« Fucking Business » de Do Raze

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Résumé :

Bleu tue pour une organisation secrète qui a pour seul objectif de maintenir son pouvoir sur le monde. Trop talentueuses, trop avant-gardistes, trop dangereuses pour l’oligarchie, les victimes sont sacrifiées sur l’autel du capitalisme. Bleu est ce qu’on appelle un tueur à gage corporate.
Mais alors qu’il se prépare à éliminer sa trente-cinquième victime, son monde si bien organisé se met à vaciller.
Avec la puissance que seul un polar d’anticipation peut offrir, Do Raze livre une vision effroyablement pertinente sur notre monde et la fracture générationnelle que nous sommes en train de vivre.

Mon avis : ♥♥♥♥

Dans un premier temps, je remercie Agnès Chalnot et HC Editions pour l’envoi de ce service-presse. Un roman que je suis ravie d’avoir découvert et sur lequel je n’aurais pas nécessairement arrêté mon choix dans le commerce 🙂 De plus, je tiens à présenter mes excuses pour le retard de la chronique – comme vous le savez, les examens ainsi que le stress qui en découle m’ont dans un premier temps laissé peu de temps, puis après coup, un besoin d’éloignement de tout ce qui était lié à la lecture… Repos intellectuel oblige !
Mais revenons à notre roman… Voici une brillante vision de la société décadente qui est la nôtre, et surtout une belle analyse d’un des éléments déclencheurs de cela : notre cher – ou plutôt cher à nos politiciens – et tristement célèbre CAPITALISME ! Fucking Business donc ! On suit Bleu, tueur corporate, dont le métier est de tuer physiquement, psychologiquement ou socialement des personnes devenant gênantes car trop brillantes. Un triste réalisme nous arrive en pleine tronche. A travers Bleu, on suit également sa Shadow, petite tueuse en herbe qui apprend le métier. Un métier qui paye, un métier dont Bleu et Shadow semblent ravi… jusqu’à ce contrat. Un contrat qui fait tout basculer !
J’ai aimé l’univers mis en place par l’auteur, son air de ne pas y toucher alors que ce roman est profondément politique. Un cri contre le capitalisme et ses fonctionnements qui gangrènent les esprits et les valeurs humaines laissant apparaître une société orgueilleuse, envieuse et cruelle. Les personnages sont rock’n’roll, surtout la petite killeuse pas si petite que cela ! On se plait ainsi à les suivre et à en apprendre plus sur eux, un véritable plaisir qui s’accompagne de l’envie de connaître le dénouement de cette sale affaire dans laquelle est Bleu. En clair, j’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman !
Néanmoins, j’ajoute qu’à certains moments j’ai trouvé un essoufflement dans l’intrigue mais je laisse cela tout de même un peu en suspens au vue de mon besoin de souffler qui a surement joué dans cette sensation. Je ne développerais donc pas ce point plus que cela 🙂
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« Recherche Jeune Femme aimant Danser » de Mary Higgins Clark

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Résumé:

Pour aider une de leurs amies, productrice de télévision, à réaliser un reportage sur les journaux de rencontres, Darcy Scott et Erin Kelley répondent à des petites annonces. L’occasion, peut-être, de trouver le prince charmant, avait ajouté en riant Nona. Charley, lui, a une passion pour les petites annonces. Il les rédige toutes de la même manière : « Recherche jeune femme aimant danser. » Déjà sept filles sont enterrées dans sa propriété, chacune avec une magnifique chaussure de bal au pied droit. Charley aime tellement danser…

Aparté pour vous, mes croq’mots : encore un retour après 1 mois de silence… J’en suis confuse et désolée mais le temps des examens est toujours bien trop intense en lui-même, d’autant plus que je le mène en parallèle du travail ! Alors bien que je n’étais pas présente et que cela m’arrivera encore (n’étant qu’en 2ème année de licence), ne doutez surtout pas que je pense à vous et aux nombreux articles que je loupe sur vos blogs !! Néanmoins, voilà une année finie qui devrait se solder par une admission 🙂 Alors je suis heureuse de vous retrouver et d’être absolument libre pour les 3 prochains mois ! Bien à vous ♥

