Défi LC Classique – Choix de lecture

Coucou mes croq’mots !!

Comme vous avez été plusieurs à vouloir nous rejoindre sur le blog de Nath [Mes Lectures du Dimanche] pour notre défi LC Classique, on s’est dit avec Nath qu’il serait bien que chacun est son mot à dire sur cette future lecture 🙂 Je vous mets donc un lien vers un sondage contenant dix titres différents en cliquant ici ! Pour un souci de tous nous mettre d’accord et d’être sûrs de faire ressortir un titre du lot, choisissez au moins trois titres. Alors à vos claviers les amis et à très vite !!

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C’est Lundi, Que Lisez-vous ? #54

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Il est l’heure du RDV du Lundi initié par Mallou et repris par Galleane. Mais avant d’aller plus loin, voici un petit rappel du principe :
Il vous suffit chaque lundi de répondre à ces trois questions :
  • Qu’ai-je lu la semaine passée?
  • Que vais-je lire ensuite?
  • Que suis-je en train de lire en ce moment?
Ensuite, RDV sur le blog de Galleane pour y laisser le lien vers votre article :)
Ces dernières semaines, j’ai fini deux services presse ainsi qu’une LC avec ma copinaute Nath de Mes Lectures du dimanche :
« Le vol du gerfaut » de Jean Contrucci, « La fissure » de Jean-Paul Didierlaurent et « Le songe d’une nuit d’été » de William Shakespeare
  • « Le vol du gerfaut » est une très sympathique histoire d’arroseur arrosé tournant autour d’un manuscrit volé. Une plongée dans le monde de l’édition et dans de nombreuses références littéraires. Ma chronique ici pour les plus curieux !
  • « La fissure » est une réécriture de vie, loufoque et délicieuse. L’auteur fait parler les nains de jardin avec cynisme et sarcasme ainsi que voyager son héros à l’autre bout du monde. Un voyage délirant qui vaut le détour 😉 Ma chronique ici si l’envie vous en dit !
  • « Le songe d’une nuit d’été » est une magnifique pièce de notre dramaturge anglais préféré. Un rêve divin qui nous fait sourire et heurte en finesse le puritanisme anglais de l’époque. Les chroniques pour ce défi Classique de Nath & moi à voir ici 🙂
Je suis en ce moment en plein Moyen-Age espagnol grâce à la réception d’un service presse de Babelio via Masse Critique :
« Les bûchers d’Isabelle la Catholique » de Didier Nebot

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Un plongée dans les guerres de religion et notamment sur l’antisémitisme au Moyen-Age en Espagne. Je découvre la plume de l’auteur avec joie dans ce roman historique qui pour l’instant rempli tout ses contrats !
Ensuite, je me plongerai dans un univers historico-fantastique grâce à un service presse que je me languie de commencer …
« Un Monde Après l’Autre – Les chroniques de St Mary – Livre 1 » de Jodi Taylor

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Je remercie par avance, une énième fois, Agnès Chalnot et HC Editions pour l’envoi de ce livre à la couverture comme toujours magnifique 🙂
Et vous, que lisez-vous ?

Défi Lecture Commune Classique #3 – « Le songe d’une nuit d’été » de William Shakespeare

Le Défi Lecture Commune Classique, petit rappel !

C’est une idée qui est venue initialement aux esprits torturés de Nina (Le Rest’o Littéraire) et Nath (Lectures du Dimanche) qui avaient tout à la fois envie de partager des lectures tout en souhaitant revoir leurs classiques ! C’est vrai que souvent, même si nous avons envie de (re)lire de bonnes vieilles lignes qui font l’histoire de cette passion de la lecture qui est la nôtre, nombre d’excuses viennent à notre secours pour remettre cela à plus tard. Alors si plusieurs lecteurs s’associent, ça devient un défi ! On se dit qu’on lit pour nous mais aussi pour échanger, partager… Nous avons donc décidé d’en faire un rendez-vous trimestriel ! Sachant que nous serions ravies d’accueillir d’autres bloggeurs, si le cœur vous en dit ! Précisons toutefois que nous n’avons pas la prétention de faire de l’analyse d’une œuvre classique, tout juste avons-nous l’envie d’en débattre avec nos avis de profanes…

