« Waringham – Tome 1 : La roue de la Fortune » de Rebecca Gablé

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Résumé :

1360. Robert de Waringham n’a que douze ans lorsqu’il apprend que son père est mort en France, accusé de traîtrise envers la couronne d’Angleterre. La guerre – qui durera cent ans – ne fait que commencer et celui que l’on surnomme Robin se retrouve sans famille, sans aucune ressource et avec l’honneur de son nom à laver.
Il décide pourtant de retourner sur ses terres et de se faire engager comme garçon d’écurie, sous le joug du nouveau comte et de son fils. Robin grandit et suit sa voie qui le ramène vite dans le monde de la Cour, de la noblesse et de la chevalerie. Aux côtés du charismatique duc de Lancastre, il vit des campagnes militaires, des révoltes et des triomphes politiques.
Il rencontre aussi des femmes aussi dangereuses qu’elles sont belles. Mais la roue de la fortune ne s’arrête pas de tourner et tandis qu’un jeune roi incapable menace de faire sombrer l’Angleterre, Robin se bat pour rester fidèle à ses valeurs et à son nom.

Mon avis : ♥♥♥♥♥

Aujourd’hui, je viens vous parler d’un livre que j’ai reçu en service presse. J’en profite pour remercier Agnès Chalnot et HC Editions pour cette belle découverte, qui n’est rien de moins qu’un sacré coup de cœur ! Je suis tellement impatiente que la suite sorte… Une vraie torture !!
Avec cette réception, j’ai été plongé dans la fin du Moyen-âge britannique et je me suis régalée. On y suit Robert qui du jour au lendemain apprend la mort de son père. Mais pas n’importe quelle mort… Une mort en traître de la couronne ! Robert (ou Robin comme on le surnomme) est dévasté par la nouvelle et perd en même temps que ce père aimé ses droits sur le fief familial. Malgré cela, il décide d’y retourner et d’y travailler comme palefrenier. De multiples aventures l’attendent, en plus du déshonneur, il devra supporter le fils du nouveau seigneur sur les terres qui devaient lui revenir, Mortimer qui deviendra son pire ennemi. Entre lutte de pouvoir à Waringham mais aussi dans l’Angleterre entre les Plantagenêts et les Lancastre, ce tome nous enracine dans la guerre de Cent Ans avec clarté et précision. Une véritable épopée chevaleresque attend notre héros, malgré les bas et les combats pour parvenir à faire tourner cette fameuse « Roue de la Fortune »
Je me suis beaucoup attachée au personnage de Robin qui représente le stéréotype même du chevalier médiéval. Fidèle et courtois, il poursuit ses ambitions et réhabilite son père auprès du roi sans jamais faiblir ou montrer sa peur. A contrario, Mortimer est l’antithèse de la chevalerie et nous peint le côté obscur de la noblesse de l’époque. Celle qui a les dents longues et ne cherche que le prestige et les avantages sans jamais engager son honneur, tournant et retournant sa veste au rythme du contexte royal. Bien que le contraste de ces deux personnages peut paraître simpliste par la représentation surfaite qu’il dépeint du bien contre le mal, j’ai été conquise par la véracité des faits. En effet, l’un comme l’autre sont les deux types de personnes qui existaient à cette époque et qui peuplaient les cours de nos chers rois. Alors, ne soyons pas tatillons et acceptons ce Yin et ce Yang pour sa valeur historique simplifiée 🙂
De plus en parlant de véracité des faits, je dois également souligner que l’auteure a mis un point d’honneur à sa documentation. Les conflits nationaux et internationaux (pour rappel, nous sommes en pleine guerre de Cent Ans entre la France et l’Angleterre) ainsi que les jeux de Cour et de pouvoir sont très bien retranscrits. Rebecca Gablé nous offre ainsi un beau paysage médiéval relatant les hiérarchies sociales, le jeu d’échec qu’était la délégation de fief et l’hommage à un seigneur ou encore les manières de vivre de l’aristocratie.
Pour finir, la plume de l’auteure est simplement addictive. Cela fait parti du « je ne sais quoi » de l’auteure pour notre plus grand bonheur ! A chaque prise en main du livre, il m’était quasiment impossible de pouvoir le reposer malgré ma fatigue et mes yeux qui se fermaient tout seul… En clair, foncez, faites-vous plaisir et n’ayez pas peur de vous perdre dans la multitude de personnages, un arbre généalogique ainsi qu’un récapitulatif des personnages figurent sur les premières pages du livre ! De quoi rassurer ceux qui ont peur de se perdre dans ce dédale historique 😉

coup de coeur


En bonus, pour vous donner encore plus envie de découvrir la vie de cette famille, voici l’arbre généalogie qui ouvre ce premier tome 🙂