Mon avis : ♥♥♥♥

Voilà une lecture qui me tenait à cœur car offerte par ma Binomette Nath de « Mes Lectures du Dimanche » et de surcroît, un roman qui a marqué un tournant pour elle dans sa vie de lectrice 🙂 Le tout faisant naître en moi une grande joie de le découvrir !
J’ai passé un délicieux moment avec ce thriller qui tisse sa toile autour de vous, resserrant toujours un peu plus les mailles jusqu’au bouquet final. Du MHC dans sa splendeur : simple et efficace 🙂 On suit l’histoire de Darcy et Erin qui, pour aider une amie journaliste, ont accepté de répondre à des petites annonces (journalistiques hein ^^ comprenons-nous bien : pas d’Internet encore dans ce roman !). Tout se déroule normalement jusqu’à la disparition d’Erin… Darcy se lance alors, en parallèle de la police, à la recherche du tueur quitte à se transformer elle-même en appât !
J’ai particulièrement aimé la vraisemblance du danger des petites annonces puis le jeu mis en place par l’auteur autour des nombreux prétendants qui semblent tous aussi suspects les uns que les autres. Un jeu de piste qui nous enlace et nous fait chaque fois activer une cellule grise d’alerte pour l’héroïne. Néanmoins, je me suis de temps à autre un peu perdue dans les noms, il faut l’avouer ! En soulignant, tout de même, que cela n’a rien enlevé à mon plaisir 🙂 Car même s’il sont nombreux, je les ai tous aimé ! De plus, l’auteure a un sens aiguisé pour créer une tension palpitante et cela même si je me doutais de l’identité du tueur ! En résumé, ce fut un vrai régal !!
Un thriller que je suis heureuse d’avoir lu et qui laisse ses traces ! J’ai d’ailleurs ajouté « La Nuit du renard » à ma PAL quelques jours après 🙂 Merci Nath pour cette découverte et ce chouette moment !

« Toutes blessent la dernière tue » de Karine Giebel

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Résumé :

Maman disait de moi que j’étais un ange. Un ange tombé du ciel. Ce que maman a oublié de dire, c’est que les anges qui tombent ne se relèvent jamais. Je connais l’enfer dans ses moindres recoins. Je pourrais le dessiner les yeux fermés. Je pourrais en parler pendant des heures. Si seulement j’avais quelqu’un à qui parler…
Tama est une esclave. Elle n’a quasiment connu que la servitude. Prisonnière de bourreaux qui ignorent la pitié, elle sait pourtant rêver, aimer, espérer. Une rencontre va peut-être changer son destin…
Frapper, toujours plus fort. Les détruire, les uns après les autres. Les tuer tous, jusqu’au dernier.
Gabriel est un homme qui vit à l’écart du monde, avec pour seule compagnie ses démons et ses profondes meurtrissures. Un homme dangereux. Un matin, il découvre une inconnue qui a trouvé refuge chez lui. Une jeune femme blessée et amnésique. Qui est-elle ? D’où vient-elle ?
Rappelle-toi qui tu es. Rappelle-toi, vite ! Parce que bientôt, tu seras morte.

