chat et de la souris.
Avec ce polar très noir, véritable plongée dans le cerveau d’un psychopathe qui ferait passer Norman Bates pour un enfant de chœur, Stephen King démontre une fois encore son époustouflant talent de conteur, qui s’affranchit des frontières et des genres.

Mon avis : ♥♥♥♥♥

Prix Edgar-Allan-Poe 2015 du meilleur roman et sérieusement les petit loups, il le mérite grandement et même plus. C’est le premier volume d’une trilogie ayant pour personnage central, Bill Hodges, flic à la retraite torturé et suicidaire. Et pour ma part, je vais lire la suite plutôt deux fois qu’une 🙂
Revenons à Bill (pour planter le décor initial), imaginez la déprime d’un excellent flic à la retraite qui n’a plus que la télé et ces émissions de merde pour combler ses journées. Plus les jours passent, plus il déprime et plus il joue de près avec le flingue de son père… Puis, un matin il reçoit une lettre de « Mr Mercedes », un tueur (ou terroriste) qui à fait 8 victimes et de multiples blessés en leur fonçant dessus en voiture. La lettre est provocante, immonde et le tueur cherche le dialogue avec notre bon vieux Hodges. On voit alors, le héros sortir de sa torpeur et revenir à la vie pour tenter de résoudre cette affaire jusqu’ici irrésolue.
Et là, vous vous dites : « Ouais, décor et personnage typique des thrillers/polars que ce soit à la télé ou en roman ! ». Je ne peux qu’acquiescer sur ce point de départ, mais c’est sans compter sur le talent de notre écrivain… Il nous apporte ce petit plus qui fait que pas une seconde vous aurez envie de poser le livre ou de comparer ses personnages à n’importe lesquels que vous avez déjà connus ! King nous fait frissonner d’horreur en nous plongeant dans la tête du meurtrier, le livre s’articulant entre l’avancée de Bill et ses aventures, et celles du tueur. En tant que lecteurs, on sait donc quasiment dès le début le nom et l’histoire de cette raclure, ce qui m’a fait repenser à un livre que j’avais beaucoup aimé (bien qu’atroce) « La mort est mon métier » de Robert Merle et l’on sent la pression grandir et l’étau se resserrer de plus en plus sur Hodges.
En bref, j’ai été hypnotisé et je suis plus qu’impatiente de lire la suite. La seule ombre au tableau est le côté mystique du roman qui vous fera automatiquement penser aux horribles attentats que la France a connu… Écrit en amont, il sonne presque comme une « prophétie » et c’est assez déstabilisant et horriblement triste. Mais pour finir sur une note positive, si vous doutez de la possibilité de King de nous faire vibrer avec un polar classique, lisez-le et voyez par vous-même !

coup de coeur

 

« D’après une histoire vraie » de Delphine de Vigan

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Mon avis : ♥♥♥♥♥

Comme vous le voyez je ne commence pas cette chronique de manière habituelle… Et pour cause : ce roman doit être lu à l’aveugle pour être apprécié ! Comme nous le montre la quatrième de couverture qui reste bien mystérieuse, je vais m’aventurer ici dans un article qui le sera tout autant. J’ai donc zappé le résumé ainsi que l’extrait et je poursuis en vous disant que ce livre a été un vrai coup de cœur mais que je ne vous dévoilerai rien de son histoire à proprement parlé !
Un chose est sûre, une tension étrange nous prend à chaque chapitre qui comme une araignée tisse sa toile nous envahit phrases après phrases et nous donne envie de ne plus arrêter de lire. Je dis étrange car cela ne relève pas vraiment d’une intrigue – et en même temps si, un peu – mais d’une intimité créée par l’auteure, une proximité, une mise à nue, un don de soi, une relation étroite qu’elle installe avec nous, lecteur. Puis s’ensuit un flou entre réalité et fiction, comme un arrière goût de « Shutter Island », qui nous laisse sur un « comprenez ce que voulez » brillamment amené.
J’ai rencontré une auteure pour laquelle j’ai eu un vrai coup de cœur dont la plume fluide et unique m’a bouleversé par sa sincérité. Par plusieurs fois, elle m’a pris à la gorge et au contraire de ce que dit Basil – notre célèbre peintre du Portrait de Dorian Gray – à propos de son œuvre [chap.1/p.65-66] : « je refuse de mettre mon âme à nu devant ces yeux indiscrets et superficiels. Jamais je ne placerai mon cœur sous leur microscope. Il y a bien trop de moi même dans ce tableau, Harry, infiniment trop ! », Delphine, elle, le fait et magnifiquement bien de surcroît…

coup de coeur

« Dysfonctionnelle » d’Axl Cendres

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Résumé :