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« 1984 » de George Orwell

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Résumé :

« De tous les carrefours importants, le visage à la moustache noire vous fixait du regard. BIG BROTHER VOUS REGARDE, répétait la légende, tandis que le regard des yeux noirs pénétrait les yeux de Winston… Au loin, un hélicoptère glissa entre les toits, plana un moment, telle une mouche bleue, puis repartit comme une flèche, dans un vol courbe. C’était une patrouille qui venait mettre le nez aux fenêtres des gens. Mais les patrouilles n’avaient pas d’importance. Seule comptait la Police de la Pensée. »

Mon avis : ♥♥♥♥♥

« BIG BROTHER IS WATCHING YOU ! »

Que l’on ai lu ou non ce livre, nous connaissons tous cette phrase mythique et mystique… Et lorsque j’ai commencé cette lecture, je n’échappais pas à cette règle. Je savais de quoi parlais ce classique, j’en ressentais d’avance le climat oppressant sous l’œil omniscient de l’Etat personnifié en BIG BROTHER ainsi que le peinture du totalitarisme ! Et pourtant, croyez-moi, j’étais loin des ressentis et du bouleversement qui se passe en nous au fil des pages.
On suit Winston Smith, membre du Parti extérieur, qui nous raconte cette société de 1984. Divisée en trois groupes, le Parti Intérieur, le Parti Extérieur et le Prolétariat qui ont chacun leurs règles et Winston faisant parti du 2ème est dans la catégorie la plus contrôlée. Il nous conte la propagande, l’appel à la haine, le contrôle sur l’individu jusqu’à la glaçante Police de la Pensée, la surveillance constante jusque dans les appartements, le conditionnement sans réel interdit, le non-droit du mariage d’amour et du plaisir sexuel… En clair, on découvre ébahit un régime totalitaire perfectionniste dont il semble qu’on ne peut échapper ou sortir du lot. Et tout cela sous contrôle d’un dirigeant jamais vu publiquement, peut-être même inexistant, mais qui exerce les pleins pouvoirs sur un peuple avec lequel il joue et auquel il fait croire ce qu’il veut…
Une société qui glace le sang. Bien sûr, aujourd’hui notre monde n’est pas tel que le décrit Orwell, mais les troublantes similitudes font peur. Il nous pousse au raisonnement jusqu’à parfois remettre tout en cause. « Celui qui a le contrôle du passé, disait le slogan du Parti, a le contrôle du futur » car en effet, l’Histoire est écrite et transmise. Mais écrite par qui ?! A quel moment ? Dans quel but ? Et pour le confort de qui ? Et si, des faits étaient modifiés, rectifiés par des mains opportunistes. Lequel d’entre-nous pourrait avoir la preuve de la falsification ? La vérité est dans les livres même si elle est fausse. Voici un exemple de questionnement au sortir de cette lecture. Mais d’autres viennent à nous, la guerre en est un autre exemple. Orwell nous dépeint la guerre froide, nous explique le pourquoi et forcément en ces temps troubles des questionnements surgissent. Ou encore la surveillance constante, n’est-on pas nous aussi perpétuellement tracés? Le portable, le pass Navigo, les GPS, Instagram, Facebook, Snapchat, même les Iphone sont maintenant capables tout seuls de nous nommer un numéro inconnu qui nous appelle… Mais, je vais m’arrêter là, je ne voudrais pas trop en dire.
Ce livre est un drame humain, un cri de désespoir qui montre bien l’état d’esprit littéraire d’après-guerre. Le besoin de reconstruction et la perte d’espoir en l’homme et ses semblables, en l’homme pour ses semblables. Un roman qui écrit quelques années avant aurait rejoint la liste de l’Inquisition. Le tout écrit avec une plume incisive et captivante ! Un classique à lire, bien qu’il laisse un goût amer et nous interroge sur notre société de façon profonde.
coup de coeur