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L’avis de Nina

Et bien ! Encore une lecture magnifique à ajouter à nos LC, Nath ! Merci pour ce choix avec lequel je me suis régalée et qui sans toi aurait croupi bien trop longtemps dans ma PAL 🙂 (Note de Nath : A vot’ service, ma bonne Dame !) Mais franchement, que le baroque est bon, à force de vanter le classicisme, on perdrait presque de vue la superbe plongée dans l’illusion que nous offre le baroque ! Et ici, nous sommes servis…
Dans cette pièce l’émerveillement et le rire sont de mise ainsi que les multiples intrigues se rejoignant gaiement à la fin. On suit Hermia aimant et aimée de Lysandre mais promise par son père à Démétrius ; Héléna, meilleure amie d’Hermia, amoureuse de Démétrius qui lui n’a d’yeux que pour Hermia sa future femme non consentante. Dans ce carré amoureux loin d’être parfait, les fées viennent semer la zizanie, puis l’harmonie à grand coup de philtre d’amour. On suit également Obéron, roi des fées, se bataillant la garde d’un page avec la reine des fées, Titania, qui sera elle aussi la victime d’un philtre d’amour. Enfin, on suit une troupe de « comédiens » médiocres qui répète une pièce à jouer le jour du mariage de Thésée et Hippolyte. Tout ce joli petit monde va finir par s’entremêler de manière exquise créer ainsi le décor du fameux songe et nous embarquant avec lui dans cette rêverie douce emplie d’amour et d’humour.
Plusieurs mondes se mélangent donc, pour notre plus grand bonheur, la mythologie où l’on retrouve nos chers Thésée et Hippolyte ; le monde féerique peuplé de fées, de lutins et de sylphes – monde fort important à l’époque au vue des nombreuses croyances qui l’entourent, je vous épargne les degrés de pureté catho de l’âme entre les anges et Dieu où sont placés ces êtres magiques – mais qui permet surtout à l’auteur de dire et de faire des scènes osées pour l’époque ; et enfin, notre monde à nous, modestes humains. Une croisée des chemins qui nous livre un joyeux désordre et renverse le monde et ses principes : on voit ainsi une fille, Hermia, s’opposer à son père sur le choix de son futur mari et obtenir grâce malgré la loi Athénienne ou encore des amants s’échanger sous le charme d’un philtre d’amour. Echangisme et opposition de la femme… Bravo Shakespeare ! Ainsi malgré son apparence loufoque, l’auteur bouscule les mœurs dans une Angleterre puritaine, laissant le soin à Puck en dernière page de placer cette pièce sous la protection du songe en vue de n’offusquer personne. Un régal de finesse et une rigolade magique qu’il  enferme dans ses pages !
De plus, en revenant faire une halte du côté de la pièce présentée à la fin par nos fameux « acteurs ratés », on verrait presque une caricature de la bienséance du classicisme. Ce qui est assez drôle de par l’anachronisme de l’idée vu que ce courant n’arrivera véritablement qu’au 17ème siècle ! Pour ma part, j’y ai tout de même trouvé cette idée que je dirais prophétique du coup, après ce n’est que mon ressenti. Quoi qu’il en soit, cette pièce est à lire et même à relire laissant gambader son notre âme d’enfant entre ses lignes 🙂