Mon avis : ♥♥♥♥♥

En premier lieu, je tiens à remercier Agnès Chalnot et les éditions Belfond pour l’envoi de ce roman. Je remercie également l’auteur pour l’envoi ainsi que sa gentille dédicace qui m’a fait chaud cœur !
Impressionnante que cette auteure ! Ce fût pour moi un baptême et grâce à ce SP, j’ai rencontré une auteure dont l’histoire et les personnages de ce dernier opus me resteront gravés en mémoire mais également une auteure qui ne tardera pas à remplir mes étagères 🙂 Je suis encore toute chamboulée de cet horrible et délectable roman….
Tama, comme on l’appelle, ou de son vrai nom ***** – pour le savoir, il faut le lire et attendre la page 732… Mouhahaha – a été vendu par son père lorsqu’elle n’était encore qu’une enfant. Lui certainement persuadé que cette dame a l’air si doux et gentil, la tristement inhumaine Mejda, permettrait à sa fille d’obtenir le meilleur en France, à savoir aller à l’école, avoir des diplômes, un eldorado français en somme. Mais tout ceci est sans compter sur la noirceur humaine. Tama est alors donnée en esclavage – en pâture –  à une famille bourgeoise qui n’aura de cesse de la maltraiter, des injustices toutes plus horribles les unes que les autres… La Maison du Diable ! L’enfer sur terre ! L’enfer en vivant !  Je m’arrête ici pour le synopsis de peur de vous en révéler de trop mais je pense que vous avez saisi le topo, on suit la vie de cette jeune fille/enfant – si toutefois on peut nommer cela ainsi – et ses rencontres, ainsi qu’en parallèle celle d’un homme, Gabriel, dont vous ne saurez ici que le prénom, à contrario de la douce Tama…
Autant vous annoncer la couleur immédiatement, j’ai avalé – Oui ! C’est bien le mot – ces 736 pages en 2 jours et demi et chaque fois que je posais le livre il m’appelait pour en savoir la suite. Karine Giebel est une magicienne des mots, des tournures et des figures de styles. Des ellipses qui nous induisent en erreur, des allégories humaines de la rédemption, de la luxure, de l’horreur, une double narration passant gaiement de l’interne à l’externe ou encore la transposition de fable, l’art de la rhétorique du récit doublé de l’art du roman noir contemporain. Un mélange explosif.
Si l’histoire m’a saisi et complètement hypnotisé, je suis également tombée tendrement amoureuse de Tama. Une envie viscérale m’a remué les tripes durant la totalité des pages : la sauver, la prendre dans mes bras, la cajoler, lui montrer que la vie peut être autre chose que cela ! Je dirais même que j’ai refermé le roman avec la tristesse de l’avoir fini, de ne plus l’entendre me parler, un sentiment qu’on aimerait ressentir pour chaque livre mit entre nos mains. Une chose est sûre, je ne pourrait jamais oublier Tama !
Mais toutefois malgré cette déferlante d’éloges, il y a un petit bémol, tout petit : la violence des scènes. J’avais été mis en garde avant de le commencer, mais il est vrai que je ne m’attendais pas à autant d’horreur. On ressent la peur et la malsanité vicieuse des scènes où Tama sent prend plein la figure… Des scènes qui pour certaines m’ont soulevés l’estomac et d’autres m’ont fait sauter deux lignes ! Je ne pouvais pas, c’était au dessus de mes forces de lire tant de douleur et de déchaînements de violence. Néanmoins, je sais que cela existe malheureusement alors je ne peux que « féliciter » l’auteure de mettre en lumière un sujet sombre si peu abordé avec tant « d’objectivité ». Une objectivité crue qui lacère le cœur et anime un monticule d’émotions : la haine, la compassion, la rage, la pitié, l’horreur, l’incrédulité, l’indignation…
Qu’ajouter à cela ! Si vous êtes prêt à tant d’émotions et que vous avez le cœur accroché… N’hésitez surtout pas ! Mais avant, n’oubliez pas que vous ne ressortirez pas indemne de ces lignes et que tout comme moi, il y a de fortes chances pour que Tama reste dans votre tête pour longtemps, voire même ad vitam aeternam !

 

« Power » de Michaël Mention

 

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Résumé :

« Ici, comme dans les autres ghettos, pas d’artifice à la Marilyn, ni de mythe à la Kennedy. Ici, c’est la réalité. Celle qui macère, mendie et crève. » 1965. Enlisés au Vietnam, les États-Unis traversent une crise sans précédent : manifestations, émeutes, explosion des violences policières. Vingt millions d’Afro-Américains sont chaque jour livrés à eux-mêmes, discriminés, harcelés. Après l’assassinat de Malcolm X, la communauté noire se déchire entre la haine et la non-violence prônée par Martin Luther King, quand surgit le Black Panther Party : l’organisation défie l’Amérique raciste, armant ses milliers de militants et subvenant aux besoins des ghettos. Une véritable révolution se profile. Le gouvernement déclare alors la guerre aux Black Panthers, une guerre impitoyable qui va bouleverser les vies de Charlene, jeune militante, Neil, officier de police, et Tyrone, infiltré par le FBI. Personne ne sera épargné, à l’image du pays, happé par le chaos des sixties. Un roman puissant et viscéral, plus que jamais d’actualité.