« La nuit de feu » d’Eric-Emmanuel Schmitt

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Résumé :

« Je suis né deux fois, une fois à Lyon en 1960, une fois dans le Sahara en 1989. ». Une nuit peut changer une vie.
À vingt-huit ans, Éric-Emmanuel Schmitt entreprend une randonnée à pied dans le Sahara en 1989. Parti athée, il en reviendra croyant, dix jours plus tard. Loin de ses repères, il découvre une vie réduite à la simplicité, noue des liens avec les Touareg. Mais il va se perdre dans les immenses étendues du Hoggar pendant une trentaine d’heures, sans rien à boire ou à manger, ignorant où il est et si on le retrouvera. Cette nuit-là, sous les étoiles si proches, alors qu’il s’attend à frissonner d’angoisse, une force immense fond sur lui, le rassure, l’éclaire et le conseille.
Cette nuit de feu -ainsi que Pascal nommait sa nuit mystique- va le changer à jamais. Qu’est-il arrivé ? Qu’a-t-il entendu ? Que faire d’une irruption aussi brutale et surprenante quand on est un philosophe formé à l’agnosticisme ?
Dans ce livre où l’aventure se double d’un immense voyage intérieur, Éric-Emmanuel Schmitt nous dévoile pour la première fois son intimité spirituelle et sentimentale, montrant comment sa vie entière, d’homme autant que d’écrivain, découle de cet instant miraculeux.

Mon avis : ♥♥♥♥♥

Ce livre est le résumé d’un voyage, un voyage durant lequel EES se rencontre, rencontre sa foi et une nouvelle confiance en la vie. Il part à 28 ans pour une expédition dans le désert du Hoggar, sur les traces de Charles de Foucault (célèbre prêtre, ermite, vénéré en Algérie et mort en martyr). Ils sont dix à parcourir le désert à pied pendant 10 jours, guidés par un américain et un touareg. Chacun est présent pour des raisons diverses, Eric y va afin de se documenter sur Foucault pour les besoins d’un futur film sur l’homme. Mais c’est avec la foi qu’il reviendra de ce voyage qui le marque à vie.
Au delà des paysages magnifiques que décrits l’auteur et de sa plume poétique et captivante, ce roman autobiographique est un véritable cheminement philosophique sur le IL, le Créateur que nous appelons communément Dieu. Cette pensée philosophique et spirituelle se développe au travers de nombreux dialogues, parfois avec lui-même dans ses propres pensées, mais aussi avec une des participantes profondément croyante ou encore avec le touareg qui les accompagne, ces dialogues étant encore plus poétiques du fait qu’ils sont presque muets et liés à l’instinct. C’est un superbe ballet entre eux que nous offre l’auteur, un échange fraternel, un amour de l’autre malgré la barrière de la langue. Grâce à ces différentes rencontres, jusqu’à l’ultime – celle d’avec lui-même – sa pensée sur Dieu se questionne et se transforme.
Au départ sceptique, il se pose en professeur de philosophie nous balançant cette superbe phrase : « Dieu n’existe que sous la forme de sa question » puis il discute, argumente, se questionne tout de même mais sans vraiment ébranler son athéisme. Puis, viens le moment où il se perd, porté par trop de zèle, au milieu du désert. Il croit mourir et nous raconte un moment particulier de fusion avec l’univers, comme une rencontre avec Dieu, il est illuminé. Suite à cela, il retrouve courage et son point de vue sur le IL change. On assiste alors à la fin du cheminement philosophique, à l’anti-thèse du début. Et si Dieu existait ?
L’instant mystique et initiatique ne fait que deux pages, EES l’a écrit – je pense – simplement car il était nécessaire d’en toucher deux mots pour raconter le bouleversement qu’il a eu pendant ce voyage. Plus comme une nécessité de compréhension de l’histoire que comme une finalité du roman. Cela parait si personnelle que ces deux pages sont précisément ce qui suffit à l’ouvrage pour être encore plus mis en valeur. Modeste et humble, l’auteur se livre sans chercher à convaincre.
De mon côté, j’ai été profondément ébranlée par cette lecture qui m’a poussé dans mes retranchements d’athée convaincue, maintenant plus si convaincue. Et malgré y avoir pensé et repensé, j’ai trouvé très délicat de parler de ce livre. Je ne suis pas sûre d’avoir trouvé les mots justes, je crois que cet écrit est fait pour être lu et non pour être raconté ou commenté… J’espère néanmoins vous avoir donné envie !