Fidèle, alias Fifi, alias Bouboule, grandit dans une famille dysfonctionnelle. Papa enchaîne les allers-retours en prison, Maman à l’asile. Mais malgré le quotidien difficile, Fidèle vit des moments de joie, entourée de ses six frères et sœurs aux prénoms panachés : Alyson, JR, Dalida, Jésus… Cette tribu un peu foldingue demeure « Au bout Du Monde », le bar à tocards que tient le père dans Belleville. A l’adolescence, la découverte de son intelligence précoce mène Fidèle à « l’autre » bout du monde : un lycée des beaux quartiers où les élèves regardent de haut son perfecto, ses manières de chat de gouttière. mais c’est aussi là que l’attend l’amour, le vrai, celui qui transforme… Celui qui sauve.

Extrait :

« Le prends pas pour toi, m’a dit mon père, mais j’ai jamais voulu avoir d’enfants. »
J’allais répondre : « Pourquoi je le prendrais pour moi ? Je suis juste ta fille » – mais l’ironie, il comprenait plus.
C’était le jour de son énième sortie de prison ; là, il avait pris deux mois ferme pour la même raison que les autres fois : il était au mauvais endroit, au mauvais moment.
On était face à face sur la banquette en vieux simili-cuir griffé d’un steak house, au milieu de l’autoroute qui allait nous ramener vers Paris, et il engloutissait sa viande sanglante comme un homme des cavernes.
J’étais la seule à être venue le chercher.
« Pourquoi t’en as eu sept,a lors , » je lui ai demandé.
« Hein ? »
« Pourquoi t’as eu sept enfants, puisque tu dis que t’as jamais voulu en avoir ? »
« Parce que j’aimais faire l’amour à ta mère, tiens ! Mais ces foutus catholiques, y sont contre la contraception et l’avortement… »
« Tout s’explique… »

Mon avis : ♥♥♥♥♥

Cela faisait un moment que je n’avais pas eu de coup de cœur, même si j’ai eu de très belles lectures ces derniers temps il me manquai le petit truc en plus.. Chose que j’ai trouvé dans ce roman jeunesse du tonnerre – à lire tout de même à un certain âge !!! Je vous présente donc un coup de cœur aujourd’hui avec ce livre 😀
Voici une plume aussi brutal que tendre qui nous attend dans ces pages pour une histoire à la fois drôle – voir loufoque – et grave sans pousser au voyeurisme. On suit Fidèle, une jeune fille d’une vingtaine d’années qui va nous raconter sa vie ainsi que sa famille et ses souvenirs. Des souvenirs parfois durs dans une famille qu’on dit dysfonctionnelle par ses défauts : un père bad boy qui fait des allers-retours en prison, une mère traumatisée par les camps de concentration qui se réfugie dans la religion chrétienne pour éviter à ses enfants d’être tués par Hitler et qui va devoir faire des séjours en hôpital psychiatrique, un oncle bienveillant qui donne des conseils aussi fous que bons à ses neveux et nièces, une grand-mère qui parle à peine français et qui est le soleil de la maison, et pour finir les sept enfants avec tous une personnalité bien précise et décapante ! Les personnages de ce livre sont hauts en couleurs et m’ont fait mourir de rire. Voilà le premier point qui m’a séduit, il y a de la couleur dans ces pages !
Ce qui m’a plu ensuite c’est la déstigmatisation que l’auteure active dans ces lignes. Car il faut bien le dire, les sujets abordés sont tous plus difficile ou sensible les uns que les autres : la prison, la folie, la religion, la guerre, l’alcool, la drogue, la prostitution, l’homosexualité, la mort. Dis comme ça, on se rend bien compte que cette petite famille vit des choses pas facile facile et pas jolie jolie… Mais justement, l’auteure arrive à donner un sens à tous ça et rend son roman profondément humain avec un humour fin, touchant et franc du collier qui met une tarte à tous les clichés. Et grâce à cela, cette famille dysfonctionnelle au air de celle de Momo dans « La vie est un long fleuve tranquille » devient une famille unie par l’amour, une famille unie par sa propre imperfection, une famille formidable.
En bref, j’ai beaucoup ri pendant ma lecture, j’ai été touché par la tendresse qui s’en dégage, j’ai été parfois indigné par les évènements et j’ai adoré Fidèle, cette héroïne singulière qui ne ressemble à aucun autre personnage que j’ai pu rencontrer, avec son perfecto et son collier tête de mort. J’ai également aimé vivre cette histoire dans un décor parisien qui change un peu de tous les livres que je lis habituellement qui nous emmène aux États-Unis. Voilà donc, un livre décalé qui a du panache et du peps à l’image de sa couverture, un livre qui mérite d’être lu par tous pour un super moment de rigolade, de tendresse et de regard différent sur la vie.
Je ne ferais pas de + et de – sur ce lire n’ayant rien à lui reprocher 🙂

coup de coeur

« La vérité sur l’Affaire Harry Quebert » de Joël Dicker

Harry Quebert


Résumé :