L’avis de Nath

Au risque de vous paraître passablement prévisible, voilà encore une lecture qui m’a totalement charmée ! Je voudrais commencer par remercier Nina, qui m’a laissé le choix du titre (Note de Nina : Oh non merci à toi !!). A moi de vous expliquer pourquoi ce choix ! Je suis définitivement conquise par « Le Cercle des Poètes Disparus », tant en version livre qu’en version film (Note de Nina : j’ai commandé le livre hihi !). Pour ceux qui connaissent l’histoire, vous aurez vite fait le rapprochement, puisque dans l’histoire, le jeune étudiant Neil Perry, étouffé par son père, décide contre l’avis de ce dernier de participer à une pièce de théâtre. Il y joue magistralement le rôle de l’espiègle Puck, un « esprit malicieux et coquin », créature magique de la forêt. Au travers de nos lectures classiques, j’ai donc sauté sur l’occasion pour découvrir enfin cette œuvre que je ne connaissais qu’au travers de la prestation de Neil Perry !
Étonnamment, nous y retrouvons quelques personnages de Phèdre, notre dernière lecture classique !  En effet, à quelques jours du mariage de Thésée et Hippolyte (mouais, on sait ce qu’il va en advenir ! 😊 ), Egée vient « se plaindre » à Thésée du fait que sa fille Hermia, amoureuse et aimée en retour de Lysandre, refuse d’épouser celui que son père lui a choisi : Démétrius. Bon, en 2018, cela parait impensable mais, à l’époque, Hermia, n’ayant pu convaincre son père de renoncer à ses projets, n’avait que trois options : épouser Démétrius comme l’exigeait son père… Ou alors entrer au couvent ! Ou, dernier recours, mourir… Un peu psychorigide, cette éducation ! Bref, toutes les options leur semblant plus déprimantes les unes que les autres, Lysandre et Hermia décident de s’enfuir en secret pour aller se marier loin d’Athènes et se donnent rendez-vous dans la forêt ! Bon, super secret ! Mais tout l’intérêt du secret tient dans le fait qu’il reste… secret ! Pourtant, à peine imaginé, les deux amants confient ce « secret » à Hélène, à la fois meilleure amie d’Hermia mais également éperdument amoureuse de Démétrius qui, lui, aime Hermia ! Autant vous dire que le petit secret des deux fugueurs fut bien vite rapporté à Démétrius !
Parallèlement à tout cela, un groupe d’artisans d’Athènes décide de présenter une tragédie lors des noces de Thésée et Hippolyte. Mais ils vont devoir répéter en secret (encore !) à l’abri des regards dans la forêt !
Et, toujours pendant ce temps-là, non loin de là, dans la forêt (ben ça y est, vous commencez à suivre !), la reine des fées Titania et le roi des elfes Obéron se dispute l’éducation d’un jeune page. Prêt à tout pour obtenir d’elle qu’elle lui « cède » son page, Obéron charge Puck, petit esprit magique et malicieux, de jouer un mauvais tour à Titania.
Au final, tout ce beau monde (amoureux, amants, apprentis acteurs, créatures magiques) se retrouve donc dans la forêt où Puck se mélange un peu les pinceaux dans l’utilisation d’une poudre magique, ce qui crée un sérieux sac de nœud ! Il faudra le temps d’une nuit, que certains auront pris pour un songe, pour que tout rentre dans l’ordre, et même en mieux puisque, qui l’eut cru, sur ce coup-là, Shakespeare pourrait passer pour l’inventeur des Happy End à l’américaine !
Pour les puristes, l’auteur a pris des libertés inconsidérées en mélangeant des personnages de mythologie grecque avec des êtres du folklore celte ou des figures légendaires mérovingiennes ! Moi, ça ne m’a non seulement pas dérangée, mais en plus, énormément plu ! Là où, dans Phèdre, les destins des héros sont induits par quelques vengeances Olympiennes, ici les personnages sont justes l’objet de quelques amusements elfiques bon enfant, et les petits farceurs, après s’être amusés, ont même la gentillesse de tout remettre en ordre, en mieux !
C’était léger, divertissant, chapeau bas à la troupe d’acteurs amateurs dont j’ai adoré la conception des effets spéciaux !
Si nous, les ombres que nous sommes,
Vous avons un peu outragés,
Dites-vous pour tout arranger
Que vous venez de faire un somme
Il était doux, ce songe, ma Nina ! (Note de Nina : …Tellement… !)

Est-ce que l’histoire peut trouver sa place à notre époque ?