coup de coeur

 

 

« Mr Mercedes » de Stephen King

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Résumé :

Midwest 2009. Un salon de l’emploi. Dans l’aube glacée, des centaines de chômeurs en quête d’un job font la queue. Soudain, une Mercedes rugissante fonce sur la foule, laissant dans son sillage huit morts et quinze blessés. Le chauffard, lui, s’est évanoui dans la brume avec sa voiture, sans laisser de traces. Un an plus tard. Bill Hodges, un flic à la retraite, reste obsédé par le massacre. Une lettre du tueur à la Mercedes va le sortir de la dépression et de l’ennui qui le guettent, le précipitant dans un redoutable jeu du chat et de la souris.
Avec ce polar très noir, véritable plongée dans le cerveau d’un psychopathe qui ferait passer Norman Bates pour un enfant de chœur, Stephen King démontre une fois encore son époustouflant talent de conteur, qui s’affranchit des frontières et des genres.

Mon avis : ♥♥♥♥♥

Prix Edgar-Allan-Poe 2015 du meilleur roman et sérieusement les petit loups, il le mérite grandement et même plus. C’est le premier volume d’une trilogie ayant pour personnage central, Bill Hodges, flic à la retraite torturé et suicidaire. Et pour ma part, je vais lire la suite plutôt deux fois qu’une 🙂
Revenons à Bill (pour planter le décor initial), imaginez la déprime d’un excellent flic à la retraite qui n’a plus que la télé et ces émissions de merde pour combler ses journées. Plus les jours passent, plus il déprime et plus il joue de près avec le flingue de son père… Puis, un matin il reçoit une lettre de « Mr Mercedes », un tueur (ou terroriste) qui à fait 8 victimes et de multiples blessés en leur fonçant dessus en voiture. La lettre est provocante, immonde et le tueur cherche le dialogue avec notre bon vieux Hodges. On voit alors, le héros sortir de sa torpeur et revenir à la vie pour tenter de résoudre cette affaire jusqu’ici irrésolue.
Et là, vous vous dites : « Ouais, décor et personnage typique des thrillers/polars que ce soit à la télé ou en roman ! ». Je ne peux qu’acquiescer sur ce point de départ, mais c’est sans compter sur le talent de notre écrivain… Il nous apporte ce petit plus qui fait que pas une seconde vous aurez envie de poser le livre ou de comparer ses personnages à n’importe lesquels que vous avez déjà connus ! King nous fait frissonner d’horreur en nous plongeant dans la tête du meurtrier, le livre s’articulant entre l’avancée de Bill et ses aventures, et celles du tueur. En tant que lecteurs, on sait donc quasiment dès le début le nom et l’histoire de cette raclure, ce qui m’a fait repenser à un livre que j’avais beaucoup aimé (bien qu’atroce) « La mort est mon métier » de Robert Merle et l’on sent la pression grandir et l’étau se resserrer de plus en plus sur Hodges.
En bref, j’ai été hypnotisé et je suis plus qu’impatiente de lire la suite. La seule ombre au tableau est le côté mystique du roman qui vous fera automatiquement penser aux horribles attentats que la France a connu… Écrit en amont, il sonne presque comme une « prophétie » et c’est assez déstabilisant et horriblement triste. Mais pour finir sur une note positive, si vous doutez de la possibilité de King de nous faire vibrer avec un polar classique, lisez-le et voyez par vous-même !

coup de coeur

 