Marcus Goldman, célèbre écrivain grâce à son premier et unique roman, se trouve en pleine crise de la feuille blanche. Subissant quotidiennement la pression de son éditeur et de son agent qui lui réclame un livre dans les plus bref délais, il désespère et recontacte son ancien professeur – et ami – Harry Quebert pour lui réclamer son aide. Celui-ci accueille cet appel par l’humour et lui propose de venir se mettre la tête au repos dans sa maison du New Hampshire. Lui disant qu’il serait plus au calme qu’à New York pour l’écriture de son nouveau roman. Il accepte cette proposition avec joie et se rend donc à Aurora. C’est ici que l’histoire commence. Dans un premier temps par une découverte inattendue sur une relation qui aurait eu lieu 30 ans plus tôt entre Harry et une mineure du nom de Nola qui de surcroit a disparut comme par enchantement, puis ensuite par l’incarcération de ce dernier pour le meurtre de cette jeune fille. Poussé par le désir de blanchir son ami qu’il pense innocent, il se lance alors dans une enquête qui se révèlera bien plus compliquée qu’il ne le pensait au début.
855 pages

Extrait :

Qui est donc cette Nola ? Le coeur battant, je me mis à parcourir les coupures de journaux : les artciles mentionnaient tous la disparition énigmatique d’une certaine Nola Kellergan, un soir d’août 1975 ; et la Nola des photos de journaux correspondait à la Nola des photos de Harry. C’est à ce moment que Harry entra dans le bureau, avec, dans les mains, un plateau chargé de tasses de café et d’une assiette de biscuits qu’il lâcha lorsque, ayant poussé la porte du pied, il me trouva accroupi sur son tapis, le contenu de sa boîte secrète éparpillée devant moi.
– Mais…qu’est-ce que vous faites ? s’écria-t-il.
Vous…vous fouillez, Marcus ? Je vous invite chez moi et vous fouillez dans mes affaires ? mais quel genre d’ami êtes-vous ?
Je bredouillai de mauvaises explications :
– Je suis tombé dessus, Harry. J’ai trouvé cette boîte par hasard. Je n’aurais pas dû l’ouvrir… Je suis désolé.
– Vous n’auriez effectivement pas dû ! De quel droit ! De quel droit, bon sang ?
Il m’arracha les photos des mains, ramassa les articles à la hâte et remit le tout pêle-mêle dans la boîte qu’il emporta avec lui jusque dans sa chambre où il s’enferma. Je ne l’avais jamais vu comme ça, je ne pouvais pas dire s’il s’agissait de panique ou de rage. A travers la porte, je me confondis en excuses, lui expliquant que je n’avais pas voulu le blesser, que j’étais tombé sur la boîte par hasard, mais rien n’y fit. Il ne sortit de sa chambre que deux heures plus tard et descendit directement au salon pour s’enfiler quelques whiskys. Lorsqu’il me sembla un peu calmé, je vins le trouver.
– Harry… qui est cette fille ? demandai-je doucement.