Nina :

Et bien, je n’aime pas être catégorique mais non ! La société a bien changée, du coup, plus de lutins ou de fées qui montrent le bout de leur nez ! Triste époque vous me direz haha !! Sans rire vous comprendrez le pourquoi de cette réponse. Je trouve même qu’il est  malheureusement impossible de lire l’œuvre en se mettant profondément à la place des contemporains de Shakespeare, alors lui trouver une place concrètement… N’en parlons pas !

Nath :

Ha mais bien sûr !!! Des petits lutins bleus qui fichent le bazar, j’en ai vu il n’y a pas si longtemps que ça !! Comment ? Oui, à Poudlard ! Précisément ! Comment ? Poudlard n’existe pas ? Ha c’est donc pour ça que je n’ai pas reçu ma lettre… Bon, dans ce cas, je capitule, cette histoire ne trouve pas sa place à notre époque ! Ceci dit, heureusement, hein… Je ne suis pas sûre, sinon, que mon père ne m’aurait pas fait exécuter à l’annonce de mon mariage… (Note de Nina : Tiens ! On est deux…Haha !)

Les petits « plus », les petits « moins » de cette lecture classique ?

L’avis de Nina :

  • Le plus : L’air de ne pas y toucher, de glisser les choses dans la brume du songe pour parler de sujets tabous et bien sûr, l’humour et la rêverie !
  • Le moins : La brièveté sans hésitation !

L’avis de Nath :

  • Le plus : La légèreté du ton, l’humour et le soin particulier qu’apporte Obéron à ce que tous les amoureux soient comblés ! (Note de Nath : et ça s’achète où, déjà, ce philtre ?)
  • Le moins : Beaucoup trop court ! 🙂

Postscriptum

Nina : 

Le prochain ! Le prochain !! J’adore nos LC Nath ! Vivement le prochain ! Et longue vie à cette échange 🙂

Nath :

Et voilà, Nina, encore une belle lecture commune qui s’achève ! Sache que j’y prend goût, à notre petit rendez-vous ! (Note de Nina : Moi aussi !!)

« La fissure » de Jean-Paul Didierlaurent

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Résumé :

Xavier Barthoux mène une vie tranquille et bien réglée entre son épouse, son chien et sa résidence secondaire dans les Cévennes qu’il vient de terminer de payer. La découverte d’une fissure sur la façade de cette maison bouleverse l’équilibre familial.

Mon avis : ♥♥♥♥♥

Dans un premier temps, je remercie une fois de plus Agnès Chalnot pour ce service presse ainsi que la maison d’édition « Au Diable Vauvert ». Je tiens d’ailleurs à dire que j’ai beaucoup aimé la mise en page (notamment les numéros de page sur le côté) et la couverture en relief de ce roman ! Un livre qui de prime abord donne donc déjà envie 🙂
Venons-en maintenant à l’histoire. On suit Xavier Barthoux commercial investi menant une vie tranquille et proprette avec sa femme entre son appartement principal et sa résidence secondaire. Une vie à l’apparence douce et emplie de bonheur simple, pourtant un week-end tout bascule. Au réveil, Xavier s’apprête à boire son café matinal quand son regard s’arrête sur une fissure parcourant le mur de sa maison. Cette micro fissure est le point de départ d’un bouleversement, que dis-je, d’une réécriture totale de sa vie… qui l’entraîne à l’autre bout du monde !
Je me suis régalée avec cette histoire loufoque et entraînante ! Au programme : de l’humour, de la féerie, de l’aventure mais aussi de la remise en question et une profonde réflexion sur le hasard et la synchronicité. Une histoire parfois à dormir debout, mais une histoire tellement bonne que l’on tourne les pages sans vouloir s’arrêter. En clair, un super moment de lecture que je conseille à tous !
Pour approfondir un peu l’analyse, je ne pense pas me tromper en mettant en avant la vision sartrienne de l’homme. Ne serait-ce que par le titre : « La fissure » qui renvoie sensiblement au néant sartrien renfermant notre liberté, entre le « je suis » et le « je pourrai être » traduisant un dédale de possibilité nous permettant de nous réinventer. Puis ensuite avec l’histoire, puisque c’est précisément là où l’auteur entraîne son héros, la réinvention de lui-même. Il me parait donc évident que l’influence du philosophe et de l’existentialisme est présente sous cette jolie plume. De plus, une deuxième idée est venue me titiller au vue du côté loufoque de l’histoire (oui ! oui ! Ici, les nains de jardin parlent !!!) la fissure comme décompensation psychique…  Alors, est-ce de la folie sauce sartrienne ou simplement un ras le bol qui anime notre héros, Mr Didierlaurent ?! Quoi qu’il en soit, je vous félicite et vous remercie pour ce chouette roman !