« D’après une histoire vraie » de Delphine de Vigan

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Mon avis : ♥♥♥♥♥

Comme vous le voyez je ne commence pas cette chronique de manière habituelle… Et pour cause : ce roman doit être lu à l’aveugle pour être apprécié ! Comme nous le montre la quatrième de couverture qui reste bien mystérieuse, je vais m’aventurer ici dans un article qui le sera tout autant. J’ai donc zappé le résumé ainsi que l’extrait et je poursuis en vous disant que ce livre a été un vrai coup de cœur mais que je ne vous dévoilerai rien de son histoire à proprement parlé !
Un chose est sûre, une tension étrange nous prend à chaque chapitre qui comme une araignée tisse sa toile nous envahit phrases après phrases et nous donne envie de ne plus arrêter de lire. Je dis étrange car cela ne relève pas vraiment d’une intrigue – et en même temps si, un peu – mais d’une intimité créée par l’auteure, une proximité, une mise à nue, un don de soi, une relation étroite qu’elle installe avec nous, lecteur. Puis s’ensuit un flou entre réalité et fiction, comme un arrière goût de « Shutter Island », qui nous laisse sur un « comprenez ce que voulez » brillamment amené.
J’ai rencontré une auteure pour laquelle j’ai eu un vrai coup de cœur dont la plume fluide et unique m’a bouleversé par sa sincérité. Par plusieurs fois, elle m’a pris à la gorge et au contraire de ce que dit Basil – notre célèbre peintre du Portrait de Dorian Gray – à propos de son œuvre [chap.1/p.65-66] : « je refuse de mettre mon âme à nu devant ces yeux indiscrets et superficiels. Jamais je ne placerai mon cœur sous leur microscope. Il y a bien trop de moi même dans ce tableau, Harry, infiniment trop ! », Delphine, elle, le fait et magnifiquement bien de surcroît…

coup de coeur

« Dysfonctionnelle » d’Axl Cendres

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Résumé :

Fidèle, alias Fifi, alias Bouboule, grandit dans une famille dysfonctionnelle. Papa enchaîne les allers-retours en prison, Maman à l’asile. Mais malgré le quotidien difficile, Fidèle vit des moments de joie, entourée de ses six frères et sœurs aux prénoms panachés : Alyson, JR, Dalida, Jésus… Cette tribu un peu foldingue demeure « Au bout Du Monde », le bar à tocards que tient le père dans Belleville. A l’adolescence, la découverte de son intelligence précoce mène Fidèle à « l’autre » bout du monde : un lycée des beaux quartiers où les élèves regardent de haut son perfecto, ses manières de chat de gouttière. mais c’est aussi là que l’attend l’amour, le vrai, celui qui transforme… Celui qui sauve.

Extrait :

« Le prends pas pour toi, m’a dit mon père, mais j’ai jamais voulu avoir d’enfants. »
J’allais répondre : « Pourquoi je le prendrais pour moi ? Je suis juste ta fille » – mais l’ironie, il comprenait plus.
C’était le jour de son énième sortie de prison ; là, il avait pris deux mois ferme pour la même raison que les autres fois : il était au mauvais endroit, au mauvais moment.
On était face à face sur la banquette en vieux simili-cuir griffé d’un steak house, au milieu de l’autoroute qui allait nous ramener vers Paris, et il engloutissait sa viande sanglante comme un homme des cavernes.
J’étais la seule à être venue le chercher.
« Pourquoi t’en as eu sept,a lors , » je lui ai demandé.
« Hein ? »
« Pourquoi t’as eu sept enfants, puisque tu dis que t’as jamais voulu en avoir ? »
« Parce que j’aimais faire l’amour à ta mère, tiens ! Mais ces foutus catholiques, y sont contre la contraception et l’avortement… »
« Tout s’explique… »