Mon avis : ♥♥♥♥♥

Merci à Agnès Chalnot & à Stéphane Marsan Editions pour l’envoi de ce service-presse !
1ère image : les cofondateurs du BPP, Bobby Seale et Huey Newton, dans la tenue officielle du Parti.

2ème image : les membres du BPP lors d'une des nombreuses manifestations pour la libération de leurs leaders.

3ème image : un des repas hebdomadaires qui étaient organisés dans les locaux du BPP pour nourrir les enfants pauvres du quartier.
Quelle puissance ! Voici un livre qui ne laissera personne indifférent, que ce soit d’un point de vue historique en relatant toute l’oeuvre des militants pour la libération du peuple noir au XXe siècle, ou que ce soit par la plume de l’auteur qui d’un ton incisif joue avec tous nos sens dans ses lignes ! Cet ouvrage renferme l’histoire d’une quête difficile bien qu’humaine et évidente, emplie d’espoir et de violence. Une quête qui mit des années à se concrétiser et pour laquelle certains pays se battent encore. Ce livre relate l’espoir et la détermination de certains héros de l’Histoire qui ont su défier avec intelligence, malgré la violence souvent obligatoire, la bien trop conservatrice – voire inhumaine – « White America ». Un groupe d’hommes et de femmes qui ont subi pour la liberté des horreurs et qui n’ont jamais perdu de vue leur quête d’égalité. Ce livre renferme l’histoire de d’une Amérique pas si blanche que cela. Une Amérique qui après tant d’années a compris certaines erreurs – bien que pas toutes – mais une Amérique qui a su avoir un Président noir, une Amérique qui je pense aujourd’hui ferait moins honte à cette génération qui s’est battu pour. Une Amérique « Black & White », une Amérique de mixité, une Amérique de tous les possibles… Car normalement c’est ça l’Amérique ! Malcom X. Martin Luther King. BPP. Black Panthers Party for the Self Defense. Tous ceux qui se sont battus dans l’ombre. Bravo. Merci. Bien à vous. RIP.
Les flics se retournent, alertés par le bruit de leurs pas. Le groupe s’arrête à trois mètres et Sherman lance l’enregistrement. Les voyants armés, les agents dégainent. Leur prisonnier s’inquiète :
– Qu’est-ce qui se passe ?
– Ta gueule !
L’un le maintient de force, l’autre interpelle Bobby :
– Qu’est-ce que vous foutez là ?
– Bonsoir
– Je vous ai posé une question ! Et vos flingues ? Ils sont chargés ?
– Ouais. Si vous tirez, on tire.
Les policiers se crispent. De leurs lèvres s’échappe une vapeur saccadée. Celui à la torche revient à la charge :
– Pourquoi vous êtes armés ?
– Parce qu’on le droit, en vertu du deuxième amendement de la Constitution. Et nos armes ne sont pas dissimulées, conformément à la loi de Californie.
– Mais…vous…vous êtes qui ?
– On est le Black Panthers.
Vous l’aurez donc compris, l’auteur nous plonge en pleine rage des années 60 en débutant son roman avec l’assassinat de Malcom X, puis avec la création du Black Panthers Party par Bobby Seale et Huey Newton. Un voyage qui coupe le souffle grâce à la plume de l’auteur qui place ces coups avec style et originalité, passant d’un narrateur omniprésent au « je » des trois personnages principaux dans la deuxième partie. Un entonnoir narratif permettant à l’auteur de resserrer autour de nous l’indignation générale et mettant en exergue les sentiments grâce à cette entrée dans leurs pensées intimes qui sculpte la dureté des événements par leurs ressentis si différents :
  • Ceux de Charlène, jeune femme dont le caractère a été endurci voir fanatisé par la violence subie. Une fervente recrue qui ira jusqu’au bout, prête à mourir pour le Parti (ne voyez ici aucun spoil – je parle d’un trait de caractère).
  • Ceux de Neil, flic blanc qui subira aussi la violence de l’époque et façonnera son caractère autour de cette horreur des rues.
  • Ceux de Tyrone, indic’ recruté par le FBI pour infiltrer le BPP. Un personnage double qui subit lui aussi l’époque, et peut-être même encore plus de par son ambiguïté.
L’auteur met également un point d’honneur à nous entraîner dans l’atmosphère de cette époque en omettant aucun détail… Non seulement, son écriture tranchante, brutale et sèche renvoie directement à l’ambiance mais il ponctue également sa « fiction historique » de bout de réel discours, ainsi que de nombreux morceaux de musique révolutionnaires de l’époque tels « I’m Black and I’m Proud » de James Brown, ou encore « How Many More Time » de Led Zeppelin. Un brillant mélange englobant qui ébranle et nous fait vivre les événements. En clair, on s’y croirait… Alors ne le manquez surtout pas !