« Le vol du gerfaut » de Jean Contrucci

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Résumé :

Jean-Gabriel Lesparres, grand auteur français reconnu par tous, est en panne d’inspiration. Bien décidé à ne pas publier un texte qui ne soit pas à la hauteur des précédents, il décide de se faire voler son manuscrit… Jean-Gabriel Lesparres est l’un des plus grands auteurs de son temps. Prix Goncourt, directeur littéraire, membre des plus grands jurys parisiens, il n’a plus rien à prouver à personne… Si ce n’est peut-être à lui-même. Depuis dix ans, il peine à achever son dernier roman, que lui réclame à cor et à cris son éditeur et vieil ami. L’écrivain sait que son texte n’est pas à la hauteur des précédents et refuse de céder à la machine éditoriale. Une idée lui vient alors, qui va modifier le cours de son existence : se faire voler son manuscrit et enterrer définitivement ce projet. Tout se passe à peu près comme prévu, jusqu’au jour où il découvre que son texte va être publié sous le nom d’une jeune auteure inconnue… et par son propre éditeur.

Mon avis : ♥♥♥♥

Avant tout je tiens à remercier Agnès Chalnot et HC Éditions pour ce service presse ! Comme toujours, j’ai apprécié la sobriété de la couverture, les pages et la mise en forme de l’ouvrage. Oh que j’aime cette maison d’édition découverte avec « Retour à Whitechapel » de Michel Moatti  et quel bonheur que ce partenariat 🙂
Dans ce roman, on suit Jean-Gabriel Lesparres, auteur à succès arrivant en fin de carrière et ayant peur d’écrire le livre de trop. Pour contrer cette angoisse, il monte une arnaque simulant le vol de son manuscrit en copie unique. Malheureusement pour lui, la personne engagée par ses soins pour ce vol n’a pas détruit le manuscrit et celui-ci se retrouve sur la table de son éditeur signé par un imposteur. Une enquête s’ouvre alors et Jean Gab met tout en œuvre pour découvrir qui dans son entourage l’a entourloupé…
J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce livre, bien que le début soit un peu long au démarrage ! Une fois lancée, l’intrigue nous transporte naturellement et agréablement dans les méandres de l’enquête qui comme un sac de nœuds se clarifie à chaque fil tiré. Cette superposition d’arnaqueurs m’a fait quelque peu penser à « Sex crimes » (film de 1998 que j’avais adoré à l’époque) sans le « Sex » et le « Crimes » – à prononcer avec l’accent américain haha – mais gardant l’idée des arnaqueurs qui s’arnaquent tous et des rebondissements s’y afférents. De plus, j’ai adoré naviguer au côtés de Jean-Gab dans le monde de l’édition ainsi que les nombreuses références littéraires dont il nous régale ! Un livre sur un livre et sur le monde du livre, quoi de plus délectable pour une amoureuse des livres me direz-vous !
En clair, bien que je ne puisse pas dire que ce livre me marquera dans les années, il n’en reste pas moins que j’ai apprécié sa lecture et que je vous le recommande en vue d’un agréable moment livresque au coin du feu ou au bord de la mer cet été 🙂