Mon avis : ♥♥♥♥♥

Cela faisait un moment que je n’avais pas eu de coup de cœur, même si j’ai eu de très belles lectures ces derniers temps il me manquai le petit truc en plus.. Chose que j’ai trouvé dans ce roman jeunesse du tonnerre – à lire tout de même à un certain âge !!! Je vous présente donc un coup de cœur aujourd’hui avec ce livre 😀
Voici une plume aussi brutal que tendre qui nous attend dans ces pages pour une histoire à la fois drôle – voir loufoque – et grave sans pousser au voyeurisme. On suit Fidèle, une jeune fille d’une vingtaine d’années qui va nous raconter sa vie ainsi que sa famille et ses souvenirs. Des souvenirs parfois durs dans une famille qu’on dit dysfonctionnelle par ses défauts : un père bad boy qui fait des allers-retours en prison, une mère traumatisée par les camps de concentration qui se réfugie dans la religion chrétienne pour éviter à ses enfants d’être tués par Hitler et qui va devoir faire des séjours en hôpital psychiatrique, un oncle bienveillant qui donne des conseils aussi fous que bons à ses neveux et nièces, une grand-mère qui parle à peine français et qui est le soleil de la maison, et pour finir les sept enfants avec tous une personnalité bien précise et décapante ! Les personnages de ce livre sont hauts en couleurs et m’ont fait mourir de rire. Voilà le premier point qui m’a séduit, il y a de la couleur dans ces pages !
Ce qui m’a plu ensuite c’est la déstigmatisation que l’auteure active dans ces lignes. Car il faut bien le dire, les sujets abordés sont tous plus difficile ou sensible les uns que les autres : la prison, la folie, la religion, la guerre, l’alcool, la drogue, la prostitution, l’homosexualité, la mort. Dis comme ça, on se rend bien compte que cette petite famille vit des choses pas facile facile et pas jolie jolie… Mais justement, l’auteure arrive à donner un sens à tous ça et rend son roman profondément humain avec un humour fin, touchant et franc du collier qui met une tarte à tous les clichés. Et grâce à cela, cette famille dysfonctionnelle au air de celle de Momo dans « La vie est un long fleuve tranquille » devient une famille unie par l’amour, une famille unie par sa propre imperfection, une famille formidable.
En bref, j’ai beaucoup ri pendant ma lecture, j’ai été touché par la tendresse qui s’en dégage, j’ai été parfois indigné par les évènements et j’ai adoré Fidèle, cette héroïne singulière qui ne ressemble à aucun autre personnage que j’ai pu rencontrer, avec son perfecto et son collier tête de mort. J’ai également aimé vivre cette histoire dans un décor parisien qui change un peu de tous les livres que je lis habituellement qui nous emmène aux États-Unis. Voilà donc, un livre décalé qui a du panache et du peps à l’image de sa couverture, un livre qui mérite d’être lu par tous pour un super moment de rigolade, de tendresse et de regard différent sur la vie.
Je ne ferais pas de + et de – sur ce lire n’ayant rien à lui reprocher 🙂

coup de coeur

« La vérité sur l’Affaire Harry Quebert » de Joël Dicker

Harry Quebert


Résumé :

Marcus Goldman, célèbre écrivain grâce à son premier et unique roman, se trouve en pleine crise de la feuille blanche. Subissant quotidiennement la pression de son éditeur et de son agent qui lui réclame un livre dans les plus bref délais, il désespère et recontacte son ancien professeur – et ami – Harry Quebert pour lui réclamer son aide. Celui-ci accueille cet appel par l’humour et lui propose de venir se mettre la tête au repos dans sa maison du New Hampshire. Lui disant qu’il serait plus au calme qu’à New York pour l’écriture de son nouveau roman. Il accepte cette proposition avec joie et se rend donc à Aurora. C’est ici que l’histoire commence. Dans un premier temps par une découverte inattendue sur une relation qui aurait eu lieu 30 ans plus tôt entre Harry et une mineure du nom de Nola qui de surcroit a disparut comme par enchantement, puis ensuite par l’incarcération de ce dernier pour le meurtre de cette jeune fille. Poussé par le désir de blanchir son ami qu’il pense innocent, il se lance alors dans une enquête qui se révèlera bien plus compliquée qu’il ne le pensait au début.
855 pages

Extrait :