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Et pour la mémoire, voici le célèbre discours de Martin Luther King… « I have a dream » :

… Ainsi qu’un documentaire « All Power to the People »…

Et enfin, le lien vers un site dédié au BPP qui notamment donne accès à certains journaux du Parti :
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Un peu de moi #1

Hello mes croq’ mots !

Je sais que je suis bien moins présente ces temps-ci mais, comme certains le savent, les partiels approchent alors… Stress et révision sont au rendez-vous associés bien sûr au brouillard qui entoure la tenue ou non des examens avec les manifestations étudiantes, que du reste j’approuve totalement ! Néanmoins, je viens vers vous aujourd’hui pour vous proposer un article un peu spécial : je voudrais partager avec vous un très court texte écrit dans le cadre d’un exercice de rhétorique pour mon cours. Evidemment, je ne sais pas être objective avec moi-même – bien trop perfectionniste – et donc, je me dis que si j’ai le courage de vous le « soumettre » vous saurez me dire ce qui cloche ou non, ainsi que m’apporter des commentaires constructifs  ! N’hésitez pas au contraire, toutes vos remarques me seront utiles 🙂 Allez, je me lance…
Vivian avait décidé de se balader dans les rues en ce dimanche grisâtre. Après avoir tourné en rond chez elle sans trouver une occupation emballante, elle prit son manteau et son appareil photo afin de faire la touriste dans le dédale des rues parisiennes. « La touriste », un surnom que son défunt mari aimait lui attribuer. Elle qui ne manquait jamais une occasion d’immortaliser les gens, les événements, les sourires et les tristesses de chaque instant. Elle qui aimait fixer le portrait des rues de Paris depuis tant d’années. Quel doux souvenir que le chuchotement tendre de ce surnom dans son esprit. Empreinte de cette douce mélancolie, Vivian marchait, photographiait et souriait. Clac. Le cliché de cet arbre fier trônant sur la rue tel un immortel parmi la foule.  Clic. Le passage des voitures avançant les unes derrière les autres comme une armée de fourmis.
Puis, laissant les voitures dans son dos, elle baissa son regard sur l’appareil, et laissa son esprit s’envoler. Tant de souvenirs partagés avec lui, tant d’instants inscrits grâce à lui. Arrêtée sur ce trottoir, Vivian repensa à cet après-midi lointaine où elle avait à peine 18 ans. Un après-midi à l’apparence banal. Un après-midi qui prendrait un sens magistral. Un après-midi gravé sur papier glacé qu’elle n’oublierait jamais. Ce jour où assise auprès de sa tante sur le banc du jardin, elle boudait celle qui quelques heures après l’avoir obligé à s’apprêter et à la suivre lui présenterait Serge. Sergio, la dolce vita, son amour, sa jeunesse, sa vie.