C’est Lundi, Que Lisez-vous ? #53

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Il est l’heure du RDV du Lundi initié par Mallou et repris par Galleane. Mais avant d’aller plus loin, voici un petit rappel du principe :
Il vous suffit chaque lundi de répondre à ces trois questions :
  • Qu’ai-je lu la semaine passée?
  • Que vais-je lire ensuite?
  • Que suis-je en train de lire en ce moment?
Ensuite, RDV sur le blog de Galleane pour y laisser le lien vers votre article :)
La semaine passée, j’ai fini le brillantissisme…
« Au revoir là-haut » de Pierre Lemaitre
Un énorme coup de cœur pour ce roman Goncourt ! Mélangeant fiction et réalité, l’auteur nous entraîne dans les turpitudes d’après-guerre et nous offre une nouvelle vision de la première guerre mondiale. Fataliste et cynique à la fois, une véritable pépite ! Si vous désirez en savoir plus, cliquez ici 🙂
En ce moment, je suis dans la lecture d’un Service Presse reçu par HC Éditions dans le courant du mois dernier…
« Le vol du gerfaut » de Jean Contrucci

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Une histoire de vol organisé de manuscrit, un agréable moment de lecture bien que le début fût un peu long à démarrer mais attendons la fin pour en dire plus 🙂
Ensuite, je me lance dans la lecture épistolaire dont je vous ai touché deux mots la semaine dernière dans le cadre du Challenge LC Classique avec Mes Lectures du Dimanche :
« Lettres » de Mme de Sévigné

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Et vous, que lisez-vous ?

 

« Au-revoir là-haut » de Pierre Lemaitre


Résumé : 

1918. Rescapés du chaos de la Grande Guerre, Albert et Edouard, deux amis liés par le sort; comprennent que la France, si elle glorifie ses morts, ne donne pas de place aux survivants. Condamnés à l’exclusion, ils imaginent alors une arnaque d’envergure nationale, d’une audace inouïe et d’un cynisme absolu.