Qui est donc cette Nola ? Le coeur battant, je me mis à parcourir les coupures de journaux : les artciles mentionnaient tous la disparition énigmatique d’une certaine Nola Kellergan, un soir d’août 1975 ; et la Nola des photos de journaux correspondait à la Nola des photos de Harry. C’est à ce moment que Harry entra dans le bureau, avec, dans les mains, un plateau chargé de tasses de café et d’une assiette de biscuits qu’il lâcha lorsque, ayant poussé la porte du pied, il me trouva accroupi sur son tapis, le contenu de sa boîte secrète éparpillée devant moi.
– Mais…qu’est-ce que vous faites ? s’écria-t-il.
Vous…vous fouillez, Marcus ? Je vous invite chez moi et vous fouillez dans mes affaires ? mais quel genre d’ami êtes-vous ?
Je bredouillai de mauvaises explications :
– Je suis tombé dessus, Harry. J’ai trouvé cette boîte par hasard. Je n’aurais pas dû l’ouvrir… Je suis désolé.
– Vous n’auriez effectivement pas dû ! De quel droit ! De quel droit, bon sang ?
Il m’arracha les photos des mains, ramassa les articles à la hâte et remit le tout pêle-mêle dans la boîte qu’il emporta avec lui jusque dans sa chambre où il s’enferma. Je ne l’avais jamais vu comme ça, je ne pouvais pas dire s’il s’agissait de panique ou de rage. A travers la porte, je me confondis en excuses, lui expliquant que je n’avais pas voulu le blesser, que j’étais tombé sur la boîte par hasard, mais rien n’y fit. Il ne sortit de sa chambre que deux heures plus tard et descendit directement au salon pour s’enfiler quelques whiskys. Lorsqu’il me sembla un peu calmé, je vins le trouver.
– Harry… qui est cette fille ? demandai-je doucement.

Mon avis : ♥♥♥♥♥

Je vais annoncer la couleur de suite, c’est l’un des livres les plus intelligemment mené que j’ai jamais lu. Pour notre plus grand bonheur. Sur base de roman policier, l’auteur s’amuse à nous mené par le bout du nez tout au long de ses pages mais il a apporté également d’autres dimensions à ce livre : car au-delà de l’enquête c’est également un roman d’amour, d’amitié ainsi qu’une sacré critique de l’environnement et du métier d’écrivain. Et l’on assiste aussi à autre chose de nouveau et de savamment mis en scène, c’est un livre qui traite de l’écriture d’un livre s’appuyant sur un autre livre… ^^ Incroyable ! Une triple dimension s’ouvre ainsi que plusieurs histoires dont on veut savoir la suite. C’est comme cela que l’on avale – tels des pantins accros – ce livre de 850 pages sans avoir envie de reprendre son souffle à un seul moment !
En bref, l’auteur nous en fait voir de toutes les couleurs, sautant allégrement d’un personnage à l’autre – comme le ferait un réalisateur lors de ces changements de plans cinématographiques – et on se délecte des différents points de vues mis en avant pour nous faire avancer dans l’enquête. Personnages qui d’ailleurs sont décrits avec une telle précision (physiques ou mentales avec toujours des anecdotes pour chacun) que l’on a une impression de les connaître, de partager leur quotidien. Il les rend presque réel et palpable, au point que l’on se demande si il n’y a pas une Nola K. disparu en 1975, un Harry Q. grand écrivain tombé fou amoureux de cette gamine et un Marcus G. tentant désespéramment de sauver son ami et de rétablir la vérité. Cette histoire ressemble à un fait divers comme il en arrive malheureusement trop souvent et tout les ingrédients sont présents pour nous faire croire en sa véracité. Je suis vraiment tombée sous le charme de chacun d’eux et je suis encore triste de les avoir quittés.
De plus, chaque chapitre est agrémenté d’un conseil de Harry à Marcus sur l’écriture d’un livre. Des petits textes plein de vie et de remise en question, il traite parfois simplement de la consistance que doit avoir le chapitre en question et d’autres fois, ils sont plus poussés, plus philosophique. Je les ai beaucoup aimé ainsi que chaque fin de chapitre qui résonne comme un coup de poing pour happer le lecteur à poursuivre frénétiquement sa lecture.
Pour conclure, je reprendrais cette phrase dite par le maître – Harry – à son élève pendant le roman : « Un bon livre, Marcus, est un livre qu’on regrette d’avoir terminé. » Marcus l’a compris dans son livre, et Joël Dicker l’a non seulement annoncé mais a aussi rempli son pari avec brio. Tel que « Qui ose, gagne » souvent repris dans ce livre, cet écrivain à osé avec un certain culot et même un culot certain et il a plus que gagné : il a réussi.

coup de coeur


Livre lu dans le cadre du Challenge 1 pavé par mois organisé par « Des livres, des livres »

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Merci à Bianca pour ce challenge !