Mon avis : ♥♥♥♥♥

Je vais annoncer la couleur de suite, c’est l’un des livres les plus intelligemment mené que j’ai jamais lu. Pour notre plus grand bonheur. Sur base de roman policier, l’auteur s’amuse à nous mené par le bout du nez tout au long de ses pages mais il a apporté également d’autres dimensions à ce livre : car au-delà de l’enquête c’est également un roman d’amour, d’amitié ainsi qu’une sacré critique de l’environnement et du métier d’écrivain. Et l’on assiste aussi à autre chose de nouveau et de savamment mis en scène, c’est un livre qui traite de l’écriture d’un livre s’appuyant sur un autre livre… ^^ Incroyable ! Une triple dimension s’ouvre ainsi que plusieurs histoires dont on veut savoir la suite. C’est comme cela que l’on avale – tels des pantins accros – ce livre de 850 pages sans avoir envie de reprendre son souffle à un seul moment !
En bref, l’auteur nous en fait voir de toutes les couleurs, sautant allégrement d’un personnage à l’autre – comme le ferait un réalisateur lors de ces changements de plans cinématographiques – et on se délecte des différents points de vues mis en avant pour nous faire avancer dans l’enquête. Personnages qui d’ailleurs sont décrits avec une telle précision (physiques ou mentales avec toujours des anecdotes pour chacun) que l’on a une impression de les connaître, de partager leur quotidien. Il les rend presque réel et palpable, au point que l’on se demande si il n’y a pas une Nola K. disparu en 1975, un Harry Q. grand écrivain tombé fou amoureux de cette gamine et un Marcus G. tentant désespéramment de sauver son ami et de rétablir la vérité. Cette histoire ressemble à un fait divers comme il en arrive malheureusement trop souvent et tout les ingrédients sont présents pour nous faire croire en sa véracité. Je suis vraiment tombée sous le charme de chacun d’eux et je suis encore triste de les avoir quittés.
De plus, chaque chapitre est agrémenté d’un conseil de Harry à Marcus sur l’écriture d’un livre. Des petits textes plein de vie et de remise en question, il traite parfois simplement de la consistance que doit avoir le chapitre en question et d’autres fois, ils sont plus poussés, plus philosophique. Je les ai beaucoup aimé ainsi que chaque fin de chapitre qui résonne comme un coup de poing pour happer le lecteur à poursuivre frénétiquement sa lecture.
Pour conclure, je reprendrais cette phrase dite par le maître – Harry – à son élève pendant le roman : « Un bon livre, Marcus, est un livre qu’on regrette d’avoir terminé. » Marcus l’a compris dans son livre, et Joël Dicker l’a non seulement annoncé mais a aussi rempli son pari avec brio. Tel que « Qui ose, gagne » souvent repris dans ce livre, cet écrivain à osé avec un certain culot et même un culot certain et il a plus que gagné : il a réussi.

coup de coeur


Livre lu dans le cadre du Challenge 1 pavé par mois organisé par « Des livres, des livres »

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Merci à Bianca pour ce challenge !

« Un roman français » de Frédéric Beigbeder

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Résumé/Extrait :

C’est l’histoire d’un grand frère qui a tout fait pour ne pas ressembler à ses parents, et d’un cadet qui a tout fait pour ne pas ressembler à son grand frère.
C’est l’histoire d’un garçon mélancolique parce qu’il a grandi dans un pays suicidé, élevé par des parents déprimés par l’échec de leur mariage.
C’est l’histoire d’un pays qui a réussi à perdre deux guerres en faisant croire qu’il les avait gagnées […].
C’est l’histoire d’une humanité nouvelle, ou comment des catholiques monarchistes sont devenus des capitalistes mondialisés.
Telle est la vie que j’ai vécue : un roman français.

Mon avis : ♥♥♥♥♥

Frédéric Beigbeder signe ici le plus beau de ses romans ! Encore une autobiographie mais celle-ci nous fait découvrir un autre Beigbeder – ce personnage cynique et cinglant, parfois dans la limite de l’arrogance et tête à claques pour certains – nous montre ici une sensibilité qu’on ne lui connaissait pas. Clairement, on aime ou on aime pas moi en tout cas j’adorais déjà et c’est avec plaisir que j’ai rencontré ce nouvel aspect de lui, moins sale gosse et moins superficiel dans sa provocation, quelqu’un de plus doux voir plus sage qui est simplement lui devant nous et qui assume ses points de vues… Toute chasse gardée évidemment, son cynisme est toujours présent et heureusement ! En tout cas, un homme mis à nu qui nous livre ses émotions enfantines, ses désillusions, sa recherche d’identité luttant contre une amnésie infantile freudienne. Il surf à travers ces souvenirs et nous les offre en vérité brute avec une sincérité parfois sèche mais toujours émouvante. Cette autobiographie rime comme une sorte de thérapie que l’auteur s’impose à lui-même.
Le livre traite de la vie dans son ensemble, une vie ressemblant à tant d’autres et le thème des chapitres est divers : on passe par la famille, les pères, les mères, le mariage, la séparation du point de vue des parents et des enfants, les non-dits, la lecture, les coups de gueule couillus, la drogue… Et à travers cette vie disséquée, il y a également l’avancée de la société et son impact sur la vie… sur les vies !
J’ai eu souvent les larmes aux yeux en parcourant ces lignes, j’ai aussi beaucoup ri ou parfois été indignée mais une chose est sûre lui seul me procure le sentiment de me retrouver dans ses mots, son cynisme intelligent et sa fatalité me prenne à la gorge et à chaque coup me font me dire : mais ouais c’est ça je suis complétement d’accord avec toi ! Résultat : mon pauvre livre est crayonné de gris par mes soulignements intempestifs et est post-ité de partout !! Mais vous me direz un livre doit vivre et sa vie c’est ça, nous éblouir et nous marquer – et moi ne pouvant l’éblouir je lui rend comme je le peux en le marquant de ses moments marquants et en espérant qu’il traversera le temps.
Voilà je vous est présenté mon coup de cœur du mois 🙂

coup de coeur

« Les Outrepasseurs : Les Héritiers » Tome 1 de Cindy Van Wilder

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Résumé :