Mon avis : ♥♥♥♥♥

Me voilà réconciliée et même complètement disposée à l’égard de Pierre Lemaitre grâce à cette oeuvre ! J’étais au départ sceptique n’ayant que peu appréciée « Trois jours et une vie » de l’auteur et titillée par la peur de la déception avec tout le foin que ce livre a reçu, mais il faut dire quand même que ce roman a de bons arguments pour se laisser convaincre ! De mon côté, ce n’est pas le Prix Goncourt qui m’a attiré mais pour commencer la période vue sous un autre angle, puis vos chroniques toutes plus belles les unes que les autres et enfin… la réalisation du film par Dupontel ! Au final, je viens avec cette chronique vous parler d’un coup de cœur qui m’a tiré les larmes, une tragédie coup de poing profondément humaine sur une période inhumaine. Un roman qui ne laisse rien au hasard et qui pourrait être le support d’une analyse poussée en littérature…
« Je te donne rendez-vous au ciel où j’espère que Dieu nous réunira. Au revoir là-haut, ma chère épouse… » Derniers mots écrits par Jean Blanchard, le 4 décembre 1914.
On suit deux protagonistes « centraux », Albert et Edouard, rescapés de guerre, du moins dans la forme… Car bien que le livre commence à la fin de la guerre et nous les présentes comme deux soldats qui ont survécus, ils restent deux écorchés de guerre marqués par celle-ci. La guerre est une ombre fantomatique qui poursuit les personnages et malgré l’armistice signé elle ne semble jamais finie, elle plane dans leurs vies marquées au fer dans leurs corps et leurs esprits comme une dépossession de soi. Pour l’un physiquement, Edouard qui a perdu la moitié de son visage en sauvant Albert, et pour Albert psychologiquement, sursautant à chaque bruit. Une vie donc qui se poursuit, mais sur les décombres que la guerre a laissé.
Autour d’eux viennent d’autres personnages tout aussi importants, le père d’Edouard, Mr Péricourt, riche et très haut placé ainsi que le lieutenant Pradelle, une sombre ordure qui réussi en piétinant les autres (je ne peux pas en dire plus…!). Deux personnages qui ont presque autant de place que nos deux héros et qui représentent disons le côté obscur : le mal, l’injustice et la luxure. Si pour le premier, la rédemption se fait sentir, l’autre restera une figure maléfique durant tout le roman. On se plait à le haïr de pages en pages, souhaitant toujours un peu plus sa déchéance. Face eux, deux autres figures apparaissent, comme leurs doubles bénéfiques, la sœur d’Edouard, Madeleine, et une bonne travaillant pour Mr Péricourt, Pauline, incarnation de l’ange dans sa douceur et sa pureté. Si je parais tant insister sur les notions bibliques, ce n’est pas anodin. En effet, j’ai vraiment ressentie à plusieurs passages du livre la référence à Dieu, au Paradis et à l’Enfer, cela dans la personnalité des personnages qui entourent Albert et Edouard ; dans la Maison Péricourt prenant tout l’espace, immense et représentant la Maison paternelle, la Maison du Père ; ou bien directement dans le champs lexical du roman tel que la phrase écrite plus haut par un soldat faisant référence à Dieu et ouvrant l’ouvrage, ou encore dans des passages précis. Mais encore une fois, je ne peux pas trop en dire, j’arrête donc l’analyse ici. Quoiqu’il en soit ou « ainsi soit-il », la moralité dans ce livre est la pierre angulaire et nos deux héros sont au milieu combattant leur propre moralité dans un monde totalement immoral, ce sera d’ailleurs le combat principal d’Albert durant tout le livre.
L’arnaque, quant à elle, n’est que secondaire. Elle sert seulement à alimenter l’histoire, qui cherche plutôt à analyser les mouvements du cœur humain dans l’après-guerre. Une analyse bouleversante de la société, de la désolation laissée par la guerre dans le cœur des hommes mais aussi dans leurs rapports aux autres. Cette guerre qui n’en finit pas malgré l’armistice et qui laisse sa trace. Pierre Lemaitre analyse donc la manière de chacun de tenter de dépasser la guerre (souvent en vain), d’avancer sur ce champs de cadavres Patriotiques. Mais également l’analyse d’un gouvernement tyran qui a envoyé SES « enfants » à la guerre et n’a que peu d’estime sur SES sacrifices, ne sachant que faire de tous SES morts, malgré l’apparat déployé. Un gouvernement qui fait semblant de s’intéresser, de glorifier SES morts par des monuments mais laissant SES rescapés à l’abandon peut-être pour écarter SES témoins gênants. Voilà, un autre aspect intéressant de ce roman : l’être et le paraître en maître-mots surplombant la désolation humaine et sociétale.
On retrouve d’ailleurs cela à travers Edouard qui quotidiennement se crée des masques pour recouvrir son visage meurtri par la guerre. Pour couvrir sa perte d’identité avec la perte de son visage comme les soldats morts sans nom qui eux ne retrouveront jamais leur identité. Des masques comme une possibilité de se réécrire, de se transformer en ce que l’on veut être… Du moins, en apparence ! Et une arnaque montée en tant que revanche sur la guerre dirigée vers l’Etat mais pas seulement car sans trop vous en dire la relation au père est également très importante dans cette histoire… 
Ce roman n’est pas seulement un roman, à la manière des premiers romans d’analyse du XVIIème, Pierre Lemaitre a su nous plonger dans une période assez éloignée pour être glorifier mais aussi assez proche pour être imprégnée en nous comme vraisemblable mêlant ainsi fiction et véracité avec brio. Une magnifique oeuvre contemporaine qui attire notre attention sur la guerre comme autre chose que des poilus dans des tranchées combattant les méchants Boches. Une vision élargie de ce que nous apprend le secondaire à travers nos livres d’histoire et nos monuments aux morts implantés  partout en France. Pour finir, je vous dirais seulement : lisez-le ! Et j’ai vraiment hâte de voir l’adaptation de Dupontel qui j’en suis sûre a su retranscrire magnifiquement grâce à son style le cynisme et la fatalité de cette histoire.

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Post-scriptum : Quel magnifique titre rendant hommage et honneur à ce soldat mort au front et écrivant pour la dernière fois à sa femme. Pour tout vous dire, rien que la découverte de ce titre et du pourquoi à l’entrée du roman m’a bouleversé. Je le trouve empli de poésie et d’amour. Un superbe adieu renfermant l’espoir de se revoir…