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Vivian Maier « Autoportrait » (1954)
Pour plus de précision, l’exercice demandé était d’inventer une histoire en faisant une description de cette image et pour cela on avait 200 mots à écrire…. Comme vous le voyez, j’ai un peu dépassé le quota ! J’attends vos remarques avec impatience en espérant ne pas vous avoir trop ennuyé !

« Lorenzaccio » d’Alfred de Musset

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Résumé :

Lorenzino, Lorenzetta, Renzo, Renzino: Musset module à l’infini les surnoms et les masques pour désigner Lorenzo de Médicis, androgyne à l’aspect maladif qui nourrit en secret un projet terrible. Lorenzaccio, cousin et favori du duc Alexandre, est un modèle de débauche qui a pourtant ses entrées chez ceux qui la déplorent. Il sait que son acte, désespéré mais nécessaire sur le plan privé, sera récupéré par le flux, transformé en geste public dérisoire sur le plan universel. De tirades cyniques en monologues poignants, Musset trace les contours d’une silhouette fantasmagorique qui se détache d’une Florence en pleine déchéance.

Mon avis :♥♥♥♥

Voici une des lectures obligatoires de mon semestre de Littérature ! Vous l’aurez surement deviné : je suis en plein XIXème siècle… et quand certains s’écriront « Wahou ! Super ce siècle littéraire ! »… De mon côté, je boude et doit faire preuve d’une grande détermination pour ces lectures !!! Et oui – incroyable mais vrai – pour réussir à lire cette pièce, j’ai dû m’obliger à m’enfermer dans ma chambre et me forcer à lire… Grrrr ! Musset pardon, mais c’est pour moi ennuyeux et criard à souhait 😦
Voilà donc comment je débute cette chronique : avec un goût amer ! Evidemment, ce ressenti n’engage que moi mais analysons un peu ces dires… Si j’ai tout de même mis un cœur coloré à cette lecture c’est pour plusieurs petites choses à sauver dans ce « Lorenzaccio ». Ces choses dont je parle sont plutôt politique et contextuelle… En effet à cette période, la littérature dramaturgique (pas que, mais restons dans le thème) est en pleine mutation et de nombreux écrivains veulent sortir du dictat du classicisme. Place donc à l’air romantique, à ses cheveux longs et à ses pièces de théâtre qui brisent les unités !
Le cœur a donc ces raisons – « que la raison n’a pas » ah non pardon ! Non mais soyons sérieux, que mon cœur ne s’enflamme pas au fil des vers de Musset est une chose mais je ne peux pas renier le bousculement des mœurs et l’énergie mise par l’auteur pour le faire ! En effet, Lorenzaccio est le summum de cette révolution avec ses scènes à décor multiple, ses moultes personnages, son étalement sur plusieurs jours ainsi que son anticléricalisme, sa prise de distance avec la bienséance et son optique du « spectacle dans un fauteuil ». De plus, la liaison au contexte est prédominante : si Musset choisi Florence et le duc Alexandre de Médicis pour sa pièce afin de passer la censure, on y voit tout le même le rattachement au contexte de son temps fait de crises révolutionnaires et d’attentats politiques. Il s’agit donc d’analyser et dénoncer les mouvements républicains mais surtout de démontrer le manque d’action faisant suite à la parole ou encore l’action inutile comme reflet de sa société – où la dernière révolution s’est achevé par un retour monarchique. Musset dévoile ainsi à travers cette pièce l’amertume et la désillusion de son siècle. Comment donc condamné un coup de pied si sauvage dans la fourmilière ?!
Néanmoins, si je ne renie pas tout cela ainsi que l’efficacité de l’auteur, et que je comprends l’obligation d’étudier cette œuvre comme pivot, je ne peux me résoudre à son écriture et à ses trop nombreuses vulgarités même si je sais que c’est voulu… Je suis donc bien contente de l’avoir fini et j’espère maintenant réussir à être objective et neutre lors de mon prochain partiel 🙂

« Les Retournants » de Michel Moatti

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Résumé :