Peter, un adolescent sans histoires, échappe de justesse à un attentat et découvre que l’attaque le visait personnellement. Emmené à Lion House, la résidence d’un mystérieux Noble, il fait la connaissance avec les membres d’une société secrète, Les Outrepasseurs. Les révélations de ces derniers vont changer le cours de sa vie…

Extrait :

« – Jure-moi fidélité et je te protégerai. Nous le ferons tous.
– Nous ?
– Les Outrepasseurs. Tous ceux qui portent le Marque. Regarde ces jeunes gens. Voilà ta seule famille, à présent. Vous combattrez ensemble. (Il baissa le ton de sa voix.) Nos adversaires ne s’arrêteront jamais. Les fés nous pourchassent depuis huit siècles. Une éternité pour nous. Un instant pour eux. »

Mon avis : ♥♥♥♥♥

Un livre incroyable, une vrai découverte et un nouveau coup de cœur ! Après un début en fanfare avec un premier meurtre dans la maison de Lion House pendant le prologue, on fait donc la connaissance de Peter. Le jeune homme est pressé de rentrer chez lui pour annoncer à sa mère qu’un recruteur va venir les voir jouer la semaine prochaine et qu’il a toutes ces chances. Hors, ce n’est pas le déroulement de la soirée qui va se profiler… Après avoir discuté avec sa nounou, Marcelline, qui à l’air d’être stressé et qui a un comportement des plus étranges, il va chercher sa mère dans la cabane au bout du jardin en se demandant ce qui peut bien arriver à sa nurse si calme et souriante habituellement. C’est alors, qu’il tombe nez à nez avec deux énormes chiens qui ont l’air de vouloir faire de lui leur prochain repas ! Se demandant d’où peuvent venir ces molosses, il hurle « A l’aide » et c’est une curieuse aide qui vient le secourir… Un renard qui devant ses yeux va reprendre forme humaine sous les trait de… sa maman !! Soulagé de s’en être tiré, il est néanmoins secoué et à des millions de questions concernant les évènements ainsi que de la transformation à laquelle il a assisté, qui peut l’en blâmer me direz-vous 😀 Si seulement, il savait qu’il n’est pas au bout de ses peines…!
A aucun moment on a envie de lâcher le livre, l’auteure nous embarque avec elle dans ce monde de brute (effectivement, pour ceux qui pensent -comme moi d’ailleurs- avant de lire le livre de trouver un monde de gentil, on se heurte plutôt ici à un monde lourd de désespoir) ! Son écriture est fluide et ces choix de chapitres sont très bien amenés sous forme de plongée qui effectivement nous immerge dans les flash-back pour nous raconter l’histoire. Cette originalité m’a séduite ainsi que le livre, lui-même, qui est vraiment très beau. De plus, le lien historique de l’époque (1200) est bien maîtrisé au niveau religieux mais aussi au niveau des conditions de vie, de l’ambiance, des mentalités ce qui fait que le réel tient debout face au fantastique qui s’y ajoute. Chapeau !
Le tome nous dévoile donc, tout ce que l’on doit savoir sur les premiers Outrepasseurs : qui ils sont ; comment sont-ils devenus de qu’ils sont ; et on rencontre des personnages qui ne manque pas de personnalité. J’ai adoré détesté Le Chasseur, cette brute épaisse avide de sang et de chair ainsi que Niels, le père d’Arnaut marqué par Le Chasseur qui est juste immonde avec son fils. Mais j’ai aussi espéré qu’Arnaut s’en sorte ainsi que tout les habitants qui ont subis la malédiction du Chasseur. Je trépigne de lire la suite comme une enfant à qui l’on dit d’attendre la fin du repas pour ouvrir ses cadeaux de Noël ! La dernière fois que j’ai ressenti cet engouement, c’était pour Harry Potter et je me délecte de revivre cette sensation que je ne pensais pas retrouver. Vivement le tome 2 !
Les + : un univers bien maîtrisé et une histoire qui donne envie de savoir la suite ainsi que des personnages auxquelles on s’attache en bien.. ou en mal !
Les – : c’est horrible de ne pas avoir la suite directement, un conseil  : achetez les trois d’un coup !

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