Août 1918. Vasseur et Jansen ont décidé de fuir. Quitter le front de la Somme et ne pas mourir dans les derniers assauts de cette guerre qui n’en finit plus. Alors qu’ils s’éloignent des tranchées sous de fausses identités, les deux lieutenants scellent leurs destins. Ils se connaissent mal, mais Jansen comprend très vite que son complice est un psychopathe prenant un plaisir insupportable aux crimes qu’ils doivent commettre. Ils trouvent refuge au domaine d’Ansennes, une étrange propriété à l’abri de la guerre et du monde. Là vivent un vieil industriel ruiné, sa fille Mathilde, poitrinaire et somnambule, et la très secrète Nelly Voyelle, leur domestique. Mais déjà, François Delestre, dit “le Chien de sang”, un capitaine de gendarmerie traqueur de déserteurs, est sur la piste des deux hommes. Comme les limiers de chasse au flair infaillible, il a la réputation de ne jamais lâcher sa proie…

Mon avis : ♥♥♥♥

Dans un premier temps, je tiens à remercier HC Éditions et Agnès Chalnot pour l’envoi de ce roman en service-presse ! Quel délice de recevoir chez soi le dernier opus d’un auteur apprécié 🙂 Alors encore merci à vous !
Venons-en maintenant au roman lui-même ! On suit ici Jansen et Vasseur dans leur fuite, ou plutôt dans leur désertion du front de la Somme. Des deux protagonistes, l’un se démarque comme le leader, Vasseur un tyran diabolique assoiffé de sang tandis que l’autre est plutôt peureux et se laisse naviguer au gré des décisions du premier. Néanmoins si un message est à retenir sur eux deux c’est qu’il faut se méfier de l’eau qui dort 🙂 Après avoir trouvé le moyen de changer d’identité, ils arrivent à se faire inviter dans une maison, mais la famille qui s’y tient n’est pas au bout de ses peines !
J’ai beaucoup apprécié cette histoire, et notamment ce que j’ai aimé c’est le contexte qu’a choisi l’auteur et sa manière de le traiter. Si le thème de la première guerre mondiale et des entourloupes m’a immédiatement fait penser à « Au revoir là-haut », j’ai également de suite trouvé la patte de l’auteur qui a su se dégager de l’ombre qu’aurait pu lui faire ce Prix Goncourt. De plus, comme c’était le cas dans « Retour à Whitechapel » que j’ai adoré, on sent qu’il a pris grand soin des détails et s’est donc amplement documenté sur la période pour en parler le plus justement possible. Une rigueur et un sens du détail qui chaque fois me ravie dans ses romans !
J’ai également aimé la profondeur des deux personnages principaux, il me semblait presque palpables ainsi que l’atmosphère horrifique et oppressante que l’auteur met en place. Chacun des deux déserteurs ayant une manière différente de continuer à vivre avec les horreurs vues et vécues… Chacun d’eux étant capable du pire après avoir subit le pire. Encore une belle analyse des conséquences psychologiques de cette Grande Guerre. En revanche, la famille qui les accueille et le vieux flic m’ont un peu laissé sur ma faim. Même si je les ai tous apprécié, j’aurai aimé plus de profondeur et de détails sur eux, d’autant plus en ce qui concerne le policier opiniâtre qui pour moi n’a pas pris autant de place qu’il le devait. Malgré cela, cette bande me restera longtemps gravée…
Enfin, pour finir avec le bémol qui m’a le plus perturbé (bon ok pas très rhétorique comme approche sur un livre apprécié – mea culpa…) : le manque de thriller. Bien que je l’ai trouvé dans l’atmosphère, je m’attendais à un thriller plus thriller que cela dans l’intrigue ^^ dit comme cela ça ne veut pas dire grand chose. Mais… J’ai du mal à le formuler autrement. Disons que même si l’ambiance et l’idée du thriller sont présentes, je ne trouve pas qu’il s’agit pleinement d’un thriller, il manque d’action et de suspense pour cela. Vraiment presque rien mais un brin quand même qui du coup a fait un peu chuter ma note ! Il n’en reste pas moins que c’est un excellent ouvrage et que j’en recommande la lecture à tous ceux qui connaissent l’auteur, tout comme à ceux qui ne le connaissent pas encore 